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Lettre de
nouvelles des
Sœurs Missionnaires de Notre Dame
d'Afrique
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n° 5 décembre 2008 |
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Sommaire
« Nous avons vu sa gloire…» Vœux du Conseil général
Editorial: Lucie Pruvost
« Engagées pour la vie »
1. La Parole de Dieu, nourriture à assimiler et partager, Hortência Sizalande Filipe
2. La calebasse, image de la femme, Jeanne d’Arc Ouattara
3. Une alliance d’amour, Véronique Hégron
4. La natte, un espace pour la rencontre, Zawadi Namakoma Barungu
5. « Soyez bonnes comme du bon pain », Celina Natanek
6. L’engagement de Lucile Habimana
La vie se partage
1. L’héritage d’une SMNDA, Hortência Sizalande Filipe
2. Mon histoire d’amour avec l’Afrique, M. Terry Reeves
3. Renaître à notre âge ? Les sœurs de la session des 60-75 ans
4. Réunion de la Famille Lavigerie, Danièle Follain
Savez-vous que ?
Premier séminaire catholico-musulman
Equipe de rédaction

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Vœux du Conseil général
« Celui qui est la Parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous, plein de grâce et de vérité. Nous avons vu sa gloire, la gloire que le Fils unique reçoit du Père » (Jean 1, 14).
Parce que Jean a vu la gloire du Fils unique, il faut qu’il écrive précieusement dans un recueil tous les souvenirs qu’il garde de Lui, de son expérience vécue avec Lui et qu’il a approfondie chaque jour. Il dédie son Evangile à ceux qui, à travers les siècles, croiront en Jésus Christ. Parce que Paul, sur le chemin de Damas, a vu le Seigneur, il faut qu’il l’annonce à tous les peuples. Parce que Pierre et ses compagnons ont vu Jésus Vivant revenir à eux, il faut qu’ils aillent le dire devant le tribunal et les juges qui l’ont mis à mort quelques semaines plus tôt.
D’où vient ce besoin d’aller dire ce que nous avons vu, d’aller raconter à des inconnus une histoire à laquelle ils n’ont pas participé et qui leur est étrangère ? C’est qu’il ne s’agit pas seulement d’un événement, d’une nouvelle, et qu’il ne suffit pas de publier une dépêche. L’événement est inséparable d’un visage, d’un Dieu qui s’est fait humain. Et ce visage ne se découvre que dans une RENCONTRE.
Invitation à partir à la rencontre d’un Dieu qui s’est fait proche de chacune d’entre nous. Il est là, bien présent au cœur de notre humanité. En clair, cela signifie que pour Dieu, quoiqu’il nous arrive, quoi que nous ayons pu faire en quittant le chemin de notre destinée, nous sommes des êtres beaux, des êtres qui valent la peine d’être rencontrés, ou mieux encore des êtres que Dieu veut ouvrir à son amour. Il est né dans une mangeoire. Il est là tout petit, tout fragile ouvrant ses mains à notre humanité.
Que ce temps de Noël soit une invitation à entrer dans le mystère, en le vivant, c’est-à-dire en illuminant nos vies personnelles et communautaires d’une joie indicible, cette joie qui nous habite ! Car nous vivons avec cette intime conviction : ce Dieu qui s’est fait homme est venu pour nous donner l’abondance de la vie, ainsi qu’une paix profonde, le souci de l’amour de l’autre, le plaisir de la rencontre en vérité.
Que ce Noël soit une invitation à le vivre chaque jour de l’année ! Promouvoir la communion, la communication non-violente, le respect de l’autre différent, la justice dans nos gestes et nos paroles chaque jour, c’est entrer dans une dynamique quotidienne de Noël et être ainsi fidèles au mystère qui nous rassemble en ce temps de NOËL.
JOYEUX NOEL !
Piluca, Hélène, Marie-Alice et Chantal


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Editorial
En cette fin d’année 2008, tous les médias du monde sont majoritairement concentrés sur la crise financière mondiale. S’il est vrai que celle-ci touche de plein fouet les pays développés, combien plus encore atteint-elle les pays en voie de développement ! Or, comme le montre l’état de réalisation des Objectifs du millénaire, 8 ans après leur lancement, le délai de 15 ans fixé en 2000 ne pourra certainement pas être atteint en 2015. De cela, les médias semblent bien peu se préoccuper ! Nous ne pouvons rester indifférentes à ce silence. L’Afrique n’est-elle pas directement concernée par ce fait ? Il suffit de constater le flux continu de tous ceux qui risquent jusqu’à leur vie dans l’espoir de rejoindre un monde meilleur, pour fuir misère, violences, guerres… qui ne cessent de se propager et multiplient les victimes.
Des lueurs d’espérance cependant… Car dans le même temps, l’Église d’Afrique s’enrichit d’un potentiel humain dont notre famille religieuse recueille les fruits, grâce à toutes les jeunes femmes qui s’engagent pour la vie chez les SMNDA. Il faut dire que l’intercontinentalité souhaitée par le Cardinal Lavigerie continue aussi à se réaliser grâce à la présence de deux Européennes que l’Afrique a conquises. Tel est le thème proposé dans le « dossier » de ce numéro de Partage, le dernier de l’année 2008. C’est ainsi que vous pourrez suivre le cheminement de celles qui ont bien voulu répondre à la demande qui leur en avait été faite. Margreth Kibola, profitant de son congé, fera son engagement définitif le 2 janvier prochain dans sa paroisse d’origine en Tanzanie. C’est donc dans le numéro de février 2009 que nous pourrons mieux faire sa connaissance.
Vous retrouverez aussi, à travers les diverses rubriques de ce numéro, les éléments qui contribuent à la communication entre nous toutes. Car la vie se partage ! La Maison généralice a eu la joie de vivre un bel événement autour de l’une des participantes du juniorat bilingue de mai-juillet dernier. Vous en lirez le témoignage, écrit par cette junioriste et par ses parents adoptifs. Vous pourrez suivre aussi l’itinéraire parcouru à Rome par les participantes à la session francophone des 65-75 ans, qui s’est déroulée au Villino, dans le courant du mois d’octobre dernier.
Et puis, savez-vous que le Premier séminaire catholico-musulman s’est tenu à Rome du 4 au 6 novembre ? Ce séminaire est d’autant plus intéressant qu’il est une réponse positive à l’initiative des 138 signataires musulmans d’une « Lettre ouverte » envoyée au St-Père en octobre 2007. Ceux-ci y récapitulaient des textes musulmans essentiels sur l’Amour de Dieu et l’Amour du prochain.
Vous pourrez lire ensuite les Communications du Conseil général qui annoncent la liste des participantes à la prochaine session francophone des 60-75 ans, au Villino. Vous serez informées de la composition du nouveau Conseil général des Sœurs Thérèsiennes du Malawi, congrégation fondée en 1932 à Lilongwe. Suivent les diverses autres communications habituelles. La liste de nos sœurs et des MAfr entrés dans la Vie vous donnera enfin l’occasion de prier avec eux et pour eux.
Lorsque vous recevrez ce numéro de Partage, vous pourrez commencer par goûter les vœux des sœurs du Conseil général. Elles nous invitent à méditer une phrase-clé de l’Évangile de Jean, « Nous avons vu sa gloire… », et à être signe d’espérance dans un monde qui risquerait bien d’en manquer. Toute l’équipe de Partage se joint à elles pour souhaiter aux lectrices et lecteurs de notre bulletin, de pouvoir partager, en Afrique et ailleurs dans le monde, « ce que nous avons vu et entendu ».
Lucie Pruvost


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« Engagées pour la vie » |
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LA PAROLE DE DIEU,
NOURRITURE À ASSIMILER ET PARTAGER
Hortência Sizalande Filipe
Itinéraire
* 1er janvier 1996 : Entrée à Chilinde (Malawi) - deux années à l’école secondaire de filles de Likuni
* Fin 1997 : Postulat à Arusha (Tanzanie)
* Nov. - déc. 1999 : Stage apostolique à Mwangapuis (Arusha)
* 8 septembre 2000 : Noviciat à Arusha - Première profession : le 6 janvier 2002
* 2002-2006 : Espungabera (diocèse de Chimoio, Mozambique) : Jardin d’enfants et jeunes
* 2006-2007 : Arusha (Tanzanie) : Jardin d’enfants, enseignement de la religion à des jeunes filles Masai au Centre Emusoi
* Nov. 2007- Mars 2008 : Bukavu (Congo) : Étude du français
* 1er mai-24 juillet 2008: Juniorat à Rome
* 10 août 2008 : Vœux perpétuels à Canhanja (Mozambique), paroisse St François-Xavier
* Actuellement : Nairobi South C, études au Centre international Montessori
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Hortência Sizalande Filipe |
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Lors de mon engagement définitif, j’ai pris pour symbole une marmite en argile. Je désire me présenter moi-même et dire comment je perçois ce symbole. De même que, traditionnellement, une femme utilise la marmite en argile pour y préparer la nourriture pour toute la famille, ainsi pour moi, la marmite représente ma vie, la Parole de Dieu et les vœux. Je reçois chaque jour la Parole de Dieu dans ma vie, je la contemple, je l’accommode pour ma propre nourriture, mais aussi je la partage avec d’autres en Afrique, partout où je peux être en mission.
Pour cuire, la marmite a besoin d’être bien posée sur trois pierres. De même, dans ma vie religieuse, j’ai promis de vivre les trois vœux : obéissance, pauvreté et chasteté, afin d’être disponible et libre de suivre et de servir le Seigneur de tout mon cœur.
J’ai fait la connaissance des SMNDA lorsque j’étais réfugiée à Katsekaminga (District de Dedza, au Malawi). J’ai été attirée par ce que faisait Sr Laura Fernandez, parcourant les villages sur sa mobylette, rendant visite aux femmes et aux enfants réfugiés, leur apprenant à cuisiner et à coudre. En la voyant, je me suis demandé : « Pourquoi a-t-elle quitté son pays pour venir en Afrique ? Si elle l’a fait, ne puis-je pas le faire moi aussi ? » Mais je voyais beaucoup d’obstacles : j’étais dans un pays étranger, je n’avais pas reçu assez d’instruction et je ne savais pas l’anglais. J’ai donc voulu oublier un tel rêve. Mais l’idée ne me laissait pas en paix jusqu’au jour où j’ai eu le courage d’en parler à Laura qui me conduisit à Sr Hélène Marchand, puis à Sr Catherine Booth. Tel fut le commencement de ma longue route pour devenir SMNDA.
J’ai désiré appartenir à la Congrégation parce que je me sentais attirée par son charisme, en voyant le travail des sœurs, et aussi par les paroles de Lavigerie : « L’œuvre durable doit être accomplie par les Africains eux-mêmes devenus chrétiens et apôtres. » Cette phrase m’a fait sentir que, maintenant, c’est à mon tour d’être missionnaire en Afrique.
Je rêve et je prie pour voir cette Congrégation dans laquelle je me suis engagée pour la vie, grandir et porter des fruits à travers sa mission en Afrique. Je prie aussi pour ne pas être la première et dernière Mozambicaine, mais que d’autres puissent entendre l’appel du Seigneur et, à leur tour, répondre et devenir SMNDA.
Hortência Sizalande Filipe, mozambicaine


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LA CALEBASSE,IMAGE DE LA FEMME
Jeanne d'Arc Ouattara
Itinéraire
* 1995 : Deux ans en communauté à Dori (Burkina-Faso) - Travail et réflexion
* Septembre 1998 : Postulat à Ouagadougou (Burkina-Faso)
* Octobre 1999-septembre 2000 : Stage apostolique à Ouagadougou
* Septembre 2000 : Noviciat à Ouagadougou - Première profession : 15 décembre 2001
* Février 2002 : Butare (Rwanda) - Études d’infirmière
* Juin 2005 : Gitega (Burundi) : Infirmière au centre de soins de la Congrégation
* Septembre-décembre 2006 : Juniorat à Rome
* 6 septembre 2008 : Vœux perpétuels à Toussiana, (paroisse d’origine), dioc. de Bobo-Dioulasso)
* Actuellement, Gitega, Burundi
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Jeanne d'Arc Ouattara |
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Quel symbole me paraît le mieux pouvoir représenter ce que je me sens être ? L’image qui me paraît la plus parlante, c’est une calebasse bien solide, portée par deux mains, l’une, celle de ma famille, et l’autre, celle de la Congrégation, en signe d’offrande vers Dieu. Dans ma culture, la calebasse tient une place importante : elle représente la femme. Je me sens devenue une femme adulte, riche de ce que j’ai reçu de ma famille, de ma société et de la Congrégation.
La calebasse a germé d’une semence, sans qu’on sache quand elle a été semée. Peu importe ! L’essentiel, c’est qu’elle a accepté de tomber en terre et de subir toutes les transformations nécessaires pour germer et donner du fruit. Aujourd’hui, cette calebasse peut servir à offrir la vie à d’autres ou à la recevoir ; elle peut contenir d’autres semences et même porter son semeur : « Dieu ». C’est LUI qui m’a créée et portée dans ses bras. Et voici qu’IL ose se mettre entre mes mains fragiles pour Le porter à mon tour et L’offrir au monde, comme Marie qui donne à qui le veut le petit Jésus. La confiance en Dieu et en la Congrégation m’a aidée à marcher et à grandir dans ma vocation de SMNDA. Je veux rester fidèle à cette grâce, car je sais que Dieu me la donne toujours avec joie et qu’Il attend la générosité de mon cœur pour accueillir son amour.
J’ai rencontré pour la première fois les SMNDA à l’aumônerie des jeunes de Sya, à Bobo-Dioulasso. J’étais allée inscrire mon petit frère pour la catéchèse, et nous avions été accueillis par Sr Élisabeth Biela qui me demanda : « Et toi, qu’est ce que tu vas faire, même si tu es baptisée et confirmée ? Ici, il y a d’autres activités… Tu peux t’inscrire si tu le veux. » Pour moi, après le baptême et la confirmation, il ne me restait plus qu’à attendre le sacrement de mariage ! Je me suis inscrite tout de même au club biblique, sans trop de conviction.
Peu à peu, je me suis familiarisée avec la communauté des sœurs. Pendant les vacances, j’ai participé à une session/retraite avec Sr Nicole Robion. Depuis lors, je me suis sentie attirée par la vie de ces femmes si dévouées, simples dans l’accueil chez elles à table, ou pour écouter, par leur penchant pour les musulmans - et surtout par cette phrase du Cardinal : « L’œuvre durable doit être accomplie par les Africains eux-mêmes devenus chrétiens et apôtres. » Moi aussi, je veux aller annoncer Jésus-Christ dans le monde et je suis prête à vivre avec toute personne ayant cette même vision.
Je désire appartenir à la Congrégation parce que c’est là où je sens que je peux le mieux répondre à l’appel incessant de Dieu à faire sa volonté, en servant mes frères et sœurs. Les communautés où j’ai vécu jusqu’à maintenant m’ont donné de découvrir les richesses d’une vie de femmes apôtres, en quête de l’amour et du trésor caché au fond des cœurs.
Et voici quelques-uns de mes rêves :
> Que beaucoup de jeunes filles accueillent généreusement la vocation de SMNDA.
> Que nous vivions fraternellement en communauté dans l’entraide et le souci pour la mission commune, nous soutenant mutuellement pour relever ensemble les défis qui nous sont lancés, dans la confiance dans les capacités de toutes et le respect des limites de chacune.
> Que demeure ce visage interculturel et interracial de nos communautés, afin que tous les peuples participent à l’œuvre de Dieu par notre charisme et notre vocation.
Jeanne d’Arc Ouattara, burkinabé


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UNE ALLIANCE D’AMOUR
Véronique Hégron
Itinéraire
* 20 mars 1999 : Expérience en communauté à Paris Gay-Lussac, tout en enseignant à Paris
* 6 septembre 1999 : Postulat à Ouagadougou (Burkina-Faso) avec une Congolaise, une
Rwandaise, une Burundaise et une Burkinabé
* Septembre 2000 : Noviciat à Ouagadougou - Première profession : le 15 décembre 2001
* 22 septembre 2002 : Après six mois d’étude d’anglais à Londres, Gumo (Ghana), et après étude
de la langue dagbanli, jardin d’enfants et soutien scolaire
* Septembre-décembre 2006 : Juniorat à Rome
* 13 septembre 2008 : Vœux perpétuels au Bignon (Paroisse d’origine, dioc. de Nantes – France)
* Actuellement : Gumo, Ghana : Directrice de l’école primaire de Malshegu, près de Gumo
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Véronique Hégron |
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Quel symbole peut me dire aujourd’hui ? J’ai cherché et j’ai été conduite à m’arrêter sur un signe-clé du jour de mon engagement définitif : l’alliance. Je me sens liée, scellée, attachée à Jésus. Prisonnière ? Oh non ! J’ai aussi dessiné une rose : c’est une alliance d’amour, enracinée dans son alliance avec moi qui est sûre, depuis toujours et pour toujours. Je lui offre mon amour, ce que je suis, telle que je suis ; le trait est imparfait : c’est moi qui suis donnée, pas un idéal, donnée dans la confiance et la joie.
Comment ai-je connu les SMNDA ? Après avoir dit oui à l’appel du Christ qui m’invitait à lui donner toute ma vie et à servir mes frères et sœurs comme religieuse missionnaire – c’était dans une retraite d’élection - j’ai continué à cheminer pour concrétiser cette réponse. Mon accompagnatrice m’a remis un dépliant présentant différentes congrégations missionnaires, et j’en ai contacté plusieurs. J’ai découvert notre charisme et nos fondateurs à travers les rencontres avec Élisabeth Bellais, au cœur enthousiaste et à la passion contagieuse pour la mission!
Ce qui m’a fortement rejointe chez les SMNDA, c’est la vision du Cardinal Lavigerie : se faire tout à tous, quelles que soient nos différences ; c’est son engagement pour que soit respectée la dignité de tout être humain ; sa lutte à travers les frontières pour l’abolition de l’esclavage ; son œuvre d’amour au milieu des croyants de l’islam. C’est ce que je crois : chacun est aimé de Dieu et est un frère, une sœur en Lui. Je me sentais prête à partir vers un autre peuple, dans cette Afrique que j’aimais, pour me faire proche des gens en apprenant leur langue, leurs coutumes, vivre avec eux et leur manifester l’amour du Christ pour tous.
J’ai aussi été rejointe par les paroles de Mère Marie-Salomé : « Soyez des femmes de foi et de prière. » Oui, je désirais vivre par le Christ, Le dire par ma vie, qu’Il soit mon roc. J’étais aussi attirée par la vie en communauté internationale : être rassemblées de différents pays et cultures, mais unies par le même amour du Christ et de l’Afrique, et vivre entre nous en « étant vraiment des sœurs ». En rendant visite aux sœurs en Afrique, j’ai été confirmée dans ces attraits en voyant qu’ils étaient vraiment vécus.
Quel fut mon cheminement ? Envoyée à Gumo, après quelques mois d’études du dagbanli, je me suis peu à peu familiarisée avec l’apostolat à travers la responsabilité de notre petite école, où j’ai partagé mes compétences, appris à créer avec des riens, formé plusieurs postulantes et jeunes pour l’enseignement pré-élémentaire. J’ai aimé cette mission et le contact avec les parents. Les tout-petits m’ont beaucoup appris. A la rentrée scolaire 2007/2008, je les quittai pour l’école primaire de Malshegu, à 2 km de Gumo. On m’en a confié la direction. Victoria Gaa, Philomena Aruk et Justine Akampamya rejoignaient l’équipe enseignante, et les 3 premiers mois, Margreth Kibola était à mes côtés dans l’administration.
Cet été 2008, je suis rentrée en congé et, devant la communauté paroissiale de St-Gabriel sur Maine, au Bignon, j’ai eu la joie de dire mon « oui » pour toujours au Seigneur. Beaucoup de sœurs ont fait le déplacement depuis Paris, et de partout, j’ai reçu des messages de soutien ; j’ai senti cette communion pour la mission dans le charisme qui nous fait vivre ! Merci à chacune ! Je repars avec joie au Ghana.
Je désire appartenir à cette famille parce que je m’y sens et m’y sais vivre, parce que son charisme et le chemin que nous poursuivons ensemble rejoignent mon désir : vivre le toute à tous en me fondant sur le toute à Dieu, bâtir la communion, dans nos multiples différences et la vocation qui nous réunit, pour la mission. Mission sans cesse à réévaluer, réponse aux appels de notre temps, de l’Église, des peuples où nous sommes envoyées, mission qui est celle du Christ et que je suis appelée à poursuivre en lui, avec lui, pour que son Règne s’étende.
Les années de vœux temporaires, avec leurs joies, consolations, difficultés, m’ont fait grandir dans l’amour de notre charisme, découvrir la source vivante qui m’habite et l’infaillible fidélité du Christ. J’ai lutté avec ma recherche de perfection qui me laisse insatisfaite et j’ai appris la patience pour avancer sur le chemin libérant de la confiance qui m’ouvre, avec souvent tant d’émerveillement, aux dons de Dieu. « Si tu savais le don de Dieu et qui est Celui qui te parle… » Oui, j’apprends à le reconnaître et
j’en rends grâce. D’où le désir d’appartenir
totalement au Christ et à la Congrégation
pour poursuivre la route vers la Vie, la recevoir et la donner.
Mes rêves pour notre Congrégation sont liés à notre charisme : être initiatrices, partager ce que nous sommes, ce qui nous fait vivre pour que d’autres découvrent ce qu’ils sont, pour plus de dignité, plus de justice ; ‘être là’, ‘être avec’ dans les situations difficiles ; nous dire autant que possible, rayonner, pour que celles que le Seigneur appelle au don et à l’amour pour l’Afrique trouvent leur chemin de vie et s’y lancent avec audace et confiance, être inventive pour les accompagner ; vivre la communion dans nos communautés pour qu’elles soient témoins ; discerner les priorités dans nos insertions, nos engagements, les nouveaux appels ; à la suite du Cardinal, savoir voir loin et oser… et toujours : AIMER.
Véronique Hégron, française


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LA NATTE,
UN ESPACE POUR LA RENCONTRE
Zawadi Namakoma Barungu
Itinéraire:
* Août 1996 : expérience communauté à Bukavu (Congo)
* Septembre 1997 : Postulat à Bukavu Kadutu
* Août 1998-décembre 1999 : stage apostolique à Goma (Congo)
* Août 2000 : Noviciat à Ouagadougou (Burkina Faso)
15 décembre 2001: première profession
* Janvier 2002 : Alger Palmiers (Algérie)
* Septembre 2003 : El Goléa (Algérie)
* Février-juin 2007 : Etudes d'anglais à Nairobi (Kenya)
* Juin 2007-mai 2008 : Etudes doctrinales à Butare (Rwanda)
* Mai-Juillet 2008 : Juniorat à Nairobi South C (Kenya)
* 17 août 2008 : Profession perpétuelle à Bukavu Kadutu
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Zawadi Namakoma Barungu |
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Aujourd’hui, le symbole qui me paraît le meilleur pour ce que je vis, c’est une natte. La natte représente pour moi un lieu où j’approfondis ma relation avec Dieu, avec mes sœurs en communauté et avec les personnes que je suis appelée à rencontrer. Pourquoi une natte ? C’est d’abord l’espace où je rencontre Dieu dans le silence de ma prière, à la fois personnelle et communautaire. Ces temps de prière m’aideront à rencontrer les autres, à les aider à rencontrer Dieu, à l'aimer et à le suivre à leur tour. C’est aussi le lieu où, sans limiter l'espace de mon cœur, j’entends l’appel à la compassion envers toutes celles et ceux (ma sœur, mon frère) qui sont épuisés, fatigués, et auprès de qui j’apprends à leur manifester la tendresse de Dieu.
J’ai connu les SMNDA grâce à un petit livret édité par l’archidiocèse de Bukavu, qui présentait toutes les congrégations du diocèse. C’est le fait d’être exclusivement missionnaire qui m’a attirée dans notre famille religieuse, aller annoncer Jésus-Christ à ceux qui ne Le connaissent pas encore. Lorsque j’ai commencé ma route dans la Congrégation, en 1996, c’était quelques jours avant le début de la guerre au Congo… Par la suite, j’ai été envoyée à Goma, puis en Uganda pour apprendre l’anglais. Après mon premier engagement, à Ouagadougou, j’ai été envoyée en Algérie où j’ai commencé par une année d’études de l’arabe. Cet envoi répondait à mon aspiration intérieure, aller vers ces milliers d’Africains qui ne sont pas chrétiens, mais qui partagent avec nous quelque chose de l’Amour de Dieu, d’Abraham et de Jésus Christ.
En m’engageant définitivement dans notre famille religieuse, je m’engage aussi à mettre ma main dans la main de ce Maître et Ami pas comme les autres, désirant de tout mon cœur et pendant toute ma vie aller avec Lui, là où Il le voudra Lui-même, au service de ses sœurs et frères africains. Je désire partir chaque jour de cette natte, lieu de ma rencontre avec l’Autre, et d’où le Seigneur m’envoie vivre dans ma communauté où je donne ma part de vie, vivre aussi dans mon apostolat.
Mon rêve pour notre famille religieuse, que je rejoins maintenant définitivement, consiste à donner ma part en toute disponibilité, pour contribuer à sa longue vie, à sa mission, au rêve de Mère Marie-Salomé - « Soyez vraiment sœurs les unes pour les autres. » - pour que jamais rien ne nous divise. Que l’aspect d’internationalité et d’interculturalité demeure une réalité qui témoigne du règne de Dieu déjà là, dans notre monde divisé par la différence !
Zawadi Namakoma Barungu, congolaise


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« SOYEZ BONNES COMME DU BON PAIN »
(Mère Marie-Salomé)
Celina Natanek
Itinéraire
* 6 septembre 1996 : Candidate à Lublin (Pologne) y compris un stage d’anglais en Angleterre.
* 10 août 1998 : Postulat à Arusha (Tanzanie), puis à Nairobi (Kenya)
* Septembre – octobre 1999 : Stage apostolique à Mbeya (Tanzanie)
* Septembre 2000 : Noviciat à Arusha. Première profession : 6 janvier 2002
* 9 janvier 2002 : Mwanga (Tanzanie)
* Janvier 2004 : Lublin, animation missionnaire et vocationnelle
* Novembre 2007 - avril 2008 : Étude du français à Paris Gay-Lussac
* 1er mai - 24 juillet 2008 : Juniorat à Rome
* 7 septembre 2008 : Vœux perpétuels à Tarnawa (Paroisse d’origine en Pologne)
* Actuellement à Lublin pour A.M.V.
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Celina Natanek |
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« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, à la plus grande gloire de Dieu, moi Celina Natanek, je fais vœu de suivre le Christ dans l’obéissance, la pauvreté et la chasteté (…) pour l’annonce de son Règne en Afrique. » C’est ainsi que j’ai formulé mon engagement final comme SMNDA. La cérémonie a eu lieu le 7 septembre 2008, à Tarnawa (Cracovie), ma paroisse d’origine où j’ai été baptisée et où j’ai fait ma première communion, aux racines de ma vocation missionnaire. La paroisse, ma famille et de nombreux amis s’engagèrent dans la préparation de la fête. Sr Piluca Benavente, Sr Gertrud Glotzbach, la communauté de Lublin, Sr Agnès Nouyrigat, de France, dix jeunes femmes et quelques amis étaient déjà arrivés la veille à Tarnawa.
Le samedi soir, nos postulantes et candidates avaient préparé une veillée de prière pour remercier Dieu pour mon appel, mes parents et grands-parents, de m’avoir appris à entendre l’appel du Christ. Ce fut aussi l’occasion de présenter notre Congrégation. La prière se termina avec une danse de la lumière, exécutée par mes neveux et nièces, le plus jeune ayant 5 ans.
Le lendemain, avec mes parents, nous sommes allés à l’église, accompagnés par un groupe de petites filles en habit traditionnel, portant une guirlande tressée de feuilles de chêne, selon la tradition polonaise. Puis mes parents ont allumé un cierge bien décoré au cierge pascal et me l’ont remis, pour me rappeler que la vie religieuse est une suite du baptême. Auparavant, j’avais évoqué en quelques mots expressifs mon itinéraire de foi et la motivation de mon choix pour les SMNDA.
Il y avait beaucoup de prêtres diocésains dont un Tanzanien, le P. Paterni Patrik Mangi, qui témoigna du travail de nos sœurs en Tanzanie. Sa présence a été très appréciée par les personnes réunies pour la fête. D’autres prêtres amis, diocésains et de diverses congrégations, étaient présents. Après la célébration de l’Eucharistie, à l’entrée de l’école où avait lieu le repas de fête, Piluca et Gertrud m’ont accueillie avec du sel et une miche de pain, symboles de bonté et de vie.
« Être aussi bonne que du pain… Être tout à tous » : tel a été depuis longtemps, mon désir profond. Dans ma jeunesse, je désirais servir Dieu dans Son peuple. Mais l’aspect missionnaire de cet appel est né durant des pèlerinages à Czestochowa, capitale spirituelle de la Pologne, et en lisant diverses revues missionnaires. Je cherchais une congrégation missionnaire où je pourrais franchir l’horizon pour proclamer l’amour de Dieu pour tous.
C’est justement à Czestochowa que j’ai rencontré une de nos sœurs, Dolorès Lavoie, et c’est alors qu’a commencé mon parcours avec les SMNDA. Dès le début, ce qui m’a frappée, c’est la simplicité des sœurs, leur proximité des personnes alentour et leur amour pour le peuple avec qui elles vivaient et travaillaient en Afrique pour la Mission. Leur amour pour l’Afrique était contagieux, et j’ai pu voir combien de jeunes se sont ouverts au monde grâce à elles et à leur vision positive de la réalité. Trois ans après ma première rencontre avec la Congrégation, j’ai demandé de rejoindre la communauté de Lublin et j’ai été admise.
En Pologne, au milieu de mon peuple, j’ai pu partager ce à quoi je tiens le plus : le parcours de Dieu avec moi et mon parcours avec le peuple africain en tant que SMNDA. C’est là une expérience d’approfondissement de ma vocation missionnaire. L’expérience de l’Afrique et de l’Europe m’a aidée à voir plus largement la réalité de notre famille SMNDA, de l’Afrique et de moi-même. En toutes circonstances, je sens Dieu marcher avec moi. Je vois sa belle œuvre en moi et à travers moi. Je ne peux faire autrement que de demeurer avec Lui pour toujours. Les vœux, renoncer à moi-même, me rendent libre pour servir. Ayant été acceptée par les Supérieures, j’ai décidé de faire mes vœux perpétuels dans notre famille SMNDA parce que Dieu en qui j’ai mis ma confiance a marché avec moi dans toutes les années passées,
me rendant de plus en plus ouverte et libre, me remplissant d’une joie profonde et du désir d’être à Son service pour l’Afrique.
Je souhaite pour nous toutes, SMNDA, la vision de notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie, et l’amour passionné pour le Christ et Sa mission qu’avait Mère Marie-Salomé. Vision et amour qui nous poussent à faire l’impossible, de telle sorte que de nombreuses jeunes femmes puissent être attirées au milieu de nous, par l’Esprit et par notre zèle pour la Mission.
Celina Natanek, polonaise


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L’ENGAGEMENT DE LUCILE HABIMANA NZIGIRE
Itinéraire
* Septembre 1995 : Goma (R.D. Congo)
* 18 août 1996 : Postulat à Bukavu (R.D. Congo),
Kisubi
(Ouganda), Ouagadougou (Burkina Faso)
* Juillet 1997-juin 1998 : Stage apostolique à Ouagadougou
* Septembre 1998 : Noviciat à Ouagadougou.
Première profession
25 mars 2000
* Avril 2000 : Bukavu
* Août 2000 : Etudes en kinésithérapie à Goma
* Octobre 2004 : Ouagadougou
* Octobere 2007-Mars 2008 : Etudes d"anglais à Tamale (Ghana)
* Avril-juillet 2008 : Juniorat à Rome
* 17 août 2008 : Profession perpétuelle à Bukavu Kadutu
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Lucile Habimana Nzigire
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La vie se partage
L’HÉRITAGE D’UNE SMNDA
Lorsque j’ai invité mes « parents adoptifs », M. Terry et Mme Andrea Reeves, je ne pensais pas qu’ils pourraient m’offrir une chose si exceptionnelle et particulièrement précieuse à M. Reeves.
Le rêve a commencé à se réaliser quand j’ai appris qu’ils allaient venir me voir à Rome à la fin de mon juniorat. J’aspirais à ce moment de grâce : pouvoir rencontrer ce couple qui avait été si généreux, en pourvoyant en partie à mes études secondaires et à ma formation à la vie religieuse et à la mission. Avant de me connaître personnellement, c’est par l’entremise de Sr Laura Fernandez qu’ils m’ont ouvert leur cœur et leurs bras pour m’aider. J’en avais besoin à mon retour au Mozambique, après avoir passé sept ans au Malawi comme réfugiée. Était-ce par hasard ? Qu’est-ce qui les a rendus si généreux pour une étrangère ? Qui a mis dans leur cœur un tel amour ? Pourquoi l’Afrique et son peuple leur sont-ils si chers ?
Je ne peux pas l’expliquer, mais je suis sûre d’une chose, : c’est Dieu lui-même qui a permis que tout cela arrive. Je l’ai ressenti aussi lorsque Dieu a mis en mon cœur le désir de devenir missionnaire, sachant que je rencontrerais beaucoup d’obstacles. Au même moment, Il a frappé à leur porte, et, heureusement, ils lui ont ouvert pour qu’Il entre et fasse de nous « une famille ».
A sa manière, Dieu a permis que nous nous rencontrions à Rome, du 24 au 28 juillet 2008. Ce fut très court, mais très riche, plein d’émotions, de rire et de partage. Pour moi, le soir du samedi 26 juillet a été le point culminant ! Une soirée historique ! J’ai été remplie d’émotion quand M. Reeves, en présence des Srs Laura Fernandez, Pierrette Coudé, Hildegunde Schmidt et, bien sûr, de son épouse Andréa, m’a remis un objet qui lui était très cher, quelque chose qu’il avait reçu d’une de nos sœurs, Claire Desrochers, peu de jours avant qu’elle ne s’en aille chez le Seigneur. Qu’elle demeure en paix ! C’était une croix qu’elle avait emportée avec elle au cours de ses nombreux voyages en Afrique et ailleurs, pendant sa vie missionnaire. M. Reeves l’avait toujours gardée très précieusement jusqu’à ce qu’il sente que le bon moment était venu de la remettre à sa « fille adoptive d’Afrique », Hortência.
Je me suis sentie si touchée, si petite, d’avoir été choisie pour recevoir de lui cette CROIX si extraordinaire. Le fait que cette croix vienne de Rome et qu’elle me soit offerte à notre Maison générale à Rome, cette croix qui venait d’une SMNDA et qui m’était offerte, à moi, SMNDA, alors que je préparais mes vœux perpétuels, cela me fit percevoir la profondeur de mes racines dans cette famille SMNDA, soutenue dans ma vie aussi bien terrestre que future.

En plus de la notice biographique de Sr Claire Desrochers, M. Reeves m’a offert quelques articles sur une autre grande dame, Sr Lesley Bangham, infirmière de « l’Armée de l’Église » (anglicane), qui a vécu beaucoup d’événements pendant ses 28 années de fidèle service en Afrique : du bon, du mauvais et parfois du terrifiant. Dans un article, Mme Reeves a parlé de Sr Lesley comme d’une « femme de foi ». Je me suis sentie privilégiée d’avoir de tels exemples et provoquée à les suivre en agissant de même dans ma vie de SMNDA. Je prie pour que, dans les moments de difficultés et de découragement, je puisse tenir dans la foi et demeurer dans l’amour de Dieu comme ces deux femmes ; que je puisse laisser Dieu faire des merveilles de ma vie, à travers les simples réalités quotidiennes, partout où je serai et pour tout ce qu’Il me rendra capable de faire.
Oui ! Quelle bonne manière de terminer le juniorat ! Que Dieu soit béni pour toutes les merveilles qu’Il réalise dans ma vie ! Je sens qu’il a déjà répondu au centuple à ma promptitude docile à placer ma vie entre Ses mains en devenant SMNDA. Que je puisse progresser pour permettre au rêve du Cardinal Lavigerie de se réaliser :
« Les missionnaires devront être surtout des initiateurs, mais l’œuvre durable doit être accomplie par les Africains eux-mêmes, devenus chrétiens et apôtres. » (1874, dans I. M., p. 250)
Hortência Sizalande Felipe, mozambicaine


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Mon histoire d’amour avec l'Afrique
Terry Reeves
Elle a commencé en 1965, quand j’ai atterri à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, comme volontaire du « Service Volontaire d’Outre-mer ». Mon histoire d’amour avec les SMNDA date de 1978, quand j‘ai rencontré les sœurs pour la première fois à Mlale, près de l’Université d’agriculture de Bunda, au sud de Lilongwe (Malawi). A l’époque, les sœurs Geneviève Samson, Laura Fernandez, Anny Neujis et Irena étaient au service de la mission de Mlale. Je dirigeais la ferme de l’Université à Bunda. Ann, mon épouse d’alors, allait aider Laura dans l’enseignement de la couture aux femmes. Malheureusement, Ann est tombée malade et, fin 1978, elle a dû retourner au Royaume-Uni avec nos deux enfants. Je suis resté encore une année au Malawi, pour arriver au terme de mon contrat. C’est pendant cette année, que j’ai mieux connu et apprécié le soutien et l’amitié des SMNDA.
Au cours d’une de mes visites à Mlale pour assister à la messe et avoir la joie d’un repas et d’une conversation avec les sœurs, j’ai rencontré Sr Claire Desrochers, canadienne. Elle était très malade. Au début, elle était trop faible pour parler. Au cours des semaines, elle devint plus forte grâce aux bons soins de toutes les sœurs. Un jour que j’étais auprès d’elle, elle me dit qu’elle n’avait vraiment aucun appétit et que son plus grand désir serait d’avoir du poisson. Mais à Mlale, c’était impossible, car on était trop loin de la ville ou du lac. Je lui appris que, au collège, nous élevions du poisson pour montrer comment y trouver une source de protéines. Je pourrais lui apporter un choix de trois sortes de poisson. Par la suite, chaque jour, je lui apportais du poisson frais : ce qui lui redonna des forces. Arriva le jour où elle parut assez forte pour faire le voyage de retour au Canada. Claire disait toujours : « Vous m’avez sauvé la vie avec votre poisson ! »
C’était si triste de voir Claire repartir ! Mais elle faisait toujours bonne figure, et seule sa sagesse intérieure m’était perceptible. Quand en 1979, elle quitta l’Afrique pour le Canada, nous échangeâmes nos adresses. Il ne se passa pas beaucoup de temps avant que je ne reçoive une lettre d’elle. Ce serait la première des nombreuses lettres que je recevrais d’elle jusqu’à la fin de sa vie.
En août 1979, je suis retourné au pays, auprès d’Ann, ma femme malade, et de mes deux enfants, Lynda et Paul (7 et 9 ans). Tout au long des jours sombres et difficiles qui suivirent, Claire me restait toujours présente grâce à ses lettres, spécialement lorsque Ann mourut chez nous à Yorkshire, le 7 octobre 1981.
Entre mon travail et le traumatisme de la vie quotidienne qui s’ensuivit, je n’avais pas toujours le temps de répondre aux lettres régulières de Claire. Si dans les trois semaines qui suivaient, je n’avais pas répondu, elle écrivait de nouveau et insistait pour que je lui écrive immédiatement. Bien sûr, je le faisais. Notre correspondance a continué ainsi pendant 14 ans. Elle connaissait tout de moi, mes espoirs, mes rêves, mes peines, la plaie de mon cœur, mes joies… Après quelques années, elle m’encouragea à me chercher une nouvelle compagne, quelqu’un à aimer, avec qui partager. Elle voulait que je trouve quelqu’un et que je lui parle de celle que je rencontrerais. Elle me dirait franchement ce qu’elle en pensait.
Si souvent, Claire me disait son espoir de me voir aller au Canada pour la revoir ! Mais le moment ne se présentait jamais pour un tel voyage. En novembre 1987, j’ai rencontré Andrea, et c’est avec l’entière approbation de Claire, que nous nous sommes mariés en juillet 1988. En 1993, notre rêve s’est réalisé lorsque, Andrea et moi, nous sommes allés voir Claire à Sillery (Québec). Nous allions nous retrouver après 14 années de correspondance. Malgré la maladie de Parkinson dont elle souffrait alors, Claire vint à notre rencontre à la station du bus. Ce fut une rencontre merveilleuse. Pour la première fois, elle pouvait enfin voir Andrea. Nous étions tous tellement heureux que l’année suivante, nous sommes retournés à Sillery pour voir Claire. Ce fut notre dernière rencontre.
Chaque année, nous ouvrions notre jardin pour des repas et des thés afin de récolter des fonds que nous envoyions à Sr Laura au Malawi, afin qu’elle les redistribue comme elle le jugerait bon. Une partie des 15.000 £ rassemblés au long des années fut remise à Mère Louisa pour les orphelins de Dedza. Le reste servit à financer en partie l’éducation et la formation d’Hortência, réfugiée mozambicaine, qui, grâce à l’exemple de Sr Laura, avait exprimé le désir de devenir SMNDA.
Notre correspondance avec Sr Claire a continué jusqu’à la fin. Quelques jours avant sa mort, le 18 janvier 1997, nous avons reçu d’elle, un colis contenant une croix en cristal pour Andrea et une autre en métal pour moi. Claire l’avait achetée aux Catacombes à Rome, quand elle était jeune sœur. Le colis contenait également une carte faite à la main avec ces mots : « Voici une croix des catacombes que j’ai emportée avec moi partout où je suis allée, sans oublier mes différents voyages à travers l’Afrique où j’ai croisé vos pas. Que cette croix vous rappelle ma profonde affection ! Elle est un peu lourde, comme toutes les croix, n’est-ce pas ? Je sais que vous saurez quoi en faire. Cher Terry, vous savez combien je vous ai toujours aimé, ainsi que votre famille. Soyez sûr que toujours, toujours, je vous garderai dans mon affection et ma prière. - Sr Claire. »
Cette croix venant d’une telle amie, je l’ai reçue avec grande humilité et je l’ai précieusement gardée. Au cours des années, je l’ai aussi emportée dans tous mes voyages en Afrique. ELLE A UNE TELLE VALEUR POUR MOI !
Pendant tout ce temps, notre collecte alimentait le fonds nécessaire pour l’éducation et la formation d’Hortência avec laquelle, en passant par Sr Laura, nous avons gardé contact par correspondance. Hortência a veillé à nous tenir informés et au long des années, notre amour et notre admiration pour elle ont grandi. Nous l’avons suivie avec grand intérêt pendant son noviciat et jusqu’à ce jour, alors qu’elle va faire ses derniers vœux. Nous avons rencontré ses parents en 2000, alors que nous passions quelques jours à Dedza. Ils avaient marché des milles pour venir nous voir, apportant tellement de cadeaux… Nous nous sentions si petits !
Hortência nous a invités à assister à ses vœux perpétuels ou à venir la rencontrer à la Maison générale de Rome. Nous avons décidé d’aller à Rome où nous avons passé cinq jours délicieux avec elle et les autres sœurs qui nous ont si bien accueillis. Avant de partir pour Rome, j’avais décidé qu’il était temps de faire ce que Sr Claire m’avait recommandé en me donnant la croix des catacombes : « Vous saurez quoi en faire. » Il me fallait offrir la croix de Claire à Hortência : beaucoup mieux pourvue que moi, elle était la seule à pouvoir la porter.
Ainsi, réunis autour d’une petite table de la salle à manger des sœurs à Rome, j’ai raconté cette histoire à Hortência et à quelques-unes de ses sœurs. Puis, je lui ai remis la croix avec la carte que Claire m’avait donnée. Nous savons qu’elle est assez forte et courageuse pour la porter. C’est une jeune sœur de valeur, remplie d’amour pour le peuple d’Afrique, de foi et de sens du service. Personne ne peut réaliser mieux qu’elle les objectifs des SMNDA et de la chère Sr Claire Desrochers.
Terry Reeves, 30 juillet 2008


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RENAÎTRE À NOTRE ÂGE ?
« Comment peut-on naître quand on est déjà vieux ? Je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu » (Jn 3,4-5).
Nouvelle naissance. Tout un art que de bien vieillir ! Cette session nous a invitées à la vie nouvelle dans l’Esprit par la relecture et l’accueil de notre passé et de notre présent, à travers son fil d'or et son fil rouge. Émerveillement et joie de l’action de Dieu en chacune. Nous y avons redécouvert la source, tantôt cachée, tantôt jaillissante, Dieu lui-même en nous et en chacune de ses créatures.
En communauté internationale pour ces trois semaines, nous avons aussi partagé et dit merci à Dieu pour les joies et les peines d’une vie missionnaire déjà longue. Nous avons vécu des moments forts : la rencontre avec nos sœurs du Conseil général, la visite des lieux nous reliant au Cardinal, où nous avons rappelé ses intuitions qui nous interpellent encore : la libération de tout esclavage, l’attention portée à la femme, le tout à tous... ; la visite chez nos frères de la Maison généralice qui nous ont ouvert leurs trésors dans un très fraternel accueil.
Notre merci va à notre accompagnatrice, Patricia Massart, à nos sœurs de la communauté de Rome et aux autres animateurs, spécialement notre frère Otmar Strzoda, MAfr, tous si disponibles et bienveillants.
L’avenir ? Il est entre les mains de Dieu qui nous offre son amour et continue de nous appeler chacune par notre nom. A nous de le vivre en privilégiant l’être sur le faire, en accueillant le moment présent comme un cadeau !
Les sœurs de la session des « 60-75 »,
Rome, 2-22 octobre 2008


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RÉUNION DE LA FAMILLE LAVIGERIE, Marseille, 8 novembre 2008
Thème : Le cardinal Lavigerie et sa spiritualité missionnaire. Comment cela concerne-t-il les laïques missionnaires ?
Nous avons eu trois intervenants : le matin, le P. Gérard Demeerseman a retracé la vie du Cardinal en nous montrant comment sa vocation missionnaire a évolué et mûri au cours du temps. L’Eucharistie a repris ces thèmes, avec la lecture, « Je me suis fait tout à tous », et l’Évangile de l’envoi des 72 disciples.
L’après-midi, Geneviève Delucenay, SMNDA venue de Lyon, a retracé quelques aspects de la vie du Cardinal, et Mme Jeanne Thérèse Fenouil nous a présenté quelques autres aspects de la vie du Cardinal, en nous parlant de la sainteté et de la mission.
Nous avons eu une évaluation très riche. Pour notre prochaine rencontre, le 25 avril 2009, nous prendrons le document vert – le Programme Lavigerie - envoyé par la Congrégation, pour les sœurs et les laïques missionnaires : la Lettre d’introduction et le dossier n° 1, « Enracinées dans la Trinité pour la mission ».
Le groupe commence à se prendre vraiment en main en se donnant une responsable, Chantal Mullard, et une secrétaire, Jeanne Thérèse Fenouil, et moi-même, Danièle Follain étant conseillère du groupe.
Danièle Follain, Marseille


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Savez-vous que ?
PREMIER SÉMINAIRE CATHOLICO-MUSULMAN
À ROME (4-6 novembre 2008)
Voici un extrait de la déclaration finale de ce séminaire.
« L’égalité homme-femme, la liberté religieuse, un système financier éthique, le refus de toute violence ou terrorisme au nom de la religion, ce sont quelques-uns des points auxquels souscrivent les membres du Premier séminaire catholico-musulman qui s’est achevé aujourd’hui
à Rome.
Le Forum catholico-musulman a été formé par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et par une délégation de 138 signataires musulmans d’une Lettre ouverte appelée Une parole commune (…)
> Vingt-quatre participants et cinq experts de chaque religion ont participé à la rencontre.
> Le thème du séminaire était AMOUR DE DIEU, AMOUR DU PROCHAIN.
> La discussion (…) s’est concentrée sur deux grands thèmes : Fondements théologiques et spirituels et Dignité humaine et Respect mutuel.
> Des points de ressemblance et de divergences ont émergé, réfléchissant le génie spécifique et distinctif des deux religions (…)
Nous nous sommes mis d’accord pour explorer la possibilité d’établir un comité catholico-musulman permanent pour coordonner les réponses aux conflits et aux autres situations d’urgence et d’organiser un second séminaire dans un pays à majorité musulmane, encore à déterminer. Nous prévoyons le second séminaire du forum (…) pour dans deux ans environ (…)
A la fin du séminaire, Sa sainteté le Pape Benoît XVI a reçu les participants (…) Toutes les personnes présentes ont exprimé leur satisfaction pour les résultats du séminaire et leurs attentes d’un dialogue ultérieur productif. »


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Partage Trentaprile est publié 5 fois par an par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique,
Viale Trenta Aprile, 15 - 00153 Rome, Italy -
Courriel: l.pruvost@smnda.org; pruvostlucie@hotmail.com
Comité de rédaction: Chantal Vankalck (G.C.), Lucie Pruvost (Editrice), Madeleine Bédard (mise en page et impression), Hildegunde Schmidt (archiviste) - Traductions: Claire Bélanger - Doris Gastonguay – Mr. A.C. Robb - Expédition: Nicole Robion
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