template_fr
 
homepage_button

 

lavigerie_dossiers

lavi_2mission_fr

 

PROGRAMME LAVIGERIE - Dossier no 2

RIEN D’AUTRE QUE LA MISSION

« Soyez apôtres, ne soyez que cela, ou du moins ne soyez rien que dans ce but-là » (Cardinal Lavigerie).

Nos Constitutions l’expriment très clairement : notre congrégation est ‘exclusivement missionnaire’ (n° 1). Cela fait partie de ce que nous sommes : la mission est la raison d’être de notre congrégation et l’élément essentiel de notre charisme (CA 2005, p. 45).
Ce désir d’être apôtres – « ne soyez que cela » - nous pousse sans cesse à nous laisser convertir dans notre manière de vivre la mission où que nous soyons (CA 1987, p. 22). En plusieurs occasions, Lavigerie a insisté sur ce fait qu’en premier lieu, les missionnaires doivent être des initiateurs.

Notre expérience de vie

* Que signifie pour vous « être exclusivement missionnaire » ?
* Dans le contexte où vous vivez aujourd’hui, voyez-vous encore le besoin d’une congrégation exclusivement missionnaire ? Donner des raisons.
* Croyez-vous que cet appel à être ‘exclusivement missionnaire’ puisse encore être proposé aujourd’hui ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

Notre expérience fondatrice

A l’origine, le but de la mission était d’aller fonder une Église locale, un clergé local, des congrégations locales, et mettre sur pied des institutions.
« Pourquoi donc les missions si ce n’est pour établir et fonder solidement l’Église de Dieu dans ces immenses régions ? Et comment l’Église sera-t-elle constituée si ce n’est par tous les mêmes éléments dont elle fut constituée autrefois, à savoir par les fidèles, le clergé, les religieux et les religieuses de chaque nation ? » (1926)

Nous nous sommes mises au service des Églises locales…

« Soyez parfaitement disponibles et désintéressées… Comme la mission est chargée de tout l’enseignement, il faut en premier lieu multiplier les écoles primaires… L’enseignement ménager débute et progresse rapidement… un artisanat se développe… des centres de soins se créent… » - « Faisons du travail en profondeur, non en surface… Partout il y a comme une poussée vers l’instruction et l’enseignement ménager… les élèves affluent… Améliorez les méthodes, mais d’abord et avant tout, restons à la page de l’Évangile… » (1945-1946)

Puis sont venus les temps des réajustements…

« La période de tension et de trouble fait ressortir un courage étonnant chez nos sœurs, courage puisé dans l’exhortation du cardinal Lavigerie : ‘Elles doivent se faire tout à tous, et ne reculer devant aucune peine…’ Et une sœur dira : ‘C’est dans les moments durs, en voyant que d’autres congrégations étrangères non-missionnaires remettent si rapidement leur présence en question, que j’ai réalisé la force d’un passé qui nous enracine plus que nous ne le croyons dans la mission.’ » (1965)

Le temps de transmettre notre esprit missionnaire à l’Église locale

« L’insécurité que nous vivons de façon particulièrement forte en Afrique… se marque parfois d’une inquiétude qui peut passer du ’Pouvons-nous encore rester en Afrique ?’ au ‘Devons-nous encore rester en Afrique ?’. Ne serait-ce pas notre ultime témoignage de missionnaire que de partir ? À cela, l’Église locale répond : « Nous avons besoin de vous pour donner à l’Église locale son vrai visage, son visage de Pentecôte, d’universalité. » (1970…)
« Et nous accueillons dans nos rangs des jeunes femmes africaines aussi courageuses que les jeunes Européennes du temps passé… » (Citations tirées de l’Histoire des Origines)

Toute une histoire de zèle apostolique, de discernement continuel… Comment rester fidèle à cet héritage exclusivement missionnaire aujourd’hui ?

Un contexte en évolution

Jusqu’à Vatican II, toute l’orientation de la mission visait à ‘sauver les âmes’ et à ‘implanter l’Église’ Le mouvement allait de l’Ouest vers les territoires étrangers - pour nous, l’Afrique.
Vatican II a produit trois documents qui ont donné à la mission un sens plus large :
* Le document Ad Gentes présente la Trinité comme fondement de la mission ; l’action de l’Esprit y apparaît plus largement répandue.
* Nostra Aetate souligne la valeur des religions non-chrétiennes comme moyens d’aller vers Dieu et le respect qui leur est dû.
* Gaudium et Spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, souligne plusieurs aspects importants pour la mission : la dignité de la personne, le renouveau de l’humanité, le respect de la culture, le développement intégral, etc.

Après Vatican II, nous avons un document-clé de Paul VI, Evangelii Nuntiandi. Ce document propose une théologie du Royaume de Dieu. L’Église est au service de la Bonne Nouvelle du Royaume. Nous commençons à parler de mission vers les six continents. Les Églises locales deviennent beaucoup plus conscientes du fait qu’elles sont les premières responsables de la mission et que chaque personne est appelée de par son baptême à être missionnaire.

Missionnaire à la suite de Jésus

« Aux autres villes aussi, il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé »
(Lc 4,43).

Jésus est un missionnaire modèle. A peine a-t-il réuni quelques croyants que ceux-ci veulent le garder pour eux-mêmes. Cependant Jésus a, présent à l’esprit, un plus grand nombre de personnes qui attendent l’Évangile : « A d’autres villes je dois annoncer… » - « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9,16).

Et Jésus continue son chemin, annonçant par ses paroles et ses actes le Royaume de Dieu. Jésus n’a jamais demandé à personne de changer de religion ; il appelle à la conversion, convaincu que le Dieu du Royaume est caractérisé par une miséricorde gratuite envers tous.

Ce qui est merveilleux, c’est que la mission de Jésus embrasse tout. Il va au-delà des frontières établies par ses contemporains et il offre la compassion de Dieu aux pauvres, aux exclus, aux pécheurs. Et même occasionnellement, à des païens : la Bonne Nouvelle est pour tous. Les femmes sont impliquées dans l’aventure de la mission : « Viens et vois » - « Serait-ce le Messie ? » (Lc 4,29). Après la résurrection, c’est Marie de Magdala qui alla dire aux disciples : « J’ai vu le Seigneur. »

Jésus de Nazareth n’a pas inauguré une mission en pleine expansion universelle ; la nature de la mission universelle de l’Église ne devint claire que graduellement, même péniblement, et uniquement par la puissance de l’Esprit. Mais, en définitive, ce fut l’expérience de l’identité de Jésus qui a poussé ses disciples à devenir témoins jusqu’aux extrémités de la terre. « Ils s’en allèrent prêcher en tous lieux, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (Mc 16,20).

Comment l’Église redéfinit-elle le rôle des congrégations exclusivement missionnaires ?

Comme l’Église est missionnaire par sa nature même, et chaque Église locale étant coresponsable de la mission, avec les autres Églises, il est nécessaire de clarifier le rôle des congrégations exclusivement missionnaires.

Redemptoris Missio (1990) nous rappelle que l’Esprit Saint, agent principal de la mission, rend l’Église entière missionnaire. Cette mission est une et non-divisée, ayant une seule origine et une seule finalité, mais à l’intérieur, elle comporte des tâches et des activités diverses. « Dire que toute l’Église est missionnaire n’exclut pas, mais au contraire demande qu’il y ait des missionnaires ad gentes et à vie par une vocation spécifique » (n° 32).

En considérant le monde d’aujourd’hui, nous pouvons distinguer trois situations missionnaires. Tout d’abord, il y a des peuples, des groupes humains, des contextes socio-culturels dans lesquels le Christ et son Évangile ne sont pas connus ou dans lesquels il n’y a pas de communautés chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l’annoncer à d’autres groupes. Il y a ensuite des communautés chrétiennes aux structures ecclésiales fortes et adaptées à la foi et à la vie ferventes. Il existe enfin une situation intermédiaire, où des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante et vont jusqu’à ne plus se reconnaître comme membres de l’Église, en menant une existence fort éloignée du Christ et de son Évangile. Dans ce cas, ce qui est requis, c’est une ‘nouvelle évangélisation’ (n° 33).

Et Redemptoris Missio dit (n° 34) : « L’activité missionnaire spécifique ou mission ad gentes s’adresse aux peuples et aux groupes humains qui ne croient pas encore au Christ, à ceux qui sont loin du Christ, chez qui l’Église n’a pas encore été enracinée et dont la culture n’a pas encore été imprégnée de l’Évangile. Cette activité missionnaire a donc pour caractère propre d’être une action d’annonce du Christ et de son Évangile, d’édification de l’Église locale et de promotion des valeurs du Royaume. »

Cette activité missionnaire a normalement été définie selon des critères géographiques. Mais à cause des rapides et profondes transformations qui caractérisent le monde d’aujourd’hui, les sentiers de la mission ouvrent de nouveaux horizons :

- l’urbanisation et l’importance des villes où naissent de nouvelles coutumes et façons de vivre, avec de nouvelles formes de culture et de communication qui influencent alors une population plus vaste ;
- nouveaux phénomènes sociaux : jeunes, migrants et réfugiés, situations d’extrême pauvreté ;
- secteurs culturels, tels que moyens de communication, justice et paix, réconciliation, droits humains, promotion des femmes et des enfants, etc.
- dialogue interreligieux, comme faisant partie de la mission d’évangélisation de l’Église.
Les congrégations exclusivement missionnaires sont à la fois d’actualité et nécessaires parce qu’elles fournissent à l’Église un modèle clair et puissant d’engagement missionnaire. Cependant, l’opportunité de ces congrégations dépendra de leur habileté à lire les signes des temps et à entreprendre des activités nouvelles et audacieuses aux frontières de la mission de l’Église.
Pour accompagner votre réflexion, nous vous encourageons à relire les numéros 31 à 40 de Redemptoris Missio.

En congrégation comment être exclusivement missionnaires aujourd’hui ?

Comme congrégation, notre réalité démographique a beaucoup évolué. Les trois-quarts des sœurs vivent actuellement en Euramérique. Il y a un écart dans le groupe intermédiaire, et la plupart des jeunes femmes qui se joignent à nous aujourd’hui sont originaires d’Afrique. De plus, notre appel à devenir des initiateurs devient moins clair. Il y a 20 ans, notre congrégation avait choisi la VIE parce que nous croyions que « le Seigneur nous envoie encore annoncer la Bonne Nouvelle aux peuples africains ». Depuis lors, à chacun des Chapitres généraux, la Congrégation a eu le souci d’affirmer comme évidente notre spécificité pour la mission.

a) Il y a un appel insistant à témoigner de la dimension universelle de notre foi, gardant vivant un brûlant désir d’aller vers les gens, afin de les rencontrer là où ils sont.

b) On nous rappelle continuellement que nous sommes exclusivement missionnaires jusqu’à la mort, partout, et quoi que nous fassions. Nous devenons plus conscientes de la nécessaire interdépendance entre les différentes générations, ce qui confirme que notre mission est une.

c) Nous sommes convaincues que notre charisme pour la mission ne nous appartient pas et nous accueillons celles qui sont appelées, soit comme Smnda, soit comme missionnaires laïques (AC 2005).

d) Nous sommes appelées à collaborer avec les Églises locales, collaboration qui n’est pas toujours facile et qui demande une écoute mutuelle, un discernement honnête des besoins, en même temps qu’une vue claire de notre contribution spécifique.

e) Nous sommes invitées à discerner comment être universelles et interculturelles dans nos esprits et nos cœurs. La disponibilité à être envoyées à la rencontre d’autres cultures et d’autres peuples est une caractéristique essentielle de notre spiritualité, ce qui a un impact important sur l’interculturalité de nos communautés (voir programme Salomé).

Propositions
* Relisons encore une fois
AC 1987, p. 20-22
AC 1993, p. 12-44
AC 2005, p. 45-51
afin de redécouvrir cette dimension de notre charisme qui est d’être exclusivement missionnaire.
* Prenons le temps et les moyens de partager concrètement comment chacune vit cette dimension ‘exclusivement missionnaire’, ici et maintenant, et quels pas de plus nous pourrions faire.
* Encourageons-nous mutuellement à lire et à étudier ce dossier ainsi que l’article qui l’accompagne.

arrow

 

Webdesign: Gisela Schreyer
e-mail:
website.gs@msolafrica.org
DECO2

 


 

homepagehomepage