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Lettre de
nouvelles des
Sœurs Missionnaires de Notre Dame
d'Afrique
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« Un feu à transmettre ! »
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n° 1 Mars 2010 |
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Sommaire
Editorial: Lucie Pruvost
« Un feu à transmettre ! »
1. Semer largement et sans calculer, Mia Dombrecht
2. Toutes concernées, Cécile Dilé
3. Une tâche pleine de nuances ! Colette Joubert
4. Une culture des vocations, Ingrid Hager
5. Semer au-delà des frontières, Gratienne Ndizeye
6. Une animation qui se transmet, Rita Schrenk
La vie se partage
1. À Rome, sur les pas de Lavigerie et de St Paul, Une participante
2. Congrès mondial pour la pastorale des migrants et réfugiés, Amalia García
3. Missionnaire pour l’Afrique… autrement, Carol García Murillas
4. N.D. d’Afrique à l’Université pontificale Urbanianum, Hildegunde Schmidt
Publication
Algérie, terre de rencontres, Chantal Vankalck
Communications
Equipe de rédaction
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Éditorial
Au cours de sa rencontre d’octobre 2009, l’Assemblée plénière a choisi le thème du prochain Chapitre général en plaçant celui-ci dans « le contexte de ce monde global et interconnecté… en ce temps où les notions et les repères d’hier ont radicalement changé ». Un document de travail a été proposé à toute la Congrégation pour préparer ce Chapitre dont le thème a été déterminé en vue d’une actualisation du charisme pour l’Afrique :
« La création réconciliée que Dieu-Amour prépare,
quel incroyable défi !
Il nous envoie pour hâter ce Jour tant espéré.
SMNDA, quelle est notre réponse aujourd’hui ? »
Ce thème n’est pas sans relation avec les Objectifs du millénaire pour le développement auxquels nous nous référons depuis plus de deux ans. Leur but, en effet, n’est-il pas d’ouvrir à l’Afrique une voie vers « ce Jour tant espéré » ?
C’est dans le contexte de cette préparation que se situent les six contributions au « Dossier » du présent numéro de Partage Trentaprile : « Un feu à transmettre », ce feu qui animait notre Fondateur pour l’extension du Royaume de Dieu en Afrique. Comment, en effet, rejoindre les jeunes générations en mettant en œuvre une animation missionnaire et vocationnelle pour aujourd’hui ? Ce souci habite la Congrégation depuis le Chapitre de 1987. Le Chapitre de 1999 avait insisté sur la nécessité d’investir des sœurs dans cette tâche primordiale pour la vie de notre charisme. En février 2001, les sœurs réunies à Nairobi autour du Conseil général ont alors pris une décision importante : « Aux cours des dix prochaines années, nous faisons un choix radical en faveur de l’AMV dans les pays où nous sommes aujourd’hui, et où les vocations SMNDA sont possibles. »
Sans doute, sommes-nous toutes concernées, qui que nous soyons et quelle que soit notre part dans la mission de la Congrégation. Mais cela ne s’improvise pas ! Il faut des « animatrices » qui acceptent de s’investir complètement dans cette activité.
C’est ainsi qu’un certain nombre de sœurs ont été spécialement affectées à cette tâche primordiale. Plusieurs d’entre elles nous présentent ici comment elles vivent cette animation. « Semer sans calculer » demande aussi de faire preuve d’imagination, et elles n’en manquent pas ! L’une d’elles raconte même la fécondité de la continuité de cette animation dont le goût peut se transmettre des parents à leurs enfants, ces parents qui ont eux-mêmes connu la Congrégation en collaborant avec nos sœurs en Afrique ou ailleurs…
D’autres témoignages de ces diverses formes d’animation qui nous concerne toutes, nous sont offerts dans « La vie se partage » avec la présentation d’un séjour à Rome d’un groupe de jeunes qui ont voulu approfondir leur connaissance de St Paul, l’Apôtre des nations, et de notre Fondateur que la mission pour l’Afrique n’a cessé de talonner tout au long de sa vie. Avec aussi le témoignage d’une jeune espagnole que sa santé physique déficiente a empêchée de nous rejoindre effectivement. À cela s’ajoute le fait que, grâce à un prêtre africain, Vice-recteur à l’Université Pontificale Urbaniana, une chapelle de cette Université est désormais dédiée à Notre-Dame d’Afrique, notre patronne. Vous pourrez aussi lire un écho du Congrès Mondial de la Pastorale des Migrants et Réfugiés auquel l’une de nous a participé au titre de sa mission propre.
Suivent d’autres informations, celle concernant la publication toute récente d’un livre témoignant de notre présence en Afrique du Nord. Ou encore, dans les communications, plusieurs annonces qui, à leur manière propre, expriment comment notre participation à la mission rédemptrice de Dieu est reconnue par d’autres organismes ou même par des États ou administrations publiques.
Lorsque vous recevrez ce numéro de Partage, la montée vers Pâques sera déjà bien engagée. Soyez assurées de la proximité de chacune des sœurs du Comité de rédaction, au cours de l’approfondissement de notre foi que permet le temps de Carême. Et bonne fête de la Résurrection !
Lucie Pruvost


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« Un feu à transmettre ! »
SEMER LARGEMENT ET SANS CALCULER
Dès mon arrivée en Mauritanie en 2002, j’ai été interpellée par quelques enfants de notre paroisse St-Joseph à Nouakchott, qui m’ont partagé leur désir de devenir prêtre ou religieuse. Ceci se passait lors de mes visites dans leurs familles ou bien après la cérémonie de leur première communion. J’ai communiqué cette demande des enfants au curé et en 2004, nous avons commencé le groupe vocationnel paroissial.
Le comité vocationnel
Chaque mois, le comité vocationnel, constitué de quatre religieuses - une sœur par congrégation présente à Nouakchott - et un prêtre, se réunit, pour préparer une rencontre mensuelle avec les enfants et jeunes. Chaque année, nous choisissons un thème qui nous accompagne toute l’année et que nous développons durant neuf rencontres. Ainsi, nous avons travaillé durant les dernières années sur les thèmes suivants : la Parole de Dieu, les sacrements, les différents types de prière, l’apôtre saint Paul, etc. Toujours sous l’angle de l’approfondissement de la foi et de la vocation.
Cette année, nous avons choisi pour thème « Dieu nous appelle ». Nous allons présenter aux enfants la vocation sacerdotale, la vocation à la vie religieuse et celle du mariage. C’est ainsi que durant les mois de février et mars 2010, nous aurons la joie de partager avec les enfants notre charisme SMNDA, avec, au mois de mars, une visite dans notre communauté. Depuis quelques années, ces mêmes enfants et jeunes participent aussi à la liturgie de la fête de la vie consacrée du 2 février, en mimant l’Évangile ou par la procession des offrandes.
La fête de Notre-Dame d’Afrique et jours de prière
Depuis deux ans, nous avons demandé de fêter de façon solennelle à la paroisse la fête de Notre-Dame d’Afrique, le 30 avril. Même si ce jour tombe en semaine, nombreux sont les paroissiens qui viennent célébrer avec nous. À cette occasion, nous avons distribué des images de Notre-Dame d’Afrique et récité ensemble la prière. Quelle joie et quelle fierté pour nous, SMNDA, d’avoir l’occasion de fêter Notre-Dame d’Afrique ainsi en paroisse, entourées de nos amis !
Durant l’été 2005, nous avons organisé dans notre communauté deux jours de prière pour des jeunes de notre paroisse que je connaissais à travers le catéchisme. C’était deux jours intenses où nous avons présenté les différentes formes de prières pour les pratiquer avec eux : prière avec la Parole de Dieu, chapelet, adoration, relecture de la journée… Nous avons été très touchées par la soif de ces jeunes qui avaient tous répondu oui à l’invitation.
Chez nos voisins du Sénégal
Depuis 2005, nous avons aussi saisi toutes les occasions qui se sont présentées pour aller chez nos voisins du Sénégal et participer aux événements pour jeunes organisés par l’Église du Sénégal ou de la région : Journées Mondiales de la Jeunesse, pèlerinage à Popinguine. C’est ainsi que j’ai eu la joie de participer deux fois déjà aux JMJ de la sous-région, une fois à Ziguinchor, en Casamance, et une fois à Thiès. À chaque fois, nous avons distribué nos dépliants SMNDA et nous avons contacté des jeunes filles individuellement. Notre sœur Anafrida Biro, qui, l’année dernière, faisait partie de l’équipe d’organisation de ces JMJ, a même eu l’audace de distribuer nos dépliants aux délégations venant de la Gambie, du Mali et des 7 diocèses du Sénégal !
En 2005, nous avons aussi rencontré les étudiants universitaires de l’aumônerie de St-Louis au Sénégal pour y présenter notre charisme SMNDA. À cette occasion, nous leur avons appris notre chant « Notre-Dame d’Afrique, mère de Jésus… »
Autres manières de « semer »
Chaque année, lors du renouvellement des vœux des sœurs de notre communauté, nous cherchons ensemble qui nous pouvons inviter pour l’eucharistie et le repas festif en vue de nous faire connaître davantage par les paroissiens. Nous n’invitons pas seulement des jeunes, mais aussi des parents engagés dans la paroisse qui peuvent avoir une influence auprès des enfants ou des jeunes.
Durant l’été 2009, nous avons aussi accueilli une jeune femme française en recherche de vocation. À travers sa vie en communauté, ses engagements apostoliques, sa participation à notre prière communautaire, nous avons pu l’aider dans son discernement personnel.
Vous le voyez, c’est à travers toutes ces activités-là, que notre communauté de Nouakchott se sent appelée à participer de façon active à cette priorité donnée à l’AMV durant ces années-ci par notre Congrégation. C’est possible, même dans une République islamique ! Nous croyons que nous sommes appelées à semer largement, sans trop calculer, pour que le Maître de la moisson puisse faire son œuvre à travers notre humble participation.
Mia Dombrecht,
Nouakchott, Mauritanie


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TOUTES CONCERNÉES !
Pour comprendre la manière de vivre l’AMV et les défis qui se présentent à nous, il me semble important de décrire le contexte ecclésial et celui de la Congrégation en France.
Contexte de l’Église et de la Congrégation en France
Il a fallu attendre vingt-deux ans après que le Chapitre général de 1987 ait affirmé : « l’AMV est une tâche prioritaire et urgente en vue de la mission », puis qu’en 2001, les sœurs réunies à Nairobi aient fait « un choix radical en faveur de l’animation vocationnelle ». En effet, en 2009, soit huit ans plus tard, une sœur a été nommée à mi-temps pour ce service en France. De plus, en 2010, une communauté AMV internationale verra le jour à Paris. Comme disait Ste Thérèse d’Avila : « La patience obtient tout » !
Quelle réalité ai-je trouvée en étant nommée dans la pastorale des jeunes en France ? Tout d’abord du côté de l’Église, j’ai découvert un épiscopat très favorable aux vocations sacerdotales et religieuses. Cela s’est concrétisé par des appels en vue de présenter notre vocation religieuse et missionnaire dans des aumôneries et des groupes vocationnels. Nous sommes fortement encouragées à nous décomplexer par rapport aux vocations ! « Parlez des vocations, invitez des jeunes dans vos communautés… ! » Tel est le slogan des instances nationales de l’Église de France. Ce n’est pas un hasard si le responsable du Service national des vocations est devenu également le responsable du Service national de la pastorale des jeunes.
Du côté des sœurs en France, ainsi qu’en Belgique où je travaille une partie de mon temps, l'atmosphère est plus mitigée ! Certaines sont heureuses de voir que, de nouveau, la Congrégation investit du personnel en Europe dans l’AMV, et elles m’encouragent. Par contre, d’autres sœurs ne croient plus en notre capacité d’accueillir des vocations européennes dans la Congrégation. Étonnante hésitation, alors que j’ai la joie de voir après moi 52 SMNDA plus jeunes que moi et 50 autres en formation ! Mon travail se situe donc dans ce contexte ambivalent.
Accueil des jeunes et nouveaux défis
Notre communauté de Paris Gay-Lussac accueille les jeunes, filles et garçons, qui viennent pour une période de préparation en vue d’un séjour en Afrique et pour les week-ends de relecture de leur expérience. Nous avons de bons contacts avec eux. Le partage des repas est toujours un temps fort pour eux comme pour nous. Ils sont avides de connaître et de comprendre notre vie religieuse et missionnaire. Nous prions aussi ensemble.
Nous sommes tout juste au début d’un nouveau chemin pour l’AMV en France. Il nous faut recréer un réseau de relations et nous faire connaître chez les jeunes. C’est pourquoi nous venons de rejoindre le Réseau Jeunesse Ignatien (RJI) qui propose des activités spirituelles pour les 17 - 30 ans. En 2010, certaines de nos propositions feront partie de ce réseau. J’ai aussi développé notre site Internet avec un « Espace jeunes », qui est assez bien fréquenté. Je collabore également avec les Missionnaires d’Afrique au niveau européen, avec par exemple, un voyage au Niger et un camp missionnaire à Lublin.
Beaucoup de défis sont devant nous : créer une communauté apte à accueillir des jeunes pour les étapes du « Viens et vois » et du postulat ; ouvrir certaines de nos prières communautaires aux étudiants ; développer de nouvelles initiatives ; faire tomber les préjugés sur les jeunes ; passer de la frilosité par rapport à l’accueil de vocations européennes à un enthousiasme réel et serein…
Nous sommes TOUTES invitées à collaborer à ce projet de Congrégation.
Cécile Dilé,
Paris – Gay Lussac, France


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L’AMV ? UNE TÂCHE PLEINE DE NUANCES
Depuis mon retour d’Afrique, au début de cette année 2009, je participe à l’Animation Missionnaire et Vocationnelle (AMV). On peut y retrouver toutes les couleurs des saisons, des plus ternes aux plus ensoleillées :
Des tâches très diverses
- Formation des laïcs missionnaires, les nôtres et ceux des trois Instituts avec lesquels nous collaborons depuis dix ans ;
- Homélies occasionnelles avec témoignage personnel ;
- Rencontres avec des groupes d’adultes variés, sociaux et chrétiens, pour une causerie ;
- Exposition d’artisanat africain, causerie, thé « masala » (thé aux épices) dans les résidences où nos sœurs habitent avec des laïcs ;
- Causerie ou enseignement formel dans des écoles où l’Afrique et notre travail sont présentés selon un thème précis ;
- Présence et collaboration à certaines rencontres du diocèse, liées à des mouvements de jeunesse ;
- Participation à une exposition d’art africain, dans la ville de Winooski, dans un certain contexte social, interculturel.
Des moments difficiles
À mon avis, le plus difficile n’est pas tellement d’exécuter ces tâches mais plutôt de :
- Se faire connaître, oser aller vers les chefs, les responsables, ceux qui dirigent ;
- Créer des contacts et se forger un réseau de paroisses, d’intervenants sociaux, de personnel diocésain, etc., pour les intéresser au fait missionnaire, et ce, pour le bénéfice des gens d’ici aussi, pour empêcher qu’ils se referment sur eux-mêmes, se contentent de se sentir bien ;
- Se donner de la visibilité, et pour cela, inventer des moyens ;
- Susciter la collaboration des compagnes SMNDA pour nous mettre en contact avec d’autres, faire connaître les possibilités de rencontres, causeries…
Comme les Missionnaires d’Afrique semblent commencer une forme ou l’autre d’AMV, j’espère pouvoir me joindre à eux occasionnellement et trouver avec eux de nouvelles façons de travailler, en proposant par exemple des « randonnées missionnaires ».
Colette Joubert,
Montréal – Av. Laval, Canada


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UNE CULTURE DES VOCATIONS
Mission de la communauté
L’AMV est la mission de la communauté tout entière. Chaque sœur y participe. Je n’avais aucune expérience et je n’étais pas préparée pour faire de l’AMV, mais les membres de la communauté m’ont introduite à leur approche. J’ai suivi un atelier au niveau diocésain qui a ouvert mon horizon à une « culture des vocations ». Cela signifie œuvrer à la promotion de toutes les vocations dans le pays et travailler pour le bien de toute l’Église, et pas exclusivement pour sa propre congrégation. C’est une large vision qui n’est cependant connue, partagée et pratiquée que par un petit nombre. Cela demande de travailler en équipe avec les religieux, les prêtres, les séminaristes, les couples et les laïcs.
Réaction
Des jeunes désirent aller en Afrique, par exemple pour aider les enfants pauvres, mais pas comme religieux. Ils cherchent à s’engager pour une courte période en tant que laïcs, sans doute à cause de solides liens familiaux et nationaux. Les meilleures animatrices sont les jeunes femmes elles-mêmes, nos postulantes, et ceux qui viennent nous rencontrer et nous apprécient, et aussi les prêtres et les amis qui nous connaissent ainsi que notre mission.
Collaboration avec les Missionnaires d'Afrique (MAfr)
Nous avons une bonne relation avec les MAfr, et ils nous offrent généreusement un espace sur leur site, une page dans le calendrier missionnaire et dans un magazine de nouvelles d’Afrique. Dans la formation, ils nous aident en
donnant un cours ou une session. Nous échangeons du personnel en donnant une retraite aux jeunes en formation, et nous nous sommes mis ensemble pour célébrer 20 ou 25 ans de présence au Mexique.
Importance de l’AMV
En toute vérité, il est important de faire de l’AMV pour la vitalité de notre mission en Afrique. En fait, nos amis et nos visiteurs pressentent notre esprit de famille et apprécient notre communauté internationale. Il est certain que notre manière d’être parle d’elle-même. Nous pourrions aussi être des femmes apôtres qui vont au-delà des frontières, qui travaillent avec ceux qui se sentent exclus de l’Église institutionnelle, comme les drogués et ceux qui sont adonnés à l’alcool, les victimes de l’HIV, les mères célibataires, les indigènes, etc.
L’année dernière, avec quelques laïcs missionnaires, j’ai pénétré pendant quelque temps dans le monde du peuple indigène, qui souffre de pas mal de discrimination. Ils ont beaucoup de dévotions et d’expressions de foi populaire et ce serait formidable de cheminer avec eux, de rencontrer Dieu dans leur propre vie, leur culture et leur histoire. Cela demanderait aussi un engagement pour la paix et la justice, la promotion des droits des femmes, l’alphabétisation, une éducation à la santé, etc. Nous aurions aussi besoin d’être activement présentes sur Internet et de prendre du temps pour écrire et converser parce que c’est par ces moyens que la plupart des jeunes nous connaissent. Cette vision à long terme est-elle réalisable ?
Ingrid Hager, Morelia, Mexique


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SEMER AU-DELÀ DES FRONTIÈRES
En Afrique de l’Ouest, l’AMV se fait aussi bien au Burkina Faso, où nous nous trouvons déjà, qu’au-delà des frontières, dans les pays voisins où nous ne sommes pas encore, comme le Togo, la Côte d’Ivoire et bientôt le Nigeria.
Au Togo
Depuis quelques années, les MAfr du Burkina Faso, se rendent au Togo pour l’AMV. C’est ainsi qu’actuellement, ils ont déjà plusieurs Pères togolais parmi eux. L’un d’eux, ouvert à la collaboration, a accepté d’accueillir et réunir les jeunes filles qui recherchent une congrégation missionnaire et qui viennent participer à leurs réunions. Ainsi, il nous fait parvenir les lettres de celles qui désirent avoir des informations sur notre Congrégation. La réception de leurs lettres a permis d’entamer une correspondance, suivie de visites au Togo.
L’une des premières contactées a régulièrement invité celles qui, elles aussi, sont en recherche. Un petit groupe s’est ainsi constitué. Certaines semblent être sérieuses, d’autres viennent par curiosité. Au Togo, la plupart des jeunes sont intéressées par les congrégations missionnaires et n’hésitent pas à les rejoindre, même si elles ne sont pas présentes au pays.
En Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, une jeune fille cherchait une congrégation purement missionnaire. Ayant rencontré les MAfr d’Abidjan, elle a demandé à l’un d’entre eux s’il existait une congrégation féminine du même genre. « Oui, a-t-il répondu, mais pas en Côte d’Ivoire. » Elle s’est donc mise à rechercher sur Internet les congrégations missionnaires, et c’est ainsi que, en 2008, elle a découvert notre adresse. Elle a aussitôt écrit pour demander des informations précises. Elle a été enchantée de recevoir ma réponse. Ce fut le début de notre correspondance. Voyant combien elle était intéressée, en dialogue avec la régionale, je me suis rendue à Abidjan en mars 2009 pour la rencontrer, et cela valait la peine. En même temps, elle avait informé d’autres jeunes filles en recherche vocationnelle, et c’est ainsi que j’en ai rencontré quatre autres.
La jeune fille en question, actuellement étudiante universitaire en gestion informatique, est en train de terminer ses études. Elle a 20 ans et semble être bien motivée. Elle vient de passer trois mois dans la communauté de la Cathédrale à Ouagadougou pour nous connaître de près. Comme elle doit faire trois mois de stage et présenter son mémoire, elle est retournée à Abidjan. Si tout va bien, elle reviendra après la défense de son mémoire pour son « Viens et vois ».
Au Nigéria
Ici, dans notre paroisse Cathédrale de Ouagadougou, un abbé nigérian est chargé de la communauté anglophone. Il accepte volontiers de nous introduire dans son pays, et spécialement dans son diocèse où, dit-il, il y a beaucoup de vocations. Comme les sœurs du Ghana m’ont envoyé leurs dépliants en anglais, le prêtre en question a accepté d’en prendre. Il se dit prêt, pendant son congé de Noël au pays, à parler de notre Congrégation en collaboration avec sa cousine qui a des responsabilités importantes dans une des congrégations de ce pays. Nous verrons comment y aller quand il y aura quelques jeunes filles intéressées. Voilà donc une porte ouverte sur le Nigeria.
Nous semons à temps et à contretemps, même au-delà des frontières. Le Seigneur fera germer le grain selon sa volonté.
Gratienne Ndizeye,
Ouagadougou Région, Burkina Faso


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UNE ANIMATION QUI SE TRANSMET
Donner ce que nous avons reçu
Il y a un peu plus de 2 ans, alors que je me trouvais dans ma paroisse d’origine dans le sud de l’Allemagne, j’ai rencontré ceux et celles qui, entre 1980 et 1985, étaient membres actifs du groupe missionnaire de jeunes, qui se rencontraient régulièrement chez les MAfr à Haigerloch, et prenaient également part à la « Route missionnaire ».
Lorsqu’ils ont su que j’étais engagée dans l’AMV, certains d’entre eux ont dit : « Comme nous aimerions que nos propres enfants reçoivent ce que nous avons reçu à travers ce groupe ! Nous en serions très heureux ! » Ou encore « Ce que nous avons reçu a tellement marqué notre vie ! » De fait, la plupart d’entre eux sont restés des chrétiens actifs. Je leur ai spontanément répondu : « Et vous ? Pourquoi hésitez-vous maintenant à aller de l’avant pour leur donner ce que vous avez reçu ? » À quoi ils ont répondu : « Nous le ferions si vous, missionnaires, étiez prêts à rester derrière nous, nous soutenant, nous encourageant, et si vous nous relanciez ! »
Relancer un groupe missionnaire
J’ai réfléchi à cela avec mon frère Hans, MAfr, qui avait prévu de retourner en Allemagne à Haigerloch. Nous y avons vu comme un signe de notre temps ainsi qu’une urgence : travailler avec des laïcs et lancer un groupe missionnaire nouveau et ancien. J’ai rendu visite à plusieurs dans leurs familles pour voir comment d’autres que nous réagiraient à cette idée. Ils furent tous très contents et prêts à aller de l’avant. En mai 2008, nous pouvions commencer avec un groupe « noyau » d’environ 15 jeunes femmes et jeunes hommes de 25 à 50 ans, avec une majorité d’environ 40 ans. Leur désir était d’être eux-mêmes animés et nourris dans leur foi. Ainsi, ils se sont rencontrés chaque mois pour un partage de Bible et planifier des activités. Le partage de Bible était animé par un Missionnaire d’Afrique.
Ranimer des groupes de jeunes
Pendant ce temps, nous avons organisé d’autres activités. Nous pensions que c’était très important pour ranimer des groupes de jeunes, scouts, servants de messe, garçons et filles, groupe de préparation à la confirmation et à la première communion etc. Notre journée d’information sur l’Afrique en juin 2009, à l’occasion des 50 années de profession de notre sœur Teresia (SMNDA) et de notre frère Alex, qui a pu lui aussi revoir 50 années de vie comme MAfr et qui est depuis décédé à Tamale en janvier 2009. Ce fut un jour inoubliable pour toute la paroisse. Tous étaient en quelque sorte engagés, comme en une seule famille.
Quelques autres groupes de Bible
Ceux-ci vont heureusement se mettre en route. C’est prêt maintenant ; de préférence des groupes de Bible en famille ou dans des soirées de partage avec d’autres témoignages de vie. Mon frère Hans animera ces groupes. Nous devons partir des racines, et notre espoir est que, peu à peu, nous puissions lancer de nouveaux groupes de jeunes missionnaires et d’autres activités de jeunes.
Ce groupe missionnaire a, pour la seconde fois, organisé avec les scouts, le traditionnel bazar d’Avent avec des décorations d’Avent et de Noël, réalisées par eux-mêmes, dans une atmosphère de vraie soirée d’Avent et tout ce qui va avec. Nous devons avancer lentement et être patients, mais pleins de confiance, croyant et mettant notre espoir en Dieu qui tient tout dans sa main, souhaitant qu’Il bénisse ces plans et ces rêves selon la manière qu’il voudra. C’est son œuvre que nous accomplissons avec sa grâce.
Rita Schrenk,
Köln, Thielenbrucher Allee, Allemagne


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La Vie se partage
PÈLERINAGE INTERNATIONAL
SUR LES PAS DE LAVIGERIE ET DE ST PAUL - ROME
Du 3 au 8 avril 2009, douze jeunes femmes ont visité Rome « sur les pas du Cardinal Lavigerie et de St Paul ». C’était Nikola, Allemande, Sr Cécile Dilé de France, deux postulantes polonaises, Kamila, Ania, et sept autres Polonaises, Agnieszka, Ania, Adriana, Ania, Magda, Marta, Ludwika et Sr Celina Natanek. La majorité faisait partie de différents groupes missionnaires.
Après deux jours en autocar, à notre arrivée à Rome, nous avons été chaudement accueillies par les sœurs de la Maison générale des SMNDA. Nous avons tout de suite perçu l’atmosphère internationale qui régnait entre nous. Bien que venant de pays si différents et bien que les sœurs aient travaillé dans différentes parties de l’Afrique, nous nous sommes senties comme une même famille. Cela a été pour nous une expérience nouvelle et très importante. La simplicité des sœurs nous a profondément touchées. C’est ainsi que les paroles du Cardinal viennent à l’esprit : « Le missionnaire est une personne d’amour ; il doit donner un témoignage d’amour pour tous. Le missionnaire est frère de tous. »
Lieux touchant notre expérience
Parmi des lieux très importants, nous avons visité la basilique de Ste Agnès et l’église de St Louis des Français, où Lavigerie fut ordonné évêque. Nous avons réfléchi sur notre appel personnel devant le fameux tableau du Caravage : « La vocation de St Matthieu ». À l’église du Gesù, nous avons découvert la campagne antiesclavagiste de Lavigerie quand il déclara : « Je suis un homme, et rien de ce qui touche l’homme ne m’est étranger (Térence). » Un cri adressé au monde entier… « Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l’oppression indigne ma nature. »
St Paul et son expérience de Damas sont devenus pour nous un point important, et cela a approfondi notre désir de connaître Jésus. Si vous connaissez le « pourquoi », vous trouverez le « comment », telle fut la conclusion de l’une de nos postulantes, touchée par le zèle de St Paul pour le Christ et Sa Mission. Ses paroles nous ont accompagnées tout au long du chemin : « J’ai été choisi par le Christ… Je ne pense pas l’avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière et tendu vers l’avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » (Ph 3,12-14). « Ma vie humaine actuelle, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2,20).
Au cœur de l’Église
et de notre famille missionnaire
Le dimanche des Rameaux, nous avons participé à la célébration de la Sainte Messe avec la jeunesse du monde à St-Pierre. Là, nous avons touché du doigt le cœur de l’Église et l’unité dans la diversité. Notre groupe de Pologne avait préparé une banderole pour saluer le Pape. Nous avons visité la tombe de Jean-Paul II où nous avons prié pour la jeunesse d’aujourd’hui. Jean-Paul II nous a accompagnées au cours de notre pèlerinage, puisque nous avons quitté la Pologne le 2 avril - Anniversaire de sa mort en 2005.
Pour moi, comme pour mes compagnes postulantes, ce pèlerinage était très important parce que nous avons eu la possibilité de rencontrer nos autres sœurs de la Congrégation. Nous avons eu plus d’information sur l’histoire de la Mission et sur notre famille. Nous avons beaucoup aimé la rencontre en trois groupes et le partage de Sr Lucie Pruvost (Afrique du Nord), Sr Nicole Robion (Afrique de l’Ouest) et Sr Francine Maas (Afrique de l’Est). La visite des archives des MAFR et des SMNDA a été pour nous un grand moment, avec des objets authentiques ayant appartenu à notre Fondateur le Cardinal Lavigerie et à Mère Marie-Salomé. C’était comme si nous « touchions » la véritable histoire de la vie des personnes et de la vie de la Congrégation.
Grâce à la bienveillance des Pères, nous avons pu prier et offrir la Sainte Messe pour la
Mission en Afrique, sur la tombe du Cardinal. Nous avons prié pour de nouvelles vocations missionnaires. Toutes, nous avons aimé la visite de la Maison générale des Pères et celle des Sœurs. Le Cardinal Lavigerie est devenu une personne concrète de son temps, rempli de zèle pour la mission du Christ, ayant tellement en commun avec St Paul. Nous avons retenu les paroles : « Vous expérimenterez une joie abondante, une joie dont les apôtres ont parlé. Une joie de participer à l’œuvre de Dieu. » Et encore « Deux choses sont exigées d’une Sœur missionnaire pour devenir sainte. La première est un détachement des liens humains et la seconde un attachement fort et ardent à Notre Seigneur Jésus Christ. »
Riche partage de foi et de culture
Notre groupe polonais a eu aussi la possibilité de présenter sa culture : musique, chants, danses, et spécialités culinaires. Nous avons appris davantage de la culture et des coutumes des peuples d’autres pays. Cela aussi a été une précieuse expérience.
Au nom de nous toutes, j’aimerais remercier les Sœurs de la Maison généralice, le Conseil provincial d’Europe et les Pères, de leur présence, de leur ouverture, de leur disponibilité à partager avec nous leur foi et leur Mission, avec un grand sens de l’humour. Pendant nos rencontres, nous avons pu sentir une atmosphère fraternelle, simple et amicale. De nombreux mercis à nos deux grandes accompagnatrices durant notre voyage, Sr Celina et Sr Cécile, qui avaient préparé le programme et nous ont guidées durant ce pèlerinage. Les différentes méthodes de travail nous ont été une grande aide et nous ont intéressées.
Merci à vous tous et toutes qui avez cheminé avec nous en esprit et en vérité. Cela fut un cadeau très caractéristique dont nous sommes très reconnaissantes. Nous espérons nous rencontrer de nouveau l’année prochaine (2010) avec un plus grand groupe. Que le Cardinal Lavigerie et St Paul prient pour nous toutes !
Une participante, Lublin, Pologne


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CONGRÈS MONDIAL POUR LA PASTORALE DES MIGRANTS ET RÉFUGIÉS
Du 9 au 12 novembre 2009, s’est tenu à Rome le 6ème Congrès Mondial de la Pastorale pour les Migrants et les Réfugiés, réunissant 294 délégués venant de 81 pays. Amalia García de Málaga en faisait partie. Elle en rend compte pour Partage.
Thème et participants
Parmi les participants, se trouvaient 82 évêques, 6 cardinaux et des représentants de diverses congrégations religieuses, ainsi que des Églises chrétiennes : Patriarches, Conseil œcuménique des Églises, anglicans, Fédération Luthérienne et experts d’organisations internationales. Le Congrès avait pour thème : « Une réponse pastorale au phénomène migratoire à l'ère de la mondialisation, 5 ans après Erga migrantes Caritas Christi ». Il a débuté avec une Eucharistie à la basilique de St-Pierre, présidée par le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État au Vatican.
Durant ces trois jours, il y a eu de nombreux exposés, des conférences, des tables rondes, ainsi que des groupes de travail. Quatre langues étaient utilisées: italien, français, anglais et espagnol. Les groupes de travail étaient aussi organisés par langues.
Question dominante
La question dominante était : Comment répondre d'une manière plus appropriée au phénomène migratoire, toujours en augmentation, comment intégrer les immigrants au sein de nos communautés chrétiennes et répondre à leurs besoins fondamentaux ? Il n'y a pas de réponses toutes faites, mais des données qui peuvent nous interpeller.
Ce qui revenait souvent au cours des interventions
- Il y a dans le monde plus de 200 millions d’immigrants et de réfugiés parmi lesquels 11 millions d’illégaux.
- Les immigrés et réfugiés sont des personnes humaines créées à l'image de Dieu. Elles méritent autant de respect et de dignité que quiconque parmi nous.
- Les médias informent peu ou cachent les drames que vivent les immigrés.
- Le racisme et la xénophobie augmentent.
- Dans les années à venir, 50 millions de postes de travail disparaîtront.
- La globalisation accroît la souffrance des immigrés. C’est une cause d’exploitation, un défi pour l'Église. Elle augmente la liberté des échanges commerciaux, tout en faisant obstacle lorsqu'il s’agit des personnes ; ce qui est contraire au droit fondamental de la personne de vivre là où elle le désire. S’il n’y a aucune limite pour la recherche des capitaux, combien de limites au contraire pour l’accueil des personnes !
- Face à l’immigration, il y a dichotomie : le pays d'accueil en a besoin ; la société en a peur.
- L’intégration de l'immigrant est un défi permanent. Il faut plus qu’une aide linguistique et un cours de perfectionnement. L'intégration se fonde sur le respect de l’autre, la possibilité de dialogue, sur le fait pour l’immigrant de pouvoir assurer sa propre subsistance et de pouvoir participer et s’impliquer dans la société.
Problème des jeunes immigrants
Le P. Gabriel Parolin, supérieur régional des Missionnaires Scalabrini a parlé du problème des jeunes immigrants. Il a souligné la souffrance de ces jeunes tiraillés entre deux cultures : celle de leurs parents et celle du pays d'accueil. De leurs parents, ils ont reçu certaines valeurs dont celles de la religiosité. La première génération de ces jeunes avait foi en Dieu et avait aussi besoin de trouver ses propres racines, les 2e et 3e générations ont planté leurs racines dans une nouvelle réalité : elles gardent la culture des parents, mais ne croient plus en Dieu. La fracture entre deux plans, le religieux et le culturel, est insurmontable. Le jeune immigrant est séduit par la société de consommation, l’individualisme et l’athéisme de nos sociétés. Comment aider le jeune à découvrir la présence d'un Dieu amour dans sa vie concrète ?
À retenir
Il y aurait tant de choses à dire sur ce congrès ! Mais j’en retiens ceci :
- Pour l’Église, la pastorale des immigrants est une des grandes priorités, car là où il y a de la souffrance, l’Église doit être présente.
- L’Église doit développer une théologie des migrations.
- L’Église doit être la voix des sans-voix et lutter contre le trafic des personnes.
Ce congrès m'a personnellement aidée à prendre conscience de tout ce qui est à faire et de tout ce qui manque encore pour avoir un engagement effectif en faveur de la dignité de la personne. Je suis reconnaissante envers le Conseil général de m'avoir invitée à participer à cet évènement d’Église, alors que je commence le travail avec les immigrants. Merci de tout cœur !
Amalia García,
Málaga, Espagne


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MISSIONNAIRE POUR L’AFRIQUE… AUTREMENT…
Carol désirait devenir SMNDA. Après un essai parmi nous et un séjour en Afrique, sa santé ne lui a malheureusement pas permis de réaliser son désir. Elle a donc dû retourner en Espagne, son pays d’origine. C’est alors que, attentive à l’appel de Dieu, elle a su répondre en devenant « Missionnaire pour l’Afrique… autrement ». Son témoignage, publié dans la revue de son diocèse sous forme d’interview s’inscrit bien dans ce numéro de Partage consacré à l’AMV. C’est pourquoi nous le proposons à votre lecture et à votre prière.
* Par quel désir t’es-tu senti poussée à répondre à l’appel à la vie religieuse missionnaire ?
Dès l’enfance, intrépide et décidée, j’ai éprouvé de l’intérêt pour les plus pauvres. À l’âge de 23 ans, alors que je travaillais dans un Institut auditif à Madrid, je me suis sentie appelée à autre chose. Le Seigneur m’accompagnait dans ma relation avec les malades et les exclus, et ce sont eux qui m’ont montré Jésus. Un beau travail, une famille magnifique et des amis merveilleux. Rien ne m’a retenue pour répondre à un appel qui pourtant me faisait peur : « Tout quitter et le suivre ! »
Deux aspirations m’habitaient : un grand amour pour l’Afrique et son peuple, d’une part ; et d’autre part, la confirmation en moi de l’appel de Dieu pour ce continent, là où Il aurait besoin de moi, en lui donnant ma vie. Je voulais entrer dans la famille des SMNDA !
* Tu as vécu en Ouganda, Tanzanie, Kenya et Algérie. Quel souvenir gardes-tu de ces années là-bas ?
À travers ma mission dans ce beau continent, chaque jour j’ai pu découvrir que j’étais bien là où j’en avais eu un si grand désir. J’accompagnais des malades du SIDA surtout ceux qui manquaient de moyens pour rejoindre des Centres de santé. Au cours de mes visites, j’ai souvent trouvé souffrance, solitude et mort. Avec le temps, j’ai compris que ceux-là mêmes qui se sentaient seuls et avaient peur, essayaient aussi d’accepter le lendemain avec un autre regard.
* Comment vis-tu l’avenir de l’Afrique ?
Avec optimisme ! Avant de partir, quelqu’un m’a dit : « Ce continent fait de la peine. Là-bas, tu ne trouveras que misère… » Aujourd’hui je peux dire que tout dépend des yeux avec lesquels on regarde l’Afrique. J’ai vécu avec beaucoup de personnes qui luttent pour une vie plus juste, qui désirent être reconnues dans ce monde. J’ai aussi vécu avec des gens simples qui continuent à défendre la liberté et l’espérance.
* Pourquoi es-tu revenue ?
J’étais partie en pensant que c’était pour toujours. Mais une grave maladie m’a obligée à quitter alors que je vivais en plein bonheur. Je n’ai pas voulu subir ce départ comme une frustration, même si, au début, cela m’a été très difficile, presque impossible. Pendant un moment, j’en suis arrivée à penser que toutes les portes se fermaient devant mes plans, mon choix de vie…
* Maintenant, comment affrontes-tu cette situation ?
Cela n’a pas été facile. Mais dans le silence et la prière, j’ai découvert que Dieu avait d’autres plans pour moi… Et cela me suffit. Je suis passée de l’indépendance à la dépendance totale… surtout envers ma famille.
Ma santé s’est fragilisée, mais pas ma foi. Actuellement, c’est à peine si je peux encore marcher. Mais je me rends compte que sans les années vécues en Afrique, je n’aurais pas eu cette force pour pouvoir accepter ce que je vis aujourd’hui.
* Et maintenant, quelles sont tes attentes ?
Ma mobilité réduite ne m’empêche pas de continuer à travailler pour l’Évangile. Mon rêve, vivre à l’exemple de Jésus, ne s’est jamais éteint. Jésus a accepté sa croix, il l’a vécue et l’a aimée jusqu’au bout… J’offre ma vie pour les Africains. De ma chambre et de ma chaise roulante, je continue à faire le pari d’un monde plus juste pour tous sans exception. Plus que jamais, je continue à me sentir missionnaire et fidèle à l’appel du Seigneur ! Je rends grâce à Dieu parce qu’il m’a fait confiance.
Carol García Murillas,
Paroisse de Belver de Cinca, Espagne


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Publication
Algérie, Terre de Rencontres
Le 1er décembre 2009, les Éditions Karthala (Paris), France, ont publié un livre, Algérie, Terre de Rencontres, qui rassemble des entretiens menés par Mme Laurence Ammour, sociologue algérofrançaise avec Lucie Pruvost, SMNDA, native elle aussi d’Algérie. Lucie et Laurence se sont rencontrées à Rome, chez des amis communs. Laurence, intéressée par ce qu’elle percevait du long parcours de Lucie dans son propre pays d’origine, lui a demandé de lui raconter ce parcours. Dans ce but, du fait de ses compétences personnelles, Laurence a préparé des questions auxquelles Lucie répondait spontanément, se laissant guider par le cheminement qui lui était proposé.
« Chemin faisant, résume Laurence dans son introduction, nos entretiens ont pris une tournure plus intellectuelle et plus politique. Nous avons abordé la question de la religion, de l’islamologie, des interprétations des textes des femmes algériennes, du code de la famille et des batailles que sa promulgation a occasionnées. Il ne s’agit donc pas simplement d’un livre intime ou d’un témoignage, mais aussi d’une réflexion sur des sujets actuels dont l’enjeu est considérable. »
L’ouvrage est relativement volumineux, 258 pages au total, y compris une préface offerte par un anthropologue algérien, M. Mustapha Haddab, professeur à l’Université d’Alger, une postface de Mgr Henri Teissier, Archevêque émérite d’Alger. Diverses annexes ainsi que de nombreuses notes donnent à ce travail un caractère documenté et universitaire, qui correspond à la formation reçue par Lucie au cours de son parcours dans la Congrégation.
Le livre est réparti en quatre grands chapitres. Le premier, plus biographique, permet de découvrir comment s’est peu à peu construit ce qui deviendra un itinéraire apostolique, vécu en grande partie au sein de l’Église d’Algérie « entre relation et épreuve ». Des aspects soulignés par Mgr Teissier dans sa postface.
Le second chapitre propose quelques aspects d’une expérience de rencontre de l’autre différent par sa religion, l’islam, sa culture, une forme d’humanisme, etc. Le troisième chapitre rappelle comment tradition et législation se retrouvent avec plus ou moins de bonheur dans la mise en place d’un code de la famille dans un pays de tradition musulmane. Le quatrième, enfin, ouvre sur les évolutions actuelles de la pensée dans un monde musulman qui cherche à se situer dans la modernité sans y perdre son âme.
Comme l’explique M. Haddab dans sa préface, cette recherche fait partie « des travaux
nombreux et variés sur l’islam et les sociétés musulmanes ». Cette recherche, écrit-il encore, permet de sentir comment des hommes et des femmes appartenant à l’islam « cherchent à ouvrir aux musulmans d’aujourd’hui saisis par le défi de la modernité l’accès à une Parole de Dieu, un texte, le Coran, qui leur parle véritablement ». Ce qui fait peut-être l’originalité de ce travail, c’est que la recherche qu’il a suscitée relève de la mise en place d’un « dialogue de conscience », selon l’expression de Mgr Teissier, forme qui émerge aujourd’hui des recherches concernant le « dialogue interreligieux » que l’Église désire promouvoir.
Chantal Vankalck, Rome


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NOTRE-DAME D’AFRIQUE À L’UNIVERSITÉ PONTIFICALE URBANIANUM
Peut-être aimeriez-vous savoir qu’une reproduction de Notre-Dame d’Afrique se trouvera dorénavant dans une des chapelles de l’Urbanianum, ici à Rome. La direction et les étudiants dont beaucoup viennent d’Afrique ont eu l’idée de dédier une de leurs chapelles à Notre-Dame d’Afrique.
Ne sachant pas où trouver une photo ou une icône, le Vice-recteur, le P. Émile-Martin Dibongue, du Cameroun, a fait des recherches dans Internet où il a trouvé notre adresse e-mail. Sa demande nous est parvenue la veille de Noël 2009.
Le 8 janvier dernier, Renza Spizzo, Odette Boillat et moi-même avons apporté au Vice-recteur une grande photo encadrée de la statue de Notre-Dame d’Afrique. Celui-ci a été très heureux et reconnaissant de voir que sa recherche avait finalement abouti et il nous a montré la belle chapelle dédiée à Notre-Dame d’Afrique. Nous souhaiterions visiter cette chapelle une fois encore, lorsque la photo sera finalement placée à l’endroit choisi.
Hildegunde Schmidt, Archiviste, Rome


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Communications
Dates du Chapitre général
Pour des raisons pratiques, les dates du Chapitre général ont changé :
du mercredi 13 juillet au mercredi 3 août 2011.
Merci d’en prendre note !
Nominations des nouvelles professes:
Bernadette Djekoye Kemleldel du Tchad,en
Afrique du Nord,
Ghardaïa
Elodie Somwaya Ouedraogo du Burkina Faso,
en Afrique Centrale,
Bukavu Kadutu
Georgette Ouedraogo du Burkina Faso,
en
Afrique de l’Ouest,
Gumo
Vœux perpétuels
Le 2 janvier 2010, Sabine Dakouo a prononcé ses vœux perpétuels à Kalabankura, au Mali, son pays d’origine. Nous rendons grâce à Dieu pour son cheminement et son engagement dans la Congrégation. Nous communions à sa joie.
María Pilar Benavente (Piluca) a été élue Présidente du SEDOS
Le 4 décembre dernier, notre sœur María Pilar Benavente (Piluca) a été élue Présidente du SEDOS. Félicitations pour cette confiance donnée à notre Supérieure générale !
Ce Service de Documentation et d’Études (Studies en anglais) est né en 1964, durant le Concile Vatican II, lorsque 7 sociétés missionnaires ont commencé à se rencontrer d’une manière informelle à Rome, pour échanger des informations et des points de vue sur la Mission de l’Église. Par sa réflexion, le groupe contribua d’une manière remarquable à l’élaboration du Décret Ad Gentes.
Son bureau exécutif est composé de supérieurs généraux d’Instituts missionnaires et compte 50% d’hommes et 50% de femmes. La Présidence en est assurée alternativement par un homme et par une femme, élu(e) pour un mandat de 3 ans. La plupart des grands Instituts missionnaires de l’Église catholique en sont membres.
Ce service se définit comme un forum ouvert aux Instituts de vie consacrée qui s’engagent à approfondir leur compréhension de la Mission globale de l’Église. Il est doté d’un Bulletin qui publie régulièrement des articles de fond sur la question. De plus, il organise chaque année un important séminaire d’une semaine, ouvert aux membres des Instituts concernés, ainsi que des conférences ouvertes à un large public.
Décorations
Au cours du mois de décembre dernier, plusieurs SMNDA ont vu honorer leur activité au service des plus démunis, par des décorations diverses:
* Monika Weber, allemande, de la communauté de Köln (Allemagne), a reçu un Prix de la Fondation Anawati (Georges Anawati, o.p. islamologue égyptien) pour son engagement remarquable dans le dialogue entre chrétiens et musulmans. Depuis 1975, Monika travaille auprès de femmes venant de Turquie, du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est. La remise du prix s’est déroulée avec solennité le 26 novembre 2009 au Centre Chorweiler. À cette occasion, l’Évêque auxiliaire de Köln a fait l’éloge de Monika en disant qu’elle « était vraiment une sœur pour les femmes ».
* Josette Beyou, française de la communauté du Kef (Tunisie), a été faite Chevalier de l’Ordre National du Mérite, le 28 décembre 2009, à l’Ambassade de France en Tunisie. En l’informant de cette attribution, Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires étrangères a souligné « sa vie d’engagement au service des plus pauvres, d’abord en Algérie comme infirmière et, depuis près de 50 ans, en Tunisie ».
* Maria Weis, allemande de la communauté de Ouagadougou Cathédrale (Burkina Faso), a reçu la médaille de Chevalier de l’Ordre National du Burkina Faso. Selon la Ministre de la Promotion des droits humains, cette décoration lui a été décernée, « dans le cadre de la commémoration du 61ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, qui (sera) célébrée le 10 décembre 2009. » Maria a accepté ce prix au nom de toutes les sœurs qui ont œuvré au centre « Burkina–Delwende » et au nom de toutes les femmes accusées d’être des mangeuses d’âme, des sorcières et, pour cette raison, sont exclues de leur milieu, de leur famille.
* Philomena Aruk, ghanéenne de la communauté de Gumo (Ghana), a reçu en décembre 2009 à Tamale, le prix de « Regional Best Teacher ».
Que chacune d’elles soit assurée des félicitations et du soutien
de toutes les SMNDA pour ce couronnement d’une vie tout entière donnée à l’Afrique !


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Partage Trentaprile est publié 5 fois par an par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique,
Viale Trenta Aprile, 15 - 00153 Rome, Italy -
Courriel: partage.trentaprile@msolafrica.org; pruvostlucie@hotmail.com
Comité de rédaction: Chantal Vankalck (G.C.), Lucie Pruvost (Editrice), Madeleine Bédard et Patricia D’Ortenzi (mise en page), Hildegunde Schmidt (archiviste) - Traductions: Reninca et Lucie Pruvost - Expédition: Nicole Robion
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