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LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

"C'est l'amitié qui est l'âme du dialogue. La vraie amitié demande l'égalité entre personnes.
Elle n'est pas compatible avec des sentiments de supériorité ou les attitudes de condescendance".
Cardinal Leon-Etienne Duval d' Alger (1904-1996)

Fidele a ses origines, la congrégation porte une attention particulière aux croyants de l’Islam.
Dieu qui agit au cœur de tout homme, les conduit par des voies connues de lui seul.
Nous respectons leur démarche de foi différente de la nôtre
dans l’espérance que nous sommes tous en route vers le Royaume.
Nous cherchons à promouvoir une attitude d’ouverture entre chrétiens et musulmans,
pour qu’à travers la fraternité qui s’édifie, le Règne de Dieu advienne. Constitution No 18

Symboles de l'Internet

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L'engagement des SMNDA en milieu musulman

Les communautés des Sœurs Missionnaires d'Afrique en milieu musulman sont le signe qu'un pluralisme est possible dans les sociétés maghrébines, et qu'au-delà d'une simple tolérance, un avenir commun est envisageable.
Notre simple présence, disent nos amis maghrébins, invite la société à ne pas se refermer sur elle-même.

Actuellement actuellement, les SMNDA sont au nombre de 48, réparties en 15 points d’insertion :
9 en Algérie, 5 en Tunisie et 1 en Mauritanie. Les sœurs sont de 12 nationalités.
Parmi elles : 6 Africaines de 5 nationalités différentes.

C'est dans ces pays presque à 100% musulman, que, nous, chrétiennes vivons. Non que nous fassions ici des choses extraordinaires mais nous sommes conscientes que le monde où nous sommes immergées modifie notre façon notre manière de concevoir tout: notre manière de concevoir Dieu, le monde, le rapport au temps; aux autres et à la grande Eglise.

Dans le contexte de l’Afrique du Nord, le dialogue interreligieux n’est pas une simple activité parmi d’autres. Ce n’est pas le genre d’engagement auquel on se livre à heures fixes, avec un programme d’activités bien précis. Le dialogue colore toute notre vie.

La période de la vie que Jésus a passée en Galilée est un appel pour nous qui sommes au Maghreb. Il marche beaucoup. Il rencontre énormément de monde, au hasard des routes, même de ces personnes qui ne font pas partie " de la tribu ". Il brise bien des tabous. Les rencontres, apparemment, se font sans plan préconçu. Elles provoquent des attitudes très différentes, allant de l'hostilité déclarée à la reconnaissance. Beaucoup, après cela, retournent à l'anonymat.
Que s'est-il passé entre Jésus et son interlocuteur ? Qu'est-ce qui a changé en lui, en elle ? L'Évangile ne nous le dit pas, ou si peu. Certains sont devenus ses disciples. D'autres, non, mais tous ont été ébranlés d'une façon ou d'une autre.

La plupart d'entre nous se retrouvent bien dans cette description de la vie de Jésus. Oui, c'est ainsi que cela se passe. Et c'est ainsi que cela se passait au début de l'Eglise. Les chrétiens d'alors avaient conscience de vivre en étrangers parmi les hommes mais d'être unis entre eux car, malgré leur dispersion, ils étaient appelés par Dieu à être les témoins de la miséricorde du Père, révélée en Jésus-Christ.

Au contact avec l'Eglise, des Algériens musulmans se disent interpellés par le respect de la différence et désirent eux aussi vivre cela. De cette façon nous devenons " Tout à tous ", " femme avec les femmes " et " Ad gentes en Afrique ".
Tout cela n'est pas certainement pas facile… Il n'y a qu'à voir comment les choses se passent au quotidien avec les personnes les plus proches ! C'est une mission très ascétique ".

Ce qui caractérise notre vie en Algérie, ce sont certainement les liens d’amitié que nous avons tissés. Les plus jeunes parmi nous héritent souvent de ces liens transmis par leurs aînées et qui témoignent d’une fidélité et d’une loyauté remarquables.
En chaque personne, on peut dire que, d’une certaine façon, ce sont des communautés de croyants qui se rencontrent, communautés de Chrétiens et de Musulmans, vivantes, plurielles, d’aucune façon monolithiques ou uniformes.
Une façon particulière d’exprimer cette rencontre entre des communautés de croyants est la collaboration dans le service de la société, autant par des institutions publiques ou privées que par des institutions d’Eglise (par exemple les bibliothèques, la Caritas, etc…)

La différence en matière de religion est un défi qu’il n’est pas toujours facile d’accepter, mais c’est surtout une source de richesse.
Loin de tomber dans un relativisme facile, nous sommes obligées de nous poser quelques questions de fond concernant tout ensemble notre foi et notre vie.
La différence en matière de religion nous donne l’occasion « de voir  notre foi au miroir de l’autre ». Et, par notre présence, si minime soit notre nombre, nous offrons à l’autre croyant la possibilité d’en faire autant.
Sans quitter leur communautés respectives, Chrétiens et Musulmans, peuvent parfois se retrouver sur le même terrain spirituel, partageant la même recherche de Dieu. Il n’est pas inhabituel d’entendre une de nos Sœurs dire combien sa foi s’est approfondie et confirmée au contact d’amis musulmans.

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Tenir compte de l’Islam,
de Tunis à Johannesburg
Intervention de Mgr Lahham (Evêque de Tunis) au Synode sur l’Afrique : (2009)


Dans le monde, l’islam et les rapports islamo-chrétiens présentent une grande variété, qu’on soit en Europe, en Afrique sub-saharienne, en pays arabes du Moyen orient (il y a une poussée de prosélytisme dans les pays du pétrole) ou au Maghreb…Or au Synode, on a littéralement survolé l’islam en Afrique du Nord. Il a été surtout question de l’Afrique subsaharienne.
Or il y a une spécificité de l’Eglise et des rapports islamo-chrétiens au Maghreb : C’est une Eglise de la Rencontre : malgré les tristes évènements d’Algérie, elle jouit dans l’ensemble d’une marge relativement large de liberté pour l’exercice du peuple chrétien.
Elle n’est pas persécutée. Elle vit parmi une population musulmane presqu’à 100%, et l’écrasante majorité des fidèles catholiques est composée d’étrangers présents quelques années seulement.
Depuis les indépendances, elle est fortement engagée dans le service social, humain et éducatif du pays. Cette Eglise voit se développer un début de mouvement de pensée critique vis-à-vis d’un islam rigoriste et fanatique.
La collaboration de l’Eglise est souvent sollicitée dans ces nouvelles manières de vivre l’islam (sollicitations accrues depuis la nomination d’évêques arabes.) Cette expérience de dialogue peut désamorcer des réactions de peur et des refus qu’on commence à observer pour l’islam et elle peut enrichir les expériences de dialogue vécues ailleurs.

Mgr Lahham souhaite un colloque sur l’islam en Afrique qui tienne compte de la variété des expériences africaines allant de Tunis à Johannesburg.

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Monseigneur Ghaleb Bader,
Archevêque d’Alger

 

Chrétiens en Algérie par Mgr Ghaleb Bader, archevêque d’Alger : (2010)

Les catholiques algériens sont une petite minorité.
La société algérienne est musulmane et l’Etat aussi. Le travail d’évangélisation des sectes évangéliques fait du bruit. Beaucoup n’ont plus peur de se déclarer chrétiens, grâce à leur nombre. Des familles entières se convertissent, même si cela n’est pas toléré ni accepté par la société…
Les Eglises protestantes historiques, anglicans ou baptistes sont une minorité parmi ces chrétiens. Les nouvelles communautés évangéliques luttent pour obtenir le leadership.
Ce phénomène durcit les fronts et suscite de la méfiance dont nous sommes aussi victimes. Malgré tout, les relations avec les autorités et la société algérienne sont bonnes. Nous sommes une toute petite minorité, constamment entourée de musulmans avec lesquels nos travaillons et partageons notre vie. Notre Eglise est très engagée dans les activités culturelles (bibliothèques, recherche, histoire, sciences humaines à Alger, Ghardaïa ou Oran surtout), sociales et éducatives. Elle entend exprimer ainsi son respect pour la culture algérienne.
L’Eglise a perdu 19 membres pendant les années difficiles : mais je ne veux pas dire qu’il s’agissait d’une persécution visant spécifiquement les chrétiens. Il y a eu peut-être 250.000 victimes durant cette période et comme l’Eglise fait partie de ce pays, elle a
aussi souffert de cette violence aveugle qui n’a épargné personne. Il faudra du temps pour que ces atrocités disparaissent de la psychè du peuple algérien.

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