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Lettre de
nouvelles des
Sœurs Missionnaires de Notre Dame
d'Afrique
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« SOUS L’INSPIRATION DE LAVIGERIE »

n° 5 Décembre 2009
 
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Sommaire

Vœux du Conseil général

Editorial: Lucie Pruvost

« SOUS L’INSPIRATION DE LAVIGERIE »    

1. Un défi pour la mission, Communautés de Boxtel Région  et  Molenhof
2. Sur les pas de Lavigerie,vivre pleinement le don de Dieu, Communauté de Bukavu
3. Envoyées porter la Bonne Nouvelle, Communauté de Cartierville (4C)
4. Un appel à réfléchir sur notre mission aujourd’hui, Communauté de Paris Gay-Lussac
5. Un renouveau pour notre consécration à la mission, Communauté de Boxtel Molenwiek
6. Dans l’esprit de Lavigerie,une passion pour l’Afrique, María Francisca Reche (Paquita)


La vie se partage

Bénédiction d’une icône : Mère Marie-Salomé, Hildegunde Schmidt et Juliette Christiaens
Rencontre des accompagnatrices, Gratienne Ndizeye

Promenade à travers les archives

Conçues et nées d’un rêve (Histoire des Origines)

Equipe de rédaction

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Vœux du Conseil général      

Un enfant confia un jour à sa tante : « Avant de m’endormir, maman me caresse le visage doucement du bout des doigts. On dirait qu’elle continue de me dessiner comme si je n’étais pas terminé ! » L’Avent, c’est cela : nous sommes le Corps du Christ en devenir, et le Créateur n’en finit pas d’en dessiner les contours. Avec un amour infini. Et cela éveille en nous un profond désir de contempler ce qui va naître et ce que ça va donner. Il est donc grand temps de rêver - au sens où ‘’rêver’’ signifie ‘’désirer ardemment ce qui s’annonce’’.

      Mettons-nous à l’école d’Isaïe (11,6 et ss.) C’est un prophète, et son rôle consiste à regarder dans le cœur de Dieu. Et que voit-il ? D’abord un grand rassemblement de tous les peuples, races et cultures, qui se respectent les uns les autres dans leur diversité et qui appellent tous Dieu par le même nom. Et puis, il voit des tanks et des canons qui se transforment en charpentes de toiture pour les sans-abri, des avions B-52 qui vont au Sahel porter des matériaux pour forer des puits, lutter contre la sécheresse.

      À ce moment-là, Isaïe voit Dieu lui-même et une colombe se poser sur son ordinateur, un brin d’olivier dans le bec - et ce brin d’olivier était plein de bourgeons ne demandant qu’à fleurir. Alors Dieu s’installa devant son écran et lança sur Internet son message de Vie, de Paix, d’Amour. 

Shalom, dit-Il, Salaam Aleikum !
Je vous laisse la paix. Je vous donne ma paix.
Tant que je verrai des hommes et des femmes cultiver leurs lopins de terre sans pesticides par respect pour ma création,… je ferai fleurir les lys des champs et chanter les oiseaux du ciel.
Tant que je verrai un enfant s’asseoir à côté d’un autre enfant en larmes et accablé par la tristesse, simplement en lui tendant son jouet, … je changerai l’eau en vin et multiplierai le pain.
Tant que je verrai un gardien de prison faire couler de l’humain dans de l’inhumain et permettre à la vie de visiter la mort,… je briserai le fouet du chef de corvée et je renverserai les machines de torture.
Tant que je verrai des parents accueillir dans leur foyer l’assassin de leur propre fille, lui dire une parole qui guérit et réconcilie, et ainsi offrir leur pardon à celui qui leur a fait du tort, pour l’aider à se libérer du poids de son crime et du mal qui l'habite,… je vous enverrai mon Fils couché dans la mangeoire de l’Eucharistie.
Déjà, de petites fleurs se formaient sur le brin d’olivier tenu par la colombe. Alors, sans hésiter, Dieu ouvrit la fenêtre du monde et lâcha la colombe, qui s’empressa d’aller porter cette Bonne Nouvelle pour faire fleurir les quatre coins de l’univers. Et Dieu vit que cela était vraiment très bon. Et, - c’était plus fort que lui - se souvenant qu’un jour il avait crié : « Terre ! » et la terre fut ; il s’écria : « Noël ! »… car Dieu savait que, grâce à nous, ce serait Noël tous les jours.

      Que cet Avent nous fasse rêver tout éveillées et désirer ardemment ce qui s’annonce : la création réconciliée où « Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et le bétail qu'on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits, un même gîte; et le lion comme le bœuf mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic, ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent » (Is 11,6-9).


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Editorial

Le 28 octobre dernier s’est terminée la Deuxième Assemblée pour l’Afrique du Synode des Évêques, qui avait pour thème « L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ». Au dernier jour de leur rencontre, les évêques ont rendu public un message-programme dans lequel notre charisme pour l’Afrique s’inscrit sans aucune difficulté. Sur le plan de la justice, nous pouvons relever notamment la place donnée aux femmes. En effet, les Églises locales sont appelées à « reconnaître et promouvoir (leur) contribution non seulement au foyer comme épouses et mères, mais aussi dans la sphère sociale et mettre sur pied des structures concrètes en vue de réaliser leur participation aux niveaux adéquats. » Ce qui correspond à leur donner un véritable pouvoir de décision au sein des Églises locales. Quant à la réconciliation, l’appel est clair en vue « d’une collaboration plus intense avec les frères et sœurs des autres traditions chrétiennes » et « de plus de dialogue et de coopération avec les musulmans et les adeptes des religions traditionnelles. » Ces projets relevés parmi d’autres font plus que rappeler « les objectifs du millénaire pour le développement ». Élaborés en l’an 2000 pour être réalisés en 2015, ceux-ci n’ont pas vraiment atteint leur but, comme ont pu le constater les membres du Synode, rejoignant en cela les constatations et statistiques de la communauté internationale.

      Il est bon d’évoquer cet événement du Synode auquel ont participé de nombreux évêques du continent africain, non seulement parce qu’il nous concerne toutes, mais aussi parce que ses travaux évoquent les combats menés par notre Fondateur pour établir le Règne de Dieu en Afrique. Avec le Programme Lavigerie, le Chapitre de 2005 ne nous a-t-il pas replongées dans une relecture de son message pour aujourd’hui ? C’est bien ce dont témoignent les communautés de nos trois provinces qui ont bien voulu répondre à la demande du Comité de rédaction de Partage Trentaprile pour ce dernier numéro de l’année. Leurs réponses constituent le « Dossier » de ce numéro. Vous en jugerez vous-mêmes déjà en parcourant le sommaire. Ces textes, qu’ils arrivent du Congo, du Canada, des Pays-Bas, d’Espagne ou de France, expriment comment chacune des communautés, Boxtel Molenhof et Boxtel Molenwiek, Bukavu, Cartierville et Paris Gay-Lussac ont voulu vivre effectivement ce Programme. S’y ajoute une réflexion de Francisca (Paquita) Reche Reche qui, à l’occasion de son jubilé d’or, a longuement réfléchi sur son engagement dans l’esprit de Lavigerie.

      Une brève « Promenade à travers les archives » nous remet en mémoire le « rêve » de notre Fondateur. Son courage et sa créativité au service du Seigneur ont permis d’offrir à l’Afrique nos deux Instituts consacrés à ce continent et dont les membres, Sœurs, Pères et Frères, sont « voués à l’évangélisation des peuples africains pour qu’ils connaissent le Christ et l’annoncent à leur tour », tout en portant « une attention spéciale aux croyants de l’Islam » (Const. n° 2 et 18).

      Bien des événements importants ont marqué ces derniers mois, comme le rapportent deux textes de « La vie se partage ». Le premier est relativement ancien : la « Rencontre des accompagnatrices » qui s’est déroulée à Nairobi du 27 avril au 2 mai dernier. Le second est plus récent, mais il évoque un événement de famille dont vous aurez déjà eu quelques échos par les sœurs qui ont participé à l’Assemblée plénière d’octobre : la « Bénédiction de l’icône de Mère Marie-Salomé », peinte dans la prière par notre sœur Juliette Christiaens d’Anterwerpen, qui y a mis tout son art et son amour.  Comme de coutume, vous trouverez les diverses communications tant du Conseil général que du secrétariat général, qui vous permettront de tenir à jour vos différents documents.

      Vous recevrez ce dernier numéro de l’année pendant l’Avent. Un beau moment pour joindre aux vœux du Conseil général, ceux de l’ensemble du Comité de rédaction de Partage Trentaprile. Les vœux du C.G. sont déjà à eux seuls, une bonne orientation de lecture pour une nouvelle année encore et toujours au service de l’Afrique.                                                                            

Lucie Pruvost

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« SOUS L’INSPIRATION DE LAVIGERIE »    

UN DÉFI POUR LA MISSION

Parcours suivi
Après avoir reçu les documents du Programme Lavigerie, nous avons commencé par les lire personnellement en prenant quelques notes. Puis nous les avons lus ensemble en communauté en partageant ce qui nous avait le plus touchées. Nous les avons utilisés à l’occasion de la retraite du mois. Nous nous sommes rendu compte qu’il fallait les mettre en relation avec les Actes Capitulaires (A. C.) et les Constitutions et qu’ils se complétaient les uns les autres. Nous les avons donc utilisés côte à côte. Nous avons senti que le Programme Lavigerie répondait au défi dans la ligne de la mission, comme cela a été confirmé par les A. C. 2005. Pour nous, c’est devenu une suite de la réflexion sur la mission dans son contexte actuel, un point qui était déjà mentionné dans les A. C. de 1999 : Nous vivons cette vocation dans le monde d’aujourd’hui avec toute sa spécificité. C’est souvent devenu un partage en profondeur. Ainsi, pendant la lecture du premier dossier qui nous a amenées à partager sur notre vocation et à réaliser avec gratitude combien magnifique avait été l’appel de Dieu à chacune de nous reçu de différentes manières.

Des trésors redécouverts
Nous avons été particulièrement soutenues par le fait que le Programme Lavigerie renvoie aux Constitutions et A. C. des 20 dernières années. En les lisant et en partageant à leur sujet, nous avons redécouvert les trésors cachés dans ces documents. Nous avons de nouveau été animées par l’esprit et le style de la mission des A. C. de 1993 : « Notre caractéristique propre est d’aller vers les gens pour les rencontrer là où ils sont ». Nous avons compris que c’est tout aussi vrai pour nous dans nos relations avec les immigrants, surtout musulmans, les sans-domicile et les réfugiés. Nos expériences en Afrique nous aident à vivre ces attitudes ici aussi aux Pays-Bas.

      Nous nous sommes également trouvées à l’aise avec le texte des A. C. de 1987 : « Nous sentons dans la Congrégation des points forts : la volonté de service est grande ; l’amour de l’Afrique est général ; le dynamisme de nos sœurs âgées est vivifiant » (n° 6),  puisque cela reste notre mission où que nous soyons. Les A. C. de 2005 confirment le n° 13 de nos Constitutions : « Notre mission est UNE, où que nous soyons. Par le fait de notre appartenance à un même corps, toute obédience est envoi, et tout service, mission en vue de l’Afrique. » Nous avons perçu que ce thème se retrouvait dans les A. C. : « La mission est la raison d’être de notre existence en tant que Congrégation. » Cela est et demeure une forte ligne de vie pour nous.

      Un autre texte nous a impressionnées : « La source de la mission est au cœur de la Trinité. Elle est liée à l’appel que le Seigneur nous a adressé et non pas seulement à un lieu géographique. » Son lien avec la spiritualité ignatienne fut une redécouverte importante et un aide-mémoire : un Dieu qui se communique lui-même et entre en dialogue. Le Père a envoyé son Fils, le Fils nous a envoyées à travers son Église. Être envoyée est au cœur de notre mission…
Nouvel éclairage
      Voici quelques passages qui ont nous ont éclairées sur notre être missionnaire. Dans Le Puits « Défis actuels à la mission ad gentes », le passage sur les changements dans la théologie de la mission. La mission y est vue comme se rapportant à l’Église toute entière, en tant qu’action de la Sainte Trinité à travers le monde et l’importance donnée au dialogue avec les autres traditions religieuses et au respect pour elles. D’où le besoin d’inculturation et de compréhension mutuelle en vue de créer un engagement de confiance permettant de coopérer à la construction d’un monde meilleur.

      Des passages sur « La globalisation et ses conséquences » nous ont montré que la promotion humaine, la justice sociale et la défense des droits humains sont une part intégrante de la mission. De même, nous avons pris conscience de l’importance de l’accompagnement pour que cette vision remplace celle d’une mission vue comme une expansion et une conquête. Ce qui  a confirmé notre réflexion sur la mission au cours des vingt dernières années.

      Voici quelques citations tirées de ce Puits : « La spiritualité missionnaire, c’est marcher sur les deux pieds de l’amour » ; « Vous devez être mystiques et missionnaires » ; « Le désir de Dieu rencontre notre désir. C’est la faille par laquelle Dieu entre » ; « Trouver Dieu en toutes choses » ; « Nous nous appartenons les uns aux autres dans le Christ. »

      Et dans Le Puits d’avril 2009 « Migration et nouveaux esclavages », nous avons été mises en face des nouvelles formes d’esclavages de notre temps, comme les migrations, la prostitution, les enfants soldats et les enfants de la rue, le VIH et  le SIDA. Travailler pour la prévention et faire pression pour susciter une plus grande attention nous fait discerner que nous entrons dans les pas du Cardinal Lavigerie qui a tellement lutté contre l’esclavage en son temps.

Des sœurs précisent
- Être enracinée dans la Trinité est devenu important dans ma vie missionnaire. Comme Mère Marie-Salomé avait l’habitude de dire : « Cela nous soutient en toutes circonstances. »
- Je me sens appelée à être disponible pour les gens autour de moi, spécialement mes sœurs. Mon amour pour la Congrégation et pour l’Afrique a été renforcé, et je suis devenue plus attentive à l’enrichissement que j’en ai reçu.
- La devise du Cardinal, « Être tout à tous » et le don total au Christ - « Je suis tout à toi » - m’appelle aujourd’hui encore à travers ce que je vis et ma présence à notre milieu.

      La réflexion et le partage ont été pour nous une expérience très positive. Cela nous a confirmées dans notre charisme, nous a donné un élan et nous a stimulées dans l’accomplissement de notre vocation missionnaire jusqu’à la fin.

Les communautés de Boxtel - Maison régionale  et  Molenhof, Pays-Bas

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ÊTRE MISSIONNAIRE À LA SUITE DE LAVIGERIE
EN VIVANT PLEINEMENT LE DON DE DIEU



Méthode suivie
Comment, en communauté, avons-nous cherché à nous approprier le parcours proposé par le Programme Lavigerie ? Dès la « Lettre d’introduction », la méthode était bien explicitée. Nous l’avons donc fidèlement suivie en l’adaptant à notre réalité communautaire. Pour chacun des dossiers étudiés, nous avons commencé par une lecture ensemble, suivie d’une réflexion personnelle. En communauté, nous avons ensuite partagé au fur et à mesure de la relecture. Puis, certains passages ont été repris dans la prière communautaire. Cela a été l’occasion d’échanger sur notre vocation, de nous laisser interpeller et d’approfondir notre foi et notre amour pour la mission.

Lumières, forces
En relisant les Constitutions et les Actes Capitulaires des 20 dernières années, certains aspects de notre spiritualité apostolique nous sont apparus comme des lumières, des forces et des lignes de vie. C’est ainsi que nous pouvons citer dans ce sens le n° 15 de nos Constitutions : « Tout dans notre vie doit proclamer l’amour du Père. » De même dans les Actes Capitulaires de 1987, nous avons relevé les trois mots qui représentent la dimension essentielle de toute rencontre humaine et évangélisatrice : Inculturation, Libération et Dialogue.

Ou encore au n° 25 des A. C. de 1993, nous avons noté que « La spiritualité apostolique s’enracine dans le mystère du salut. Dieu est présent… est à l’œuvre dans l’histoire… agissant au cœur du monde pour qu’y advienne son Règne. C’est cela le moteur de nos vies, c’est cela qui fait leur unité. Cette conviction façonne tout notre être, notre façon de prier, de vivre la mission, d’entrer en relation avec les autres, de vivre nos vœux. Se faire tout à tous. » (p. 76) - et encore : « Trouver Dieu en toute chose… et toute chose en Dieu…  Alors nous pouvons devenir porteuses d’espérance au sein de n’importe quelle situation » (p. 78). Citons encore, toujours dans ces mêmes A. C. : L’espérance « nous est aussi donnée en retour. Cette circulation de la grâce et de la vie du Dieu vivant est la réalité profonde de la mission à laquelle nous sommes appelées » (n° 14, p. 44).

Les A.C. de 1999 nous rappellent que « Le Cardinal Lavigerie et Mère Marie-Salomé nous montrent le chemin. ‘N’oubliez jamais que par votre don à Dieu, vous appartenez à Jésus-Christ. Gardez en vos cœurs comme unique trésor, l’Amour de Jésus-Christ, un amour fort et généreux ‘ » (p. 47). Ces Actes nous disent aussi que « Nous avons à témoigner… que tous les humains sont égaux. Nous engager pour la justice, la réconciliation et la paix… devraient être au cœur de nos préoccupations » (p. 51). 

C’est toujours dans le même sens que les A. C. de 2005 nous rappellent le fondement de la mission qui « nous dépasse. Sa source est au cœur de la Trinité. Elle est liée à l’appel… et non à un lieu » Car  notre vie missionnaire « se vit là où nous sommes envoyées… à travers le service confié… Aujourd’hui, nous ressentons le besoin de consolider et de vivre davantage notre esprit de famille qui devient un signe d’unité dans le monde » (p. 39).

« Le don … » 
Parmi les autres écrits mentionnés dans les dossiers, nous avons bien  apprécié le Puits intitulé « Le don : démarche missionnaire fondamentale », que nous avons lu en relation avec la p. 51 des A. C. de 1999 : « Le don du ‘tout à tous’ nous presse à être des traits d’union auprès de diverses personnes, à nous situer en personnes qui rassemblent… » (p. 51)

      Dans ce Puits, nous avons relevé plus particulièrement quelques passages qui explicitent bien la notion de don :
- Le don de nous-même nous permet « d’aller au-delà des frontières fixées par les cultures et les traditions, pour partager l’amour de Dieu avec tout homme et toute femme » (p. 4).
- Une vie est donnée « pour que la vérité de l’Évangile soit connue » (p. 5).
- Une conversion culturelle nous est demandée, « une kénose spirituelle à la suite du Christ… accepter de se dépouiller pour se recevoir de l’autre, de Dieu » (p. 6).
- Ou encore cette citation de Mgr Claverie (évêque d’Oran en Algérie, assassiné en 1996) : « La vie religieuse missionnaire, signe du don de soi de Dieu est une réponse à la question du sens de la vie aujourd’hui… Les religieux (ses) se tiennent au cœur des désarrois et des ruptures de l’humanité, là où des hommes et des femmes recherchent la guérison et la réconciliation » (p. 8).
- Et enfin un dernier passage de ce Puits : « Au milieu des conflits, la mission est d’être là comme signes de l’amour universel de Dieu. Depuis la naissance de l’Église, la vie missionnaire est une vie donnée à Dieu et au monde, à l’image du don de soi de Dieu dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus-Christ. Elle est le débordement de l’amour que Dieu a mis dans notre cœur par son Esprit. Nous devons notre être au Dieu Trinité qui est lui-même vie donnée et partagée » (p. 9).

Expériences concrètes
      Nous pouvons mentionner des expériences concrètes de notre vie dans lesquelles nous sentons bien que nous avons mis en application ces divers aspects de la mission que l’étude de ces dossiers nous a permis d’approfondir.

Rappelons-en quelques-uns :
- Le don de ma vie à Jésus-Christ s’exprime dans le service : service de mes sœurs, service de ma communauté, de la Congrégation et de toute personne.
- Je suis revenue au Congo, pour être près de ceux qui souffrent. Dieu, Père de tous, est important pour les femmes en détresse : violées, répudiées, traumatisées, veuves répudiées parce qu’accusées de sorcellerie, mères célibataires chassées de chez elles, privées de toute aide et forcées à la prostitution. D’où mon travail dans la formation et en association pour permettre un apprentissage en vue de se tirer d’affaire.
- Nous sommes « don de Dieu les unes pour les autres ». L’image de Dieu relation-don m’invite à une attention renouvelée, marquée de respect et de bonté envers toute personne, en communauté et en dehors, dans les situations et les activités.

- Parfois, dans ma vie missionnaire, j’ai été affrontée à des choix ; ainsi, pendant les guerres de 1967 et de 1996, un libre choix vécu dans une grande paix, car je me sentais missionnaire là où Dieu me voulait et où les responsables m’avaient nommée.
- Je tiens à demeurer auprès des personnes auxquelles j’ai été envoyée et qui m’ont accueillie.

      Toutes, nous avons été touchées par le témoignage que Prospérine Samba a donné sur Véronique Hégron dont la vie a été marquée par le don.

Communauté de Bukavu,  R. D. Congo

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ENVOYÉES PORTER LA BONNE NOUVELLE

      Nous avons eu le privilège d’avoir le lancement du Programme Lavigerie par les sœurs du Conseil général elles-mêmes, lors de la rencontre intercommunautaire d’octobre 2007. À cette date, nos sœurs étaient de passage au Canada pour la tenue de la première Assemblée générale en Amérique du Nord.

La Trinité, source de la mission

   Dès le début de notre réflexion,  nous avons été très fortement intéressées par la présentation de la mission, faite à partir de la Trinité. Elle contemple le monde et fait le choix de devenir l’Un de nous en s’incarnant… Nous y retrouvons les deux pôles : Contemplation (intériorité, gratuité) et  Engagement (don de soi), qui s’unifient une fois de plus et nous font remonter à nos racines ignatiennes.
 
   Durant plusieurs mois, nous avons étudié et prié personnellement et communautairement avec les fiches. En mai, le Conseil provincial de notre province a organisé une rencontre intercommunautaire sur le Puits : « Marcher avec les deux pieds de l’amour ». Grâce au riche échange des participantes, nous recevions à nouveau une forte confirmation de notre manière de vivre la mission ici.

Envoyées en Amérique du Nord
   Nous prenons conscience, une fois de plus, que notre Congrégation nous dit et  redit sans cesse que nous sommes essentiellement missionnaires, envoyées pour porter la Bonne Nouvelle aux peuples africains. Et nous, nous sommes envoyées en Amérique du Nord pour toujours ! Quel sens alors, donner à notre mission ici, vu que la  mission de la Congrégation est « Une où que nous soyons » ? Comment vivre notre « tout à tous », notre « être-avec », notre « soyez apôtres et ne soyez que cela », notre « savoir durer et quitter » dans une grande maison inter-congrégation de 400 religieuses autonomes, semi-autonomes ou malades, et avec une centaine d’employés de toutes races et religions. Les valeurs spécifiques véhiculées par la Congrégation ont fait de nous des « envoyées, pour porter la Bonne Nouvelle aux peuples africains ». Nous avons réalisé que ce serait en « devenant nous-mêmes Bonne Nouvelle, femmes d’Évangile pour dire Jésus-Christ là où nous sommes insérées ». Il nous arrive aussi d’entendre des personnes de notre entourage nous dire : « Vous autres, vous avez un charisme très spécifique de par votre expérience en Afrique » - « Vous êtes devenues des sœurs universelles ».

Réactualiser  notre OUI aujourd’hui
   Fortes de ces convictions, nous essayons de vivre nos services de bibliothécaire, réceptionniste, sacristine, accompagnatrice de malades, notre aujourd’hui, dans une maison en profonde transformation pour une rénovation de l’infirmerie. Ce qui nous demande, ainsi qu’aux diverses congrégations, de vivre souvent dans le bruit, de déménager à tour de rôle, de quitter des personnes et des locaux aimés, d’avancer les mains ouvertes vers un ailleurs comme beaucoup de nos contemporains qui doivent laisser leur maison pour aller dans des résidences de personnes âgées. Également en solidarité avec tous les immigrants du quartier, qui cherchent une vie meilleure. Nous sommes appelées à réactualiser notre Oui aujourd’hui, en fidélité à notre Oui initial. En ce sens, les fiches reçues nous ont aidées à mieux discerner notre mission ici  à Cartierville.

Marie-Paule Thibaudeau, Jeannine Savoie, Olivette Bellavance et Aline Bélanger
Communauté de Cartierville, Canada

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UN APPEL À RÉFLÉCHIR SUR NOTRE MISSION AUJOURD’HUI

Les dimensions de l’œuvre du Cardinal Lavigerie

Cette passion  lui tenait tellement à cœur que, très vite après son arrivée sur le siège d’Alger, cet archevêque missionnaire fonde des Instituts missionnaires destinés au service des musulmans de son diocèse, et cela, malgré l’opposition du pouvoir colonial. Nous connaissons sa belle déclaration, lors de son discours de prise de possession de son nouveau siège : « Je réclame le privilège de vous aimer comme des fils, alors même que vous ne me reconnaîtriez pas pour père… » Bien plus, par suite des circonstances, ce qui avait été une orientation missionnaire propre aux MAfr et aux SMNDA allait devenir, la vocation commune de toutes les forces apostoliques à l’œuvre, de l’est à l’ouest de l’Afrique du Nord, et même au-delà puisque, aujourd’hui, la relation islamo-chrétienne est devenue l’un des problèmes majeurs du continent africain.

Tant de lumières
En tant que SMNDA, nous nous situons bien dans ce grand mouvement. On pourrait être abattu devant tant d’échecs et de violence. Ou bien voir avec les yeux de notre Fondateur ce monde qui souffre, mais qui bouge aussi, et se réjouir de tant de petites lumières… Nous pourrions citer :
- Le nombre croissant de jeunes Africains, jeunes gens et jeunes filles, qui entrent dans nos deux Instituts.
- Le courage de certains évêques en Afrique, qui osent s’élever contre la corruption, les malversations et les oppositions ethniques dans leur pays.
- Le fait que, bien souvent, ce soit l’Église qui soit devenue la seule organisation stable  fonctionnant encore, quand tout paraît s’en aller à vau-l’eau.
- Le courage de tant de mamans africaines qui, restées les seuls piliers de la famille, acceptent de prendre en charge les enfants de celles qui ont disparu.
- Le fait aussi qu’aujourd’hui, même des musulmans soient attirés par la personne de Jésus, pas nécessairement pour « se convertir » au sens usuel du terme, changer de religion, mais parce qu’ils se disent attirés par le rayonnement extraordinaire de sa personne. Oui, les vocations et les histoires individuelles sont très diverses.

Un pont entre générations
À l’heure actuelle, nous, les plus anciennes de la communauté, revenues en Europe, nous nous sentons un peu comme un « pont » entre  notre génération et nos plus jeunes sœurs qui y viennent à leur tour pour des études ou un service, ces jeunes sœurs qui aujourd’hui, sont majoritairement originaires du continent africain. Nous souhaitons qu’elles puissent continuer dans la ligne du Cardinal, sans oublier que l’époque actuelle est tellement autre ! Soyons nous-mêmes heureuses de ce que nous avons pu accomplir au service du Royaume au sein de notre Congrégation missionnaire, en Afrique Occidentale et en Afrique du Nord.

Des accents …
En quoi, d’ailleurs, est-elle missionnaire, cette Congrégation ? Nous relevons plusieurs points qui nous semblent être des « accents » dans ce que nous sommes ou devrions être :
- Le fait de présenter tout de suite à celles qui demandent à nous rejoindre le choix qu’elles auront à faire entre « rester » dans leur pays, comme beaucoup de Congrégations internationales, ou « partir ailleurs ».
- Le fait que, tout au long de notre vie, nous soyons toujours envoyées « ailleurs », ou au moins dans le but de servir dans cet « ailleurs ».
- Le désir de rester en Afrique, dans notre pays d’adoption, malgré les dangers parfois, en toute connaissance de cause, parce que nous sommes viscéralement attachées à un peuple et, en même temps, disponibles, justement, à être envoyées « ailleurs ».
- Notre prière qui devrait nous aider à « digérer » les événements qui nous touchent, succès, difficultés, expulsions, mort brutale… à travers la contemplation du Christ, qui nous envoie, et en sachant regarder notre histoire.
- Innover sans nostalgie du passé, mais en gardant toujours au cœur ce « fil rouge » qui nous guide : l’évangélisation de l’Afrique et du monde africain.

      Comme l’a dit quelque part l’ancien Archevêque d’Alger, Mgr H. Teissier, que nous avons entendu revendiquer sa filiation spirituelle avec le Cardinal Lavigerie, dont il a été l’un des successeurs à Alger  : « Toute l’histoire des Pères Blancs et des Sœurs Blanches sera marquée par cet écartèlement entre les besoins urgents de la mission catéchuménale en Afrique subsaharienne et les nécessités non moins évidentes de la mission d’un autre type, dans la relation à des communautés musulmanes. Finalement, cette tension aura des conséquences positives, car elle conduira à un élargissement de la réflexion de l’Église sur l’évangélisation. Lavigerie, en envoyant Pères et Sœurs en milieu musulman, a donc posé une question qui reste ouverte ».

Communauté de Paris Gay-Lussac, France

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UN RENOUVEAU POUR NOTRE CONSÉCRATION À LA MISSION


Un partage authentique
      Lorsque nous avons reçu le premier dossier du Programme Lavigerie dans sa belle couverture, façon « Feuille de banane », nous avons décidé qu’en communauté, nous utiliserions les documents pour la réflexion et le partage lors de la retraite du mois. Nous pensions que la lecture personnelle et la méditation seraient nécessaires pour un partage authentique en communauté. Grâce à « l’invitation mutuelle », chaque sœur a pu exprimer ses pensées, et ces rencontres nous ont permis de nous enrichir mutuellement du fait que certains sujets ont été étudiés en profondeur. Avec le Programme Salomé, nous avons aussi approfondi la signification de notre vie quotidienne. Même nos rencontres de communauté sur les « affaires matérielles » en étaient enrichies. Nous avons noté que la belle présentation des documents montrait combien la Congrégation aime ses membres et le peuple africain.

De vrais trésors
      Nous avons senti que nous étions invitées à revenir à nos Constitutions et aux Actes Capitulaires (A.C.). Nous avons réalisé comment le Programme projette une lumière nouvelle sur nos Constitutions. Nous avons découvert de vrais trésors dans les A.C. des quatre derniers Chapitres, et certaines d’entre nous ont été vraiment émerveillées par leur actualité aujourd’hui encore. Ils montrent que la Congrégation suit de près les développements qui ont cours dans l’Église et la société, spécialement en Afrique. Ils insistent aussi sur notre mission commune. Le dernier Chapitre souligne même davantage le fait que la mission est au cœur de nos vies et qu’elle est UNE où que nous soyons.
 
Mission dans le monde d’aujourd’hui
      Déjà en 1987, nous avions pris conscience de la réalité de la Congrégation et du fait que nous sommes appelées « à vivre la mission dans le monde d’aujourd’hui, à l’exemple du Verbe qui s’est fait l’un de nous, qui a voulu habiter parmi nous. » Dans et à travers notre partage, nous avons reçu de nouveaux éclairages sur notre mission maintenant, dans notre vie actuelle, et là où nous nous trouvons. Il est clair que Mission et Communion pour la Mission sont des thèmes qui reviennent toujours dans notre réflexion ; ce sont de vraies lignes de vie pour notre existence de SMNDA. Nous avons eu une grande joie à redécouvrir la Trinité en tant que source et avons été frappées par le fait qu’Ignace a déjà bâti sa méditation sur l’Incarnation sur cette vérité. La référence aux A. C. nous a fait redécouvrir notre spiritualité apostolique.

Mission enracinée dans la Trinité
      Les A. C. de 1999 nous invitaient à « contempler la Trinité » et, dans la foi, à nous voir nous-mêmes dans le Christ, le Bien-Aimé, comme des enfants qui participent à la vraie relation vécue à l’intérieur de la Trinité. Comme le disent les A. C. de 2005 : « Sa source est au cœur de la Trinité. Elle est liée à l’appel que le Seigneur nous a adressé et non pas à un lieu géographique ». Comme le Père a envoyé Son Fils, le Fils nous a envoyées à travers son Église. L’envoi est au cœur de notre spiritualité apostolique. Comme nous le lisons dans Le Puits intitulé « La mission : la clé pour comprendre la vie consacrée aujourd’hui » : « Nous sommes conscientes que nous sommes collaboratrices et partenaires du projet de Dieu et que nous répondons à son appel. » Le Puits, sur les « Changements dans la théologie de la mission », nous aide à comprendre la mission elle-même comme étant une action de la Trinité dans le monde, et la mission est ensuite confiée à l’Église, en tant que participation de l’Église dans l’œuvre de salut de Dieu.

      Le pluralisme extrême que la mondialisation suscite à travers les communications nous obligera à entrer dans une nouvelle compréhension du pluralisme lui-même, qui devrait nous aider à articuler une théologie des religions appropriée et croyante. Cela signifie développer une spiritualité qui soutienne notre travail lequel souligne l’interrelation,  le parler vrai et la création d’une nouvelle vision morale pour les sociétés ; rechercher la justice et cultiver des relations bâties sur la vérité ; développer des communautés de mémoire et d’espérance. Dans le temps qui vient, la réconciliation peut être le plus important symbole pour la mission ad gentes.

      Elles ont dit…
Une sœur dit : « Partager sur les différents dossiers du Programme Lavigerie m’a renforcée dans la conviction qu’il y a une continuité dans la réalisation de notre charisme pour l’Afrique ». Et encore : « Notre vocation et la mission sont une. Cela a été une expérience de libération pour moi. Je me sens coresponsable de notre mission et je sens une plus grande ouverture en moi. » Et une autre : « Mon amour pour l’Afrique a été renforcé dans mes activités actuelles, où je suis ici et maintenant. Elles font partie de notre mission puisque nous continuons à témoigner de notre amour pour l’Afrique. Je réalise à nouveau combien je suis enrichie par mon expérience africaine qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui et influence ma façon d’être et mes activités. » Une quatrième ajoute : « Cela a stimulé notre amour pour la Congrégation, et nous avons réalisé comment nous pouvons, une fois encore, profiter de ses richesses abondantes. J’ai grandi en respect pour toutes les sœurs qui nous ont précédées avec une foi si grande, elles qui étaient vraiment « tout à tous » en vue de répandre l’amour du Christ, enflammées par le bien-être des gens. Cela me soutient dans les situations difficiles. »

      En conclusion, nous pouvons vraiment dire que « Les Constitutions et nos A. C. sont des signes que l’Esprit est toujours à l’œuvre et nous garde en relation avec les signes des temps. » Ils donnent une vie nouvelle à notre consécration pour la mission.

Communauté de Boxtel Molenwiek, Pays-Bas

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DANS L’ESPRIT DE LAVIGERIE, UNE PASSION POUR L´AFRIQUE

      Vivre selon l´esprit Lavigerie, c´est avant tout vivre le « tout à tous », qui prend racine dans le « tout à Toi ». Mais, vivre selon l´esprit de Lavigerie, c´est aussi vivre sa passion pour l´Afrique. « Passion », au sens d’un amour passionné animé d’un désir puissant qui pousse à agir. « Passion pour l´Afrique », c´est  sur cet aspect que je voudrais centrer ma réflexion. Je profite de ma cinquantième année de vie missionnaire pour faire un bilan et rendre grâces. Comment, aujourd´hui, je vis la mission hors de la terre africaine ? Comment je vis cet vis cet aspect essentiel de l´esprit de Lavigerie, maintenant que je suis hors de l´Afrique ?

Apprendre à s´enraciner et à partir
      Un clin d’œil au rétroviseur me situe cinquante ans en arrière, en 1959-60, lors de ma première profession, puis l’année internationale de Ste-Marie à Alger. Depuis lors, que de chemin parcouru ! Un long chemin à l´image des chemins africains, pas toujours droits ni goudronnés, semés de beaucoup de joies et de pas mal de souffrances… mais j’y étais toujours accompagnée et soutenue par une Présence fidèle. Un chemin jalonné de plusieurs envois, pour des périodes plus ou moins longues, où il a fallu apprendre à s´enraciner et à partir. De Bruxelles à la Haute-Volta, apostolat avec des jeunes et des femmes. Puis l’Institut catéchétique africain (ICA, Rwanda) et le travail pour l´élaboration de manuels de catéchèse. En 1965, Espagne au noviciat de Logroño et animation missionnaire. Quatre ans après, départ pour une année en Guinée Équatoriale, avec une équipe inter-congrégation, à la demande de Propaganda Fide. De nouveau, Madrid : service et études. Retour en Afrique de l’Ouest en 1975. J’ai pu alors y planter ma tente pour de longues années, toujours au service des jeunes. D´abord à l’Inter-séminaire (interdiocésain) de Ouagadougou, puis au Collège des Frères des Écoles chrétiennes de Tounouma, à Bobo-Dioulasso, avec des possibilités de présence en d´autres milieux.

Savoir s´effacer et laisser la place
      Bien que mon travail comme enseignante, m’ait souvent située auprès des élites, le souci des moins favorisés ne m´a jamais quittée. Le désir d’intégrer une dimension sociale à ma mission d´éducation, m´a poussée à être présente de diverses façons auprès de personnes travaillant avec des jeunes en échec scolaire, des enfants de la rue, des malades du Sida… Présence à des milieux très différents, très riches en rencontres qui ont marqué ma vie. Le grand privilège de ces dernières années en Afrique, c´est d´avoir pu travailler sous les ordres de jeunes que j´avais eus comme élèves ou d´être remplacée par eux. C´est là que j´ai découvert et ai pu vivre ce que Jean-Baptiste apporte à la spiritualité lavigérienne : savoir s´effacer et laisser la place. Autre grande joie, c´est d´avoir pu être à côté des femmes qui luttaient pour faire supprimer des coutumes injustes pour elles et pour leurs filles. Et encore, d´avoir pu partager des rêves, des joies et des peines avec les gens de Kokorowe, petit village bobo, qui m´avait adoptée et même donné un nom d´initiation.

Faire éclater les frontières
      2003 est arrivée comme « un tsunami ». C´est l´année où je suis retournée définitivement en Espagne. Si la tête comprend que rentrer est sage, ni le cœur ni les entrailles ne suivent. Il m´a fallu plusieurs mois pour accueillir et intégrer pleinement les paroles rappelées par le Chapitre de 2005 : « Chaque nomination est  mission et service en vue de l´Afrique. » En même temps, la certitude que l´Afrique ne me quitterait jamais prenait force en moi. C’est ainsi que des portes et des fenêtres se sont ouvertes devant moi. Elles ont fait éclater les frontières de lieux connus et aimés. Ma vision de l´Afrique et de ce que les Africains vivent aujourd´hui s´est élargie d´une façon que je n´avais pas imaginée. Maintenant, je peux vivre avec sérénité et joie ma vie « hors d´Afrique en vue de l´Afrique ». J’expérimente chaque jour que, loin de n´être qu’une belle pensée, c´est une vraie réalité.

Vivre la passion pour l’Afrique
      Cinquante années de vie religieuse, bon moment pour se poser une question et essayer d´y répondre : « Qu´est-ce pour moi vivre selon l´esprit Lavigerie ? » C´est plonger chaque jour dans les racines de sa spiritualité, nourrie de celles de Paul de Tarse, d’Ignace de Loyola et de Jean-Baptiste. C’est aussi vivre comme Lavigerie, la passion pour l´Afrique, la nourrir, la maintenir vivante et la communiquer. Pour que ce projet devienne réalité, je me sens appelée à :
* Être attentive à ce qui se vit en Afrique : écouter les cris qui nous parviennent aujourd’hui, comme notre Fondateur a su écouter ceux de son époque ; ces cris, qui, grâce aux nouvelles technologies, nous arrivent, plus vite et de partout ; des cris, qui partent de situations plus complexes, dues aux grands changements récents, de situations plus dramatiques du fait de leur ampleur et de tant d’espoirs déçus.
* Tâcher d’analyser les causes et les conséquences de ces situations, pour pouvoir communiquer autour de moi ce qui se passe en Afrique.
* Faire connaître les valeurs de l´Afrique et les efforts des hommes et des femmes pour que les choses changent. Spécialement les luttes des femmes, chaque fois que l´occasion m´en est donnée. Internet est un bon moyen que j´utilise chaque fois que je peux.
* Porter chaque jour dans ma prière l´Afrique et les Africains, sans oublier, bien sûr, le reste du monde.

Des moyens privilégiés
      Deux moyens privilégiés sont pour moi une grande grâce à cette étape de ma vie missionnaire : ma nomination pour travailler à « Africana » et répondre à la demande de collaboration des « Comités de Solidarité avec l´Afrique Noire (Subsaharienne) ». Africana d’abord dont chaque numéro est inséré dans le site souvent visité. C’est un exemple de collaboration entre les fils et filles de Lavigerie. Chaque numéro contient une information sur l´Afrique, avec un dossier concernant un pays ou un thème actuel et des chroniques variées. D’autres articles donnent des informations sur la mission. Une rubrique fait connaître des valeurs culturelles traditionnelles. La revue propose aussi des petits projets que les lecteurs peuvent appuyer. C’est un bon moyen d´animation missionnaire. Les Comités de Solidarité avec l´Afrique Noire (subsaharienne), en second lieu. C’est aussi un moyen très important pour rester proche de l´Afrique. Ces comités sont formés de personnes venant d’horizons très divers, qui s´intéressent d´une façon spéciale à l´Afrique et qui sont prêtes à consacrer du temps pour s´informer, se former et transmettre l´information. Ces personnes s’engagent à être solidaires des peuples africains, dans des situations de détresse et de violation des droits humains. Les treize comités d’Espagne forment une Fédération. Ils travaillent en réseau, et chacun selon sa compétence et sa sensibilité.

      À Logroño par exemple, en 2009, nous avons programmé des conférences, présenté au gouvernement un projet pour une maison d´accueil de Congolaises violées en R. D. C. … En collaboration avec d´autres Associations, nous avons organisé une semaine de cinéma africain et une journée contre le racisme. Au niveau national, plusieurs assemblées ordinaires sont organisées chaque année et réunissent des délégués de Comités locaux. L’Assemblée générale ouverte à tous est préparée par l´étude de documents sur le thème qui y sera traité par un ou une invitée. Ainsi, pour cette année, le thème a porté sur « La crise, une opportunité pour  l´Afrique ». Begoña Iñarra a aidé le travail des ateliers  avec une excellente conférence.

      La Fédération des Comités a aussi un site et une revue Umoya, bulletin trimestriel pour pallier dans la mesure du possible le peu d’attention que les médias traditionnels portent aux problèmes africains. En collaboration avec les journaux locaux, cela permet de sensibiliser notre société aux besoins, aux aspirations et aux exigences des peuples d´Afrique subsaharienne. Je suis depuis longtemps en contact avec des groupes de jeunes qui portent l´Afrique dans leur cœur, les Amis d´Afrique d´Andalousie. Ces groupes ont été constitués à partir des camps organisés par les MAfr, et qui sont devenus autonomes.
     
      Vivre comme Lavigerie la passion pour l´Afrique, pouvoir la nourrir, la maintenir vivante et la communiquer, c´est une exigence et un privilège. Le travail que je peux encore faire et les personnes engagées pour l´Afrique que je rencontre m´y aident beaucoup.

María Francisca Reche Reche (Paquita), Logroño

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La vie se partage

BÉNÉDICTION D’UNE ICÔNE : MÈRE MARIE-SALOMÉ


Partage Trentaprile (2007, n° 5) a publié un article de Juliette Christiaens où elle partageait comment elle avait découvert l’art des icônes. Depuis, beaucoup ont pu admirer son art. Piluca Benavente a elle aussi découvert en Juliette le don « d’écrire des icônes ». Elle a eu alors l’idée de lui de demander de créer une icône de Mère Marie-Salomé. Ce fut pour Juliette le début d’une écoute attentive, une écoute de la tradition, et spécialement du Saint-Esprit dans son propre cœur,  aussi bien qu’un temps de dialogue avec notre Vénérée Mère Marie-Salomé, celle-là même que Juliette désirait rendre présente.

 
 
L’année dernière, Juliette a envoyé une première esquisse. Puis, elle a commencé son travail « d’écriture de l’icône » ; et à la fin de l’Assemblée plénière de cette année, le samedi 10 octobre, nous nous sommes rassemblées pour la bénédiction de l’icône de Mère Marie-Salomé. C’est avec grande joie que nous avons accueilli Juliette parmi nous et sa grande joie à elle d’être là et de pouvoir la présenter en cette occasion spéciale.

Avec des chants et au son du tambour, nous sommes parties en procession, de la communauté pour nous rendre à l’endroit où l’icône avait été fixée sur le mur dans la petite entrée de notre chapelle. Après avoir béni l’icône, Piluca l’a encensée. Puis, deux sœurs ont lu la prière de vénération composée par Pierrette Coudé:
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VÉNÉRÉE MÈRE MARIE-SALOMÉ
, depuis toujours,
nous vous appelons ainsi avec beaucoup d’affection et de joie !
Vous êtes vraiment pour nous une icône, une icône bien vivante, qui nous parle :
de votre amour « plus fort que tout » pour notre Seigneur Jésus-Christ ;
de votre zèle pour la mission en Afrique : zèle qui a compris et soutenu
l’intuition apostolique de notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie ;
de votre charité exceptionnelle : « Soyez bonnes comme du bon pain », nous dites-vous encore…
de votre confiance en Notre-Dame d’Afrique, patronne de notre Congrégation.
Comme vous l’avez fait vous-même au moment du Vœu,
nous voici pour présenter avec vous à Notre-Dame d’Afrique :
chacune des sœurs de la Congrégation
les grands enjeux de notre prochain Chapitre général
les vocations Smnda
le Synode d’Afrique et tous les peuples d’Afrique. Amen.

Après quoi, chacune s’est inclinée devant l’icône en signe de vénération. Et le groupe s’est rendu devant Notre-Dame d’Afrique dans l’entrée de la maison.

Hildegunde Schmidt, Rome


Voici comment Juliette raconte ce qu’elle a vécu :

Un des plus beaux souvenirs de mon séjour à Rome fut la bénédiction de l’icône de Mère Marie-Salomé, une cérémonie si bien préparée et organisée que l’on ne pouvait pas ne pas être touché par l’évènement. Au jour dit, je suis descendue jusqu’à l’étage le plus bas, et là s’est déployé devant mes yeux l’éventail des sœurs autour du point central où Mère Marie-Salomé sollicitait tous les regards. Son image bien centrée dans son cadre de fer forgé – création de l’architecte – attirait tous les yeux. Bientôt fusèrent les Alléluias ! Amen ! par lesquels le groupe entier acquiesçait en chantant à une acclamation alternant les langues anglaise et française.

Tandis que Sr Piluca priait Dieu, source de toute sanctification et donneur de tout bien, je sentais mon cœur gonflé d’émotion, et en moi s’exprimait la prière : « Oui, Seigneur, bénis avec abondance cette icône représentant Mère Marie-Salomé et bénis toute cette communauté de sœurs recherchant ta bénédiction. » Des extraits de paroles bien choisies de Mère Marie-Salomé appelaient l’attention sur l’essentiel, à savoir l’unique leçon : « Il n’y a que Dieu qui compte… C’est à Lui seul qu’il faut vous attacher ». Les trois assistantes générales – Sr Hélène Mbuyamba, Sr Marie-Alice Terrettaz et Sr Chantal Vankalck – ont lu le symbolisme de l’icône à laquelle une Petite Sœur de Jésus avait ajouté un petit pain rappelant la parole de notre Vénérée Mère : « Soyez bonnes comme du bon pain. »

Puis, après avoir chacune à notre tour salué l’image avec vénération, nous sommes remontées au premier étage et, réparties dans l’escalier, nous avons chanté le Sancta Maria de tout notre être et de tout notre cœur, émues de ce que nous avions célébré.

Juliette Christiaens, Antwerpen, Belgique

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DE POSTULANTES ET DE NOVICES à Nairobi

Du 27 avril au 2 mai 2009, les accompagnatrices de postulantes et de novices ont participé à une session organisée et animée par le Conseil général. L’une d’entre elles nous offre un compte rendu de cette rencontre.

Nous étions dix-sept sœurs venues des trois provinces de la Congrégation, CUM, Europe et Afrique, et des différentes régions de ces provinces, toutes au service de l’accompagnement des postulantes et novices. Ce fut une bonne occasion de retrouvailles et de partage. Mais nous avons surtout adopté des orientations communes en vue d’une meilleure formation des jeunes femmes que nous accompagnons.    Ces deux premiers niveaux de formation ont pour but de FORMER DES APÔTRES SELON NOTRE CHARISME. Au long de la session, nous avons donc exploré trois objectifs en lien avec ce but.

Le premier objectif consiste à « Faire grandir le sens d’appartenance, qui s’exprime dans un engagement effectif et responsable au service de la vie et de la mission de la Congrégation ».

Plusieurs outils
Pour nous aider à approfondir cet objectif, plusieurs outils nous ont été proposés.
L’approche systémique nous a permis de voir comment notre Congrégation, en tant qu’ensemble, est en interaction avec d’autres systèmes dans un certain contexte. Cette approche permet de voir comment la Congrégation est comme une cellule qui porte en elle des éléments différents agissant en interaction.
L’arbre du charisme nous a aidées à clarifier le vrai sens de la mission, d’abord ce que nous sommes, notre identité, et non pas ce que nous faisons, nos activités. Chacune de nous se définit par cette identité et est appelée à contribuer à la vie de la Congrégation. La mission  est notre raison d’être. Tout part de la mission et revient à la mission. Un article de José Cristo Rey Garcia Paredes, « La mission : la clé pour comprendre la vie consacrée aujourd’hui » (Le Puits, mars 2008), et les Dossiers Lavigerie nous ont permis d’approfondir la mission vue comme une clé pour comprendre la vie consacrée.
Prendre au sérieux son rôle en tant que membre de la Congrégation nous mène à un engagement réel. Chacune de nous comme membre de la Congrégation se définit par cette identité et a comme droit et devoir d’apporter sa contribution personnelle à la vie de la Congrégation. Cela confirme le sens d’appartenance.
À ce niveau, trois éléments sont à considérer :
* La Congrégation et sa raison d’être
* Les sœurs elles-mêmes
* Le contexte.
L’essentiel est que notre investissement donne un résultat.

Le deuxième objectif consiste à former en tenant compte de la culture des jeunes. 

C’est un appel pour chacune de nous à devenir de plus en plus sensible à l’identité culturelle des jeunes femmes que nous accompagnons et, en même temps, à être consciente de la nôtre. Un passage du livre d’Amedeo Cencini, Les Sentiments du Fils - Le chemin de formation à la vie consacrée  (Recherches Carmélitaines, 2003), nous a permis de prendre conscience du chemin à parcourir du MOI au NOUS. Il s’agit de partir du sens qu’a la jeune de son identité pour la conduire au sens d’appartenance, qui est le point d’arrivée. Ces deux éléments, sens d’identité et sens d’appartenance, sont solidement liés. Ils doivent donc être développés pendant la formation.

Le troisième objectif consiste à former à l’interculturalité.

Si les deux premiers objectifs sont plutôt centrés sur l’accompagnatrice, le troisième est davantage centré sur la jeune en formation. D’autres écrits nous ont encore aidées dans notre parcours. Ainsi, un autre article sur le « choc culturel », qui nous a permis d’explorer l’origine, les symptômes et les étapes du choc culturel. Surtout, il nous a permis de comprendre comment aider la jeune à gérer ce choc et vivre positivement les moments de transition. Il existe des stratégies d’ajustement  et des valeurs à promouvoir pour favoriser l’acculturation. Certains exercices proposés par le Programme Salomé peuvent se faire  en communauté pour permettre aux jeunes que nous accompagnons de vivre une bonne transition.

Pour conclure, disons que les trois objectifs sont reliés les uns aux autres. Vers la fin, nous avons pu examiner de près les moyens qui nous sont offerts par la Congrégation et le contexte dans lequel nous vivons pour atteindre ces objectifs. Parallèlement, nous avons relevé les obstacles qui proviennent à la fois de la Congrégation et du contexte, en lien direct avec ces objectifs. Dans le service qui nous est confié, c’est à chacune de tenir compte de ses réalités.

Gratienne Ndizeye, Ouagadougou Région, Burkina Faso

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Promenade à travers les archives


CONÇUES ET NÉES D’UN RÊVE

      Notre Congrégation reste en éveil pour répondre aux défis de la mission. Le dynamisme vécu à travers notre présence et nos engagements témoigne de la vitalité constante du charisme fondateur. Il suffit de remonter au début de notre histoire. Le Cardinal Lavigerie a osé rêver!

      Après avoir connu quelques déboires avec les premières congrégations qui avaient pris en charge les orphelines, Mgr Lavigerie demande aux Sœurs de St-Charles de Nancy de lui venir en aide. Celles-ci acceptent. Le 11 octobre 1868, il peut les installer à St-Charles. À la vérité, il a un autre projet en tête : fonder une nouvelle congrégation. Le 18 janvier 1869, il écrit de nouveau à la Supérieure générale des Sœurs de St-Charles de Nancy : « J’ai résolu de former ici des sœurs nouvelles qui s’occuperaient exclusivement de travaux agricoles qu’elles exécuteraient elles-mêmes. » Et il ajoute : « Des sujets se présentent en assez grand nombre, mais ce qui me manque, ce sont des sœurs déjà formées qui puissent diriger le noviciat » (H.O. p. 38).

      La réponse ne se fait pas attendre. Malheureusement, c’est un refus : les Sœurs de St-Charles manquent de personnes disponibles pour cette tâche. Mgr Lavigerie insiste. Il obtient finalement qu’elles se rendent à ses arguments, et elles promettent trois sœurs pour un avenir proche. En fait, lit-on dans l’Histoire des Origines : « … malgré sa hâte de voir à pied d’œuvre ses premières sœurs agricoles, il n’avait pas encore de postulantes répondant aux conditions voulues : les jeunes filles qui s’étaient présentées manquaient des aptitudes et des qualités requises pour une telle fondation » (H.O. p. 40). C’est alors qu’en août 1869, il prend le moyen de réaliser son rêve et envoie en Bretagne l’un de ses prêtres, l’abbé Le Mauff : « Hâtez-vous, lui dit-il, je n’ai que trop tardé ; ramenez-moi quatre postulantes, jeunes, vaillantes, prêtes à tout et capables d’être les quatre pierres angulaires de leur congrégation » (H.O. p. 44). Et celui-ci lui en ramène non pas quatre, mais huit.

      Nous connaissons la suite rapportée non sans humour par l’Histoire des Origines : « ‘Où sont donc nos sœurs ?’, demanda l’une. – ‘Je pense, répondit Pierrine, qu’il n’y en a pas d’autres que nous’ … Et Marie-Françoise résuma d’un mot la pensée de toutes : ‘Dame ! s’il n’y a que nous pour commencer, ce sera joli !’’ » (H.O. p. 50) Si notre Fondateur a été exaucé, c’est qu’à la prière, il a su joindre les moyens qui relevaient de son autorité. Sur les huit ramenées par l’abbé Le Mauff, quatre persévéreront jusqu’à la mort dans leur vocation première.

Voir "Histoire des Origines", p. 35 à 50

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Partage Trentaprile est publié 5 fois par an par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique, Viale Trenta Aprile, 15 - 00153 Rome, Italy  -
Courriel: partage.trentaprile@msolafrica.org; pruvostlucie@hotmail.com
Comité de rédaction: Chantal Vankalck (G.C.), Lucie Pruvost (Editrice), Madeleine Bédard (mise en page et impression), Hildegunde Schmidt (archiviste) - Traductions: Reninca et Lucie Pruvost - Expédition: Nicole Robion