Le 7 octobre, à Stockholm, trois femmes ont reçu le Prix de la Paix 2011.
Trois Prix Nobel de la Paix. Trois militantes de droits de la femme. Les trois, comme l´a souligné le président du comité Nobel, ont travaillé à différents niveaux dans « la lutte non violente en faveur de la paix, de la sécurité et du droit des femmes à participer dans les processus de paix ». Les trois ont posé de gestes pour que « Justice et la Paix puissent s’embrasser ».
Dans le sens de notre vocation « être femme avec les femmes », j´ai voulu, comme nous invitait l´allocution d´ouverture de notre Chapitre Général 2011, ouvrir notre espace pour l´espoir et l´espérance et y laisser entrer ces femmes, prix Nobel de la Paix 2011, et avec elles, j´y laisse entrer toutes celles qui, en Afrique, font revivre l´espoir et l´espérance. Elles ont travaillé pour la justice et elles ont planté de semences de paix.
Deux d’elles sont africaines, elles partagent la même nationalité. Elles ont travaillé pour rétablir la justice et la paix au Libéria dévasté par des années de guerre civile : Ellen Jonson Sirleaf, et Leyman Gbowe.
Ellen Jonson avait été élue présidente du pays en 2005. Pendant son premier mandat elle a su diriger le Libéria avec sérénité et fermeté, comme le disent bien les noms qu´on lui donne : « Grand-mère » et « Dame de fer ». Sirleaf a mis le pays sur le chemin de la réconciliation et le développement et redonné l´espoir aux libériens.
Même s´il reste encore beaucoup à faire dans un pays qui avait été totalement détruit, on peut dire que elle a su faire du Libéria un pays exemple de transition et de promotion de la femme.
Leyman a été à l´origine du mouvement pacifiste « Women of Liberia Mass Action for Peace » pacifique de femmes pour forcer les hommes à affirmer la paix pendant la seconde guerre civile du Libéria. Elle a su mobiliser les femmes, au-delà de divisions ethniques ou religieuses pour les élections et la pacification du pays.
La troisième femme ayant reçu le prix Nobel de la Paix de cette année est la yéménite Tawalkul Karman, première femme arabe à recevoir ce prix.
Journaliste et diplômée en Sciences politiques, elle milite depuis quelques années pour la liberté d´expression et les droits de femmes. En 2005 elle fonda le groupe « Femmes journalistes sans chaînes ». Pendant le lancement du mouvement printemps arabe du Yémen, elle a joué un rôle important auprès des étudiants, les appelant par SMS à manifester en solidarité avec ceux de Tunisie et d’Égypte. Pour échapper à la pression de la police dans son domicile, elle s´est installée dans la Place du Changement, où campaient des milliers de jeunes, protégées depuis mars par de militaires dissidents.
Nous ne pouvons pas oublier la première femme africaine Prix Nobel de la Paix 2004 l´écologiste Wangari Maathai qui nous a quitté le 25 septembre 2011. Elle avait su mobiliser des milliers des femmes, pour sauver les blessures de la terre, en plantant des arbres et ainsi lutter contre la pauvreté. Wangari a posé des gestes de justice envers la mère terre et envers ses frères et sœurs du Kenya. Ces gestes, pour un développement soutenable, ont été des semences de paix, au-delà des frontières.
Ces prix Nobel de la Paix représentent toutes les femmes qui travaillent pour la justice, la paix et la démocratie ; celles qui le font dans la vie de tous les jours où bien dans de postes de pouvoir. Les gestes de justice et de paix posés par elles sauvent et construisent le royaume de Dieu.
Paquita Reche, communauté de Logroño