? Comment sont-elles entrées en contact avec la Congrégation ? Es-tu allée dans les pays d’origine de ces jeunes ?
Je suis allée rencontrer dans son pays celle qui provient de la Côte d’Ivoire. Sa première approche avec notre Congrégation s’est faite suite à cette rencontre. Elle cherchait une Congrégation missionnaire et elle a contacté un Père Blanc. Puis, elle a cherché sur internet et a découvert notre Congrégation au Burkina. Suite à cela, elle a écrit à la Régionale.
Les contacts entre nous ont alors commencé et ont continué pendant une année. J’ai compris qu’elle était déterminée et bien motivée. Toutefois, j’avais besoin d’une référence, d’une personne qui la suivait. Elle m’a donné le nom d’un père blanc. J’ai également demandé au Conseil si je pouvais me déplacer pour rencontrer cette jeune fille. Le Conseil m’a encouragé puisqu’il était informé de cette jeune fille qui était en recherche vocationnelle. Je suis donc allée toute une semaine en Côte d’Ivoire. Suite à cette rencontre, j’ai présenté son dossier au conseil car elle était bien motivée et désirait venir nous voir de près après son université.
Pour celle venant du Cameroun, elle a connu notre Congrégation au Tchad où elle faisait ses études. Elle aussi cherchait une Congrégation missionnaire. Lors d’une rencontre au niveau paroissial, on lui donné un livre où on parlait de notre Congrégation. Elle a donc essayé de nous contacter par téléphone. Lorsque les sœurs lui ont répondu, des contacts ont suivi. Jusqu’au moment où elle a demandé de venir nous rencontrer.
? Est-ce que cela pourrait-être un problème de ne pas bien connaitre la culture et de pouvoir rencontrer difficilement les familles, puisque nous n’avons pas de communautés dans ces pays ?
Pour le moment, je ne vois pas cela comme un problème mais comme un défi. Comme un défi à nous-mêmes. Par exemple, les sœurs du Tchad sont allées dans la famille de la jeune camerounaise. Rencontrer la famille, l’écouter, la connaître et en même temps nous présenter afin d’aider la famille à mieux comprendre la Congrégation dans laquelle leur fille va entrer.
C’est un défi par rapport à la distance parce que les sœurs sont engagées dans différentes activités. C’est un défi pour nous parce que nous devons connaître la culture de la jeune et nous devons la prendre en compte durant le temps de formation.
Dans l’Afrique de l’Ouest, il y a beaucoup de similarités. Au niveau de l’Afrique de l’Ouest, nous regroupons les jeunes venant de différents milieux culturels. Je vois qu’elles s’y retrouvent. Il y a certains d’éléments dans la Culture burkinabé qu’elles voient dans leur propre culture.
? Le programme du postulat est organisé au niveau des régions, comment t’y prends-tu ?
Pour moi, c’est la quatrième année dans ce service à la Région de l’Afrique de l’Ouest qui a son postulat au Burkina Faso. On a choisi d’orienter les 2 années de formation. La 1ère année, afin de permettre une transition, nous avons décidé de mettre l’accent sur l’apostolat puisque la plupart des jeunes viennent tout droit des études. Toutefois, certains cours y sont aussi donnés, surtout à la maison.
En deuxième année, c’est surtout l’aspect formation spirituelle. Ce sont des cours structurés, suivis avec les séminaristes des Missionnaires d’Afrique faisant la philosophie.. Elles ne suivent pas l’ensemble du programme. Puisque c’est un niveau universitaire, elles doivent faire des recherches, des interviews pour rédiger les thèses et les présenter. C’est très exigeant pour elles. Il faut les aider à intégrer tout ça non seulement au niveau des connaissances intellectuelles mais aussi de la foi.
? Pour l’apostolat, est-ce que vous travaillez avec une Congrégation sœur ?
Oui, j’ai contacté les Sœurs de l’Immaculée Conception (SIC), une Congrégation Sœur. Elles ont un centre qui accueille les filles-mères qui sont rejetées par leur famille et par la société. Elles ne savent pas où aller et elles errent. Ce centre les accueille afin qu’elles puissent se refaire et surmonter cette blessure. L’objectif est de les réintégrer dans la société. Alors une des postulantes travaille là-bas 4 matinées par semaine.
Cette année-ci, nous avons choisi de les orienter vers les situations de détresse que nous avons à proximité.
Il y a aussi le Centre Kizito, qui accueille des orphelins, des bébés abandonnés. Ce sont des sœurs de St François d’Assise qui s’occupent du centre et une postulante y va pour son apostolat.
Une autre travaille au grand hôpital d’Ouagadougou. Ce sont les Pères Camilliens qui sont responsables. Une fait l’apostolat dans le centre pour handicapés mentaux et physiques qui s’appelle « l’Arche ».
? Est-ce qu’elles travaillent plutôt à l’aumônerie ou bien aident-elles à soigner ?
A l’hôpital, elle visite les malades dans le service pédiatrie. Elle les écoute, les accompagne et distribue les médicaments, en cas de nécessité. La même jeune va aussi dans un centre qui est dirigé par notre sœur, le centre « Delwende ». C’est un centre où les femmes sont accusées de sorcellerie et rejetées par la société. Elle y va 2 fois par semaine.
Les après-midi, elles ont des cours à la maison. Les postulantes donnent aussi un coup de main dans notre « œuvre à nous », la bibliothèque Notre Dame d’Afrique.
? Ici, c’est ton premier chapitre général. Comment vis-tu cela ?
Je suis très contente. Nous nous situons au niveau de toute la congrégation, dans une vision globale de la famille que nous formons. Je suis habitée par l’espoir et la conviction que c’est l’esprit qui nous conduit.
? Comment le thème du Chapitre t-a-t-il touchée ?
Ça va au centre de notre charisme. Je suis dans le groupe qui travaille la vision de la mission, c’est pertinent car nous devons toucher non seulement les défis qui sont très clairs mais aussi les risques à prendre ainsi que les orientations pour pouvoir nous relancer. Je crois que nous ne restons pas au niveau des rêves.
Nous essayons de voir les implications où tout cela va nous conduire, ce que nous devons risquer. Je me sens invitée à faire confiance à Dieu qui nous conduit puisque c’est Lui qui voit où il nous conduit.
? Dans le thème du Chapitre, qu’est-ce-qui t’as touché ?
D’abord, on se situe au niveau du monde, de la vie qui nous tient à cœur, de la création ; et Dieu qui est touché par les grandes questions de ce monde et qui appelle à sa mission. Je nous vois comme des personnes appelées à collaborer à sa mission. C’est notre charisme qu’Il nous a confié.
C’est cet aspect d’un monde interconnecté au niveau global, c’est ce regard au-delà qui me touche beaucoup. C’est là où je sens que nous sommes appelées à regarder de près comment répondre. Nous avons une participation à apporter. Là, c’est ma conviction.
? Quelle est l’attitude qui te parait la plus nécessaire pendant ce Chapitre ?
J’en vois trois : Une attitude d’ouverture pour me laisser rejoindre par cet appel de Dieu qui me conduit au-delà de ce que je vivais déjà.
Puis, l’attitude d’écoute profonde pour discerner comment je vais répondre à Dieu. Il m’écoute et Il me conduit C’est Lui qui mène la barque.
Et, une attitude d’effacement pour mieux collaborer avec les autres.
Merci, Gratienne |