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Débuts et évolution
Lors de notre arrivée à Nyamugari, un quartier de Gitega, voyant que j’étais infirmière, la population de ce quartier nous a demandé d’ouvrir un centre de santé. Mais en raison de la proximité de l’hôpital de Gitega et d’autres centres de santé, cela n’était pas prévu. En fait, ce sont les événements du pays qui nous ont poussées à avoir une formation médicale dans ce quartier.
Les premiers soins ont été donnés dans notre propre maison en 1993. Plus tard, le SIDA a pris racine dans ce quartier populaire. Pour accueillir ces malades, nous avons aménagé un local qui, bien vite, est devenu trop petit. C’est alors que nous avons acheté une parcelle et procédé à la réfection des bâtiments. C’est ainsi que, en février 2005, a été ouvert le « Centre de soins EPC Nyamugari », une « œuvre à nous » agréée par la Province. « EPC » veut dire « Equipe de Prise en Charge des Séropositifs ».
Le centre de soins est situé dans un quartier populaire de la ville, à majorité musulmane. Nous soignons beaucoup de musulmans, de protestants de diverses Eglises, de catholiques, le personnel de la paroisse et les bénéficiaires de la Caritas paroissiale, des orphelins de la guerre et du SIDA, entre autres les enfants du centre FVS (Famille pour Vaincre le SIDA).
L’ouverture de ce nouveau centre a coïncidé avec une grève à l’hôpital de Gitega. C’est alors qu’ont commencé à arriver les personnes qui, jusque là, avaient peur de venir se faire soigner, croyant que c’était un centre destiné aux « Personnes Vivant avec le VIH/ SIDA » (PVVS). Nous soignons des malades de Gitega et des collines environnantes. Les plus démunis qui n’ont pas facilement d’argent sous la main, nous les soignons aussi, et ils peuvent payer plus tard.
L’augmentation du nombre des malades a logiquement entraîné une augmentation du personnel et des changements dans l’organisation. Nous avons instauré un nouveau système de fiches et de tenue de registres. Nous avons installé une petite pharmacie et nous fabriquons des sachets pour mettre les médicaments.
Engagées dans ce service
Nous sommes deux SMNDA infirmières engagées dans ce service : Jeanne d’Arc Ouattara et Herenia Ezquerra. Toutes les deux, nous assurons la gestion du centre, la coordination des activités, l’économat…
Plusieurs autres personnes font équipe avec nous :
infirmières, une aide-infirmière, femmes et hommes pour des achats, la cuisine, l'entretien du matériel.
A cet ensemble s’ajoutent, depuis trois ans, des jeunes aspirants des Missionnaires d'Afrique qui viennent faire une partie de leur apostolat au centre.
Activités réalisées
Les activités réalisées au Centre se répartissent entre soins et réhabilitation nutritionnelle.
Les soins concernent diverses catégories de personnes : les malades en général ; les Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (PVVS), au centre et à domicile pour les cas graves. A cela s’ajoutent des hospitalisations ponctuelles surtout de jour ; le suivi des malades hospitalisés à l’hôpital de Gitega ; la prise en charge psycho-sociale des PVVS ; les entretiens pré et post-test VIH.
Nous faisons aussi de la prévention des maladies « opportunistes » (maladies pouvant survenir ou être développées par la personne en raison de la faiblesse de son état immunitaire) : deux après-midi par mois, nous réunissons tous les PVVS pour la distribution des médicaments, éventuellement une aide matérielle et des causeries, des vidéos qui les aident à vivre leur positivité et à éviter de contaminer d’autres personnes. N’oublions pas le suivi des malades sous anti-rétroviraux et des PVVS anonymes ainsi que les visites à domicile.
Quant à la réhabilitation nutritionnelle, elle concerne les enfants mal-nourris qui sont très nombreux dans notre entourage. Ce sont surtout des enfants en bas âge, orphelins ou pas, qui présentent un poids très inférieur à la normale. Nous les recevons trois fois par semaine pour l’éducation sanitaire et nutritionnelle et ils reçoivent un appoint alimentaire.
Divers projets en lien avec le Centre
Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi mentionner divers projets en lien avec le Centre :
Caritas-Irlande « Trocaire » finance un projet de scolarité pour enfants et jeunes. Les bénéficiaires de ce projet sont les enfants des séropositifs, des enfants PVVS, des orphelins et autres « vulnérables ».
Les cas de paludisme sont très nombreux au Burundi, et Gitega n’est pas épargnée. Les cas de résistance aux antipaludéens sont fréquents. Afin de lutter contre ce fléau et sachant que « mieux vaut prévenir que guérir », j’ai préparé un projet pour acheter des moustiquaires. Une association de femmes allemandes nous a accordé une aide qui a permis de distribuer plus de 800 moustiquaires.
Sources de financement
Le financement du Centre a plusieurs sources. Les malades qui le peuvent donnent aussi leur participation.
Visibilité
En effet, cette œuvre donne aux jeunes qui veulent cheminer avec nous et qui habitent au loin, la possibilité de venir et de nous voir afin de mieux nous connaître. Elles peuvent ainsi discerner leur vocation et, en même temps, elles gagnent un peu d’argent pour aider leur famille. Cela nous permet aussi de mieux les connaître, de les aider dans leur cheminement. Cette « œuvre à nous » est donc un lieu ouvert sur les vocations.
Felisa Garcia Galàn |
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