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ORAN, UNE BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE
 


La bibliothèque que nous avons à Oran a toute une histoire. Ecoutons ce que nous disent les premières sœurs qui se sont installées au « Square Cayla » où, aujourd’hui encore, se trouve la bibliothèque.

« En octobre 1964, nous sommes trois sœurs pour Oran et nous nous installons dans un appartement plus grand et plus accessible aux jeunes filles… A la maison, la supérieure donne des cours à une dizaine de jeunes filles et jeunes femmes analphabètes, plusieurs fois par semaine. Une petite bibliothèque surtout centrée sur la femme, l’Afrique et l’islam, fournit de la lecture aux élèves de l’Ecole Normale, des lycées ou aux coopérants désireux de mieux connaître l’islam. Une dizaine de jeunes filles du lycée viennent travailler ou discuter à la bibliothèque qui a quelques abonnés réguliers. Sr Marguerite Tortel passe souvent des livres aux normaliennes. Des étudiantes et lycéennes y cherchent des ouvrages inscrits au programme, qu’on ne trouve que difficilement dans les librairies… »


Depuis, les réalités ont changé. La communauté n’habite plus sur place. Elle est installée au centre ville, à environ dix minutes à pied de l’appartement du « Square ». Quelques aménagements ont été nécessaires pour avoir plus de place. La bibliothèque doit son image actuelle à ces travaux et aux quatorze années de labeur d’Agnès Genevrois qui en a transmis la responsabilité à Danuta Kmieciak, bibliothécaire de formation.
 Aujourd’hui, la bibliothèque est informatisée. Elle est ouverte aux étudiants universitaires, filles et garçons, spécialisée en littérature, langues et psychologie. Cinq cents lectrices et lecteurs y sont abonnés avec une carte annuelle. Le milieu est presque exclusivement musulman, avec quelques unités de personnes d’autres religions. L’islam est en effet la religion de la majorité des Algériens.

Répondre aux besoins
L’objectif est de répondre aux besoins des universitaires, étudiants, enseignants et professeurs, diplômés en recherche d’emploi ou à ceux d’autres lectrices et lecteurs. Il faut savoir que le marché du livre dépasse les capacités financières de la plupart des abonnés.
C’est pour répondre aux demandes et compte tenu des besoins exprimés que nous donnons des cours de langues : français, anglais, espagnol. Nous proposons aussi une initiation à l’ordinateur. Il y a deux ans, nous avions aussi un « club littéraire » autour d’un auteur. Cela favorisait des échanges intéressants, concernant surtout la littérature maghrébine. L’expérience s’est avérée enrichissante. Mais, faute de volontaires pour l’organisation et l’animation, elle est actuellement interrompue. Nous restons cependant ouvertes à toutes les initiatives pouvant encourager des activités littéraires et culturelles maghrébines.

Présence permanente
Ces activités supposent une présence permanente assurée par diverses personnes. Apres le départ de Clémentine Mukampabuka pour des études, Valérie Kaboré en est la responsable.
Une laïque, Mme Natalia Korchi, Russe mariée avec un Algérien, travaille avec nous depuis six ans et assure 14 h par semaine. Nous sommes aussi en collaboration étroite avec la communauté des Frères Maristes qui donnent cours d’espagnol ; une initiation à l’informatique et des cours de français.
Une Algérienne, Mme Aïcha Chiikh, professeur d’anglais à la retraite, donne 3 h de cours d’anglais par semaine, tandis que Mme Galina Missoum, une autre dame russe marié à un Algérien donne 3 h de cours d’ordinateur par semaine.

Financement
     Il faut aussi penser au financement qui doit couvrir les indemnités de tout le personnel, y compris des smnda engagées dans la bibliothèque, le loyer, l’achat des livres ou autre matériel. L’aide de Misereor et les inscriptions annuelles couvrent ces frais. Nous n’avons pas de démarches spéciales à faire en rapport avec les autorités locales. Mais comme nous sommes en appartement, un appartement propriété de la congrégation, nous payons les charges communes, nous participons aux réunions des propriétaires et locataires pour la bonne organisation de l’immeuble.

« Chez les sœurs »
     La bibliothèque touche notre vie communautaire en ce sens que ce que vit chacune fait partie de la mission commune. Par ailleurs, sa situation non loin de notre communauté favorise la visibilité de notre engagement. Il faut dire que tous ceux qui viennent chez nous savent que c’est « chez les sœurs ». Ainsi, même dans un pays où il est pratiquement impossible, en tant qu’étranger, de trouver un travail rémunéré, nous pouvons offrir une insertion aux nouvelles sœurs ou aux autres personnes voulant bien collaborer avec nous. Nous pouvons aussi vivre cette collaboration en allant vers des personnes engagées ou voulant s’engager dans des associations ou autres activités, ce qui nous fait sortir du cadre établi. Tout ceci peut être favorisé par des rencontres et des amitiés contractées au sein de la bibliothèque. C’est aussi grâce à la bibliothèque que nous sommes en contact avec les écrivains algériens, par la lecture ou par les conférences diverses.

Clémentine Mukampabuka, Oran

 
 
Webdesign: Gisela Schreyer
e-mail:
website.gs@msolafrica.org
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