Par Sr Pascaline Katungu de la communauté de la Cathédral, Ouagadou
Pour une paix durable : le rôle de la femme dans la restauration de la dignité humaine.
Le 8 février nous faisons mémoire de sainte Joséphine Bakhita, patronne du réseau Talitha Kum « Jeune fille, lève-toi ». C’est une Journée de prière et de réflexion contre la traite des personnes. Nous avons porté dans nos prières les hommes, les femmes et les enfants victimes de l’esclavage moderne, de toutes sortes d’abus et d’exploitation et qui sont considérés comme des instruments de travail ou de plaisir et souvent torturés et mutilés. C’est un réseau actif au Burkina Faso. Il réunit toutes les personnes concernées pour être la voix des personnes humiliées dans leur dignité.
Notre communauté de la cathédrale y fait partie et est représentée par sœur Pascaline (dans la photo) qui travaille activement dans ce réseau en collaboration avec d’autres personnes laïques et consacrées. Depuis juillet 2025, nous avons la joie d’avoir un centre de transit pour les survivantes de la traite au Burkina. Aujourd’hui plus de 40 jeunes filles de différentes nationalités y sont passées et ont bénéficié d’un cadre et soins nécessaires avant de rejoindre leur pays d’origine et leur famille.
Le 8 février 2026, le noyau du diocèse de Ouagadougou, nous avons prié le chapelet en méditant sur le message du pape Léon pour cette cause et aussi nous avons fait la sensibilisation sur la lutte contre la traite humaine. Le pape, ayant commencé son discours par la salutation de notre Seigneur Jésus ressuscité « La paix soit avec vous » (Jn 20, 19), a souligné que ces « mots sont plus qu’une simple salutation ; ils offrent un chemin vers une humanité renouvelée. La paix véritable commence par la reconnaissance et la protection de la dignité donnée par Dieu à chaque personne ». Alors la dignité pour tous est notre priorité pour une paix durable dans notre société.
Après la prière, la présidente nationale du réseaux Talitha Kum Burkina, sœur Nadine de la congrégation de Sainte Croix, a saisi l’occasion pour conscientiser les personnes qui était venues prier avec nous en particulier les femmes membres du groupe enseignantes. La plupart des femmes présentes ont reconnu que leurs enfants ont été victime d’arnaque et ont été sauvés de justesse de réseaux de trafiquants. Et d’autre ont promis d’être vigilantes pour aider leurs enfants et l’entourage de ne pas tomber dans des pièges des trafiquants qui viennent souvent avec des idées prometteuses d’une vie meilleure, mais tout cela, ce sont des pièges. Elles ont rejoint les réseaux Talitha Kum sans hésitation.
Au niveau national nous avons eu une messe de bénédiction du centre le 8 mars, toujours avec la pensée de la sainte Bakitha, notre patronne. A cet effet, deux jours étaient dédiés à la prière et sensibilisation autour du thème « Zéro traite des personnes pour une paix durable : rôle de la femme dans la restauration de la dignité humaine au Burkina-Faso ».
Le 07 mars nous avons eu une séance de conférences pour sensibiliser et conscientiser les gens et leur parler du bien-fondé du centre d’accueil des survivantes de la traite et surtout du réseau Talitha Kum. Et le 08 mars après la célébration eucharistique à la paroisse où se localise le centre, le curé a procédé à la bénédiction ducale. Nous avons fait la procession de lumières, signe de notre engagement d’être lumière auprès des victimes de la traite en leur montrant le chemin de la vie. Surtout, nous nous engageons pour briser les chaînes et restaurer des vies.
Cette célébration réunissait les différents noyaux du réseau, c’est-à-dire: noyaux de Bobo Dioulasso, Banfora, Koudougou, Ouahigouya, Gaoua et Ouagadougou (dans le pays nous divisons les réseaux par noyaux. C’est une entité de réseau Talitha Kum qui est fonctionnel dans chaque diocèse en collaboration avec le réseau national).
LE CENTRE DE TRANSIT TALITHA KUM
C’est un centre qui accueille des survivantes internationales, c’est-à-dire des jeunes filles et femmes étrangères victimes de la traite des personnes au Burkina Faso. Et aussi des jeunes filles et femmes locales.
Il a pour objectif de faciliter aux survivantes internationales un retour volontaire et sécuritaire vers leurs pays d’origine avec un accompagnement psychologique continu. Et assurer le suivi en collaboration avec le réseau Talitha Kum existant dans le pays de la personne. Pour les personnes locales, l’objectif est de favoriser une réinsertion sociale et économique durable, et l’autonomie. Aussi réduire le risque de pré-exploitation.
Le centre met à la disposition des personnes sauvées l’accueil et la protection. Une prise en charge des besoins de base, un soutien psychologique, une assistance juridique et administrative. Il favorise le retour volontaire vers les pays d’origine. Aux Burkinabés les agents du centre donnent une formation éducative et professionnelle et recherchent la famille pour favoriser la réconciliation familiale et la réinsertion.
Les personnes invitées à la cérémonie ont exprimé leur gratitude et ont promis de soutenir le centre. Entre autres les présidents des supérieurs majeurs et le Conseil représentant de l’ambassade du Nigeria.
La gloire de Dieu, c’est l’être humain debout ».






