|
CARDINAL CHARLES LAVIGERIE |
|
Lavigerie présente UNE ALTERNATIVE à la société de son temps.A un moment historique où le colonialisme impose en Afrique la culture occidentale, exploite ses ressources, et se tait devant le trafic d'esclaves, Lavigerie proposeà ses missionnaires de se mettre au service de l'Afrique et des Africains.
Il leur recommande : "soyez des apôtres, et ne soyez que cela". Il insiste pour qu'ils étudient et parlent la langue des peuples africains au milieu desquels ils vivent. Il les envoie en communautés internationales.
Il organise en Europe une campagne anti-esclavagistepour susciter un fort mouvement d'opinion qui forcera les gouvernements à légiférer contre l'esclavage et à prendre des mesures humanitaires.Il envoie aux études des jeunes africains qui deviendront des médecins - catéchistes en Afrique.
Il avait une vision et une clairvoyance uniques pour son temps. Ce qu'il a pensé et rêvé pour l'Afrique pourrait s'appeler aujourd'hui "développement intégral". Le Cardinal Lavigerie voulait que ses missionnaires soient des porteurs d'une aide matérielle, intellectuelle et spirituelle.
C'était l'homme de la liberté: il lutta contre la guerre, la famine et l'injustice au Liban et en Algérie. Dans toutes les capitales d'Europe, il fit une campagne contre la traite des esclaves en Afrique.
Il a compris l'importance de l'apostolat auprès des femmes dont il savait le rôle primordial pour la transformation de la société. C'est pour cela qu'il a fondé les SMNDA.
Lavigerie était un homme d'ouverture: il aspira à une Église universelle et adaptée aux temps modernes, une Église proche des gens.
Après son ordination sacerdotale à Paris, en 1849, les fonctions qu'il exerça lui ouvrirent de larges horizons: professeur d'Histoire de l'Église en Sorbonne, directeur de l'Œuvre des Écoles d'Orient, auditeur au tribunal de la Roteà Rome, évêque de Nancy.
Devenu archevêque d'Alger et de Carthage, il fonde deux sociétés missionnaires pour l'Afrique.
Son action s'avère d'une particulière importance dans la diffusion de l'Évangile sur le continent africain. Conseiller écouté du pape Léon XIII, il participe aux grandes affaires de l'Église. Il propose une conduite de respect envers les communautés de tradition oriental; il rejette un intégrisme religieux, enfermé dans son archaïsme, qui rend plus difficiles les relations avec le pouvoir anticlérical en France.
En 1888 il lance une vaste campagne antiesclavagiste auprès de l'opinion européenne.
En 1867 Lavigerie accepte le siège épiscopal d'Alger parce qu'il y voit "une porte ouverte sur l'Afrique" à laquelle il veut annoncer l'Évangile.
A cette fin, il fonde deux sociétés ayant pour but l'apostolat en Afrique: l'une d'hommes (les Missionnaires d'Afrique), l'autre de femmes (Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique) pour pénétrer le milieu féminin.
Le "tout à tous" oriente aussi bien la spiritualité des missionnaires que leur comportement apostolique.
Pour transmettre l'Évangile, ils doivent en vivre profondément, dans une union intime avec Jésus-Christ.
Lavigerie a engagé ses missionnaires, Pères et Sœurs, à vivre dans une relation quotidienne de service au milieu des populations musulmanes. Il leur permettait ainsi d'acquérir une plus juste connaissance de l'Islam. Il les a stimulés aussi à l'étude de la langue et de la culture arabe. Leur attitude et leurs activités concrètes rendront possible, près d'un siècle plus tard, une théologie du dialogue islamo- chrétien.
En 1878 Lavigerie envoyait sa première équipe de missionnaires en Afrique Centrale. Ainsi se développaient deux différentes perspectives missionnaires. L'une, par une présence en milieu musulman, soulignait davantage la gratuité et l'universalité du témoignage chrétien par une voie permettant la découverte et le respect de l'Islam. L'autre, dans la rencontre des croyants des religions traditionnelles africaines, accueillait des catéchumènes et établissait l'Église en Afrique en lui donnant son visage africain.
|
|
« Je suis homme, l’injustice envers
d’autres hommes révolte mon cœur.
Je suis homme, l’oppression indigne ma nature.
Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre
de mes semblables ne m’inspirent que de l’horreur.
Je suis homme et ce que je voudrais que l’on fit
pour me rendre la liberté, l’honneur, les liens sacrés
de la famille, je veux le faire pour rendre
aux fils de ces peuples l’honneur, la liberté, la dignité. »
|