Partagé par Sr Nathalie Sedogo, Deli, Tchad
Des hommes de prière
Le Pape François et le Cardinal Lavigerie avaient une foi enracinée dans la prière. Le Christ était le centre et la référence de leur vie. Le pape François, selon ses proches, commençait sa journée par une longue prière. Pour lui « la clé qui ouvre à la foi c’est la prière » (déclaration à Radio Vatican, le 07/10/2013). Le cardinal Lavigerie était aussi un homme de prière et de foi. « Parmi les obligations de la vie apostolique, il importe de placer la prière avant tout. »
Il insistait en disant : « De même que le corps périrait s’il était privé d’air, de même les âmes se dessècheraient et marcheraient vers leur mort si elles n’avaient pas été rafraîchies et nourries par la prière ».
Ils étaient très humains et de bons pasteurs du Christ
Le pape François invite les prêtres à être des pasteurs « pénétrés de l’odeur de leurs brebis », c’est à dire qu’ils rejoignent les hommes dans leur vie quotidienne et jusqu’aux périphéries existentielles. Pour le cardinal Lavigerie, les missionnaires doivent être des apôtres et rien que cela. Être proches du peuple auprès duquel nous sommes envoyés. Il disait à cet effet : « Nous devons nous faire semblables à eux en adoptant leur mode de vie extérieure, leurs vêtements, leur nourriture, leur langue ; en étant en un mot, tout à tous pour les gagner à Jésus-Christ ».
Des hommes de la rencontre et du dialogue interreligieux
Le cardinal Lavigerie était un homme de foi, large d’esprit. Il a su manifester une attention particulière aux musulmans. Après sa rencontre avec le leader musulman Abdel Kader au moment des massacres des chrétiens du Liban et en Syrie, il affirmera que ce fut son « chemin de Damas ». Les Missionnaires d’Afrique et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique ont hérité de lui cette valeur du dialogue avec les musulmans. Au cours de son pontificat, le pape François a constamment œuvré pour le dialogue interreligieux considérant la fraternité humaine comme essentielle à la paix mondiale.
Il considérait que la coexistence pacifique entre les religions était essentielle à la paix mondiale et que les différentes traditions religieuses avaient un rôle clé à jouer pour combattre l’intolérance. (cf. « Document sur la fraternité humaine »)
Des hommes de justice et paix
Lavigerie fut un défenseur des droits de l’homme. La lutte contre l’esclavage en Afrique fut un de ses grands combats. « C’est une guerre sans merci », disait-il. Dans ce combat, il remua ciel et terre, et y laissa une bonne partie de sa santé. Lorsqu’il parla, comme ce fut le cas lors de la conférence donnée à Rome dans l’Église du Gesù , ce fut toujours avec des accents passionnés : « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger (1). Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l’oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m’inspirent que l’horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l’on fît pour me rendre la liberté, l’honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de cette race infortunée la famille, l’honneur, la liberté » (E.98) Tout au long de son pontificat, le pape François n’a cessé de parler de la paix. Il invitait les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté à cultiver la paix en soi. Il n’hésitait pas à dénoncer les injustices et les pillages des ressources naturelles de l’Afrique.
Il suppliait les chefs d’Etat de briser les chaines de l’injustice et de travailler au dialogue et la réconciliation, soulignant que « la paix ne se limite pas à l’absence de guerre, elle exige une transformation profonde des cœurs et des structures ».
Une dévotion spéciale pour Marie
Le pape François avait une profonde dévotion envers la Vierge Marie, qu’il voyait comme une figure maternelle, disciple, amie et modèle de foi. Il l’honorait comme Mère de l’Eglise et Mère du monde. Il la considérait comme celle qui nous conduit à Jésus et comme celle qui intercède pour nous et nous soutient dans nos soucis. Il confiait tous ses voyages à Marie, Salus Populi Romani, dans la basilique Sainte Marie Majeure à Rome. Le Cardinal Lavigerie lui aussi avait une dévotion toute particulière à Marie. Pour lui, Marie était le modèle par excellence. Lorsqu’il fonda les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, il consacra les deux Instituts à Marie, Notre- Dame d’Afrique.
C’est le 08 décembre qu’il signa le décret déclarant l’Immaculée Conception patronne de nos deux Instituts.
(1) » Terence, Heautontimoroumenos, u.77 “Homo sum: humani nihil a me alienum puto”





