Ewa Kaznowska-Ponczek, originaire de Lublin en Pologne, a vécu, avec son mari et ses deux filles, une expérience de volontariat auprès des populations les plus vulnérables du Ghana, en Afrique de l’Ouest.
Nous sommes une famille ordinaire de Lublin, occupée par la vie quotidienne : l’éducation de nos deux filles adolescentes (12 et 15 ans) et nos responsabilités professionnelles. Malgré un emploi du temps chargé, nous essayons d’aider les autres, à la fois par compassion et pour apprendre à nos enfants l’empathie et l’attention aux besoins d’autrui. C’est ce désir qui nous a poussés à partir comme volontaires à l’étranger. Grâce à Sœur Celina Natanek, nous avons eu l’opportunité de servir auprès des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches) au Ghana, après une année de préparation.
Une fois par mois, nous participions à des rencontres de formation au cours desquelles nous étudiions la Bible, réfléchissions à nos motivations et écoutions des personnes ayant une expérience missionnaire. Nous avons appris à nous ouvrir à l’inconnu et à renoncer à nos attentes. Nous étions invités à devenir comme une page blanche — et c’est exactement ce qui s’est produit.
Notre expérience missionnaire au Ghana a eu lieu en février 2026. Outre notre famille de quatre personnes, ma mère âgée de 77 ans et Madame Teresa, pharmacienne à Lublin, ont également pris part à cette mission. Dès notre arrivée, nous avons dû faire face à de nombreux défis : un long voyage jusqu’à la communauté des Sœurs, l’absence d’eau courante, les bains à l’eau de pluie récupérée, les fréquentes coupures d’électricité, la chaleur intense et le risque de paludisme.
Malgré tout, cette expérience a été merveilleuse, car elle fut avant tout une rencontre avec des personnes accueillantes, bienveillantes et joyeuses malgré des conditions de vie difficiles.
Nous avons travaillé bénévolement dans une grande école catholique comptant 940 élèves. Nous avons enseigné l’anglais, la géographie, les arts plastiques et l’éducation physique, et organisé une journée sportive pour toute l’école. Le manque de matériel pédagogique et d’équipements sportifs a touché de nombreux amis restés en Pologne. Grâce à leur générosité, nous avons pu acheter des ballons et des livres pour les élèves et les enseignants. Nous avons également beaucoup appris sur le système éducatif ghanéen. Dans une région où de nombreux adultes ne savent ni lire ni écrire, les familles n’ont souvent les moyens de scolariser qu’un seul de leurs enfants. C’est pourquoi le directeur accepte de nouveaux élèves même tard dans le trimestre afin qu’ils ne perdent pas leur chance d’accéder à l’éducation.
Nous avons également été volontaires à la Shekhinah Clinic, fondée par David Fuseini Abdulai. Seul survivant parmi onze frères et sœurs, il a poursuivi des études de médecine avant de renoncer à une carrière lucrative afin d’offrir gratuitement des soins de santé aux plus pauvres. Bien qu’il soit décédé d’un cancer, la clinique continue aujourd’hui de servir la communauté grâce à la générosité de nombreux bienfaiteurs.
Madame Teresa et notre fille Marysia ont réalisé l’essentiel du travail à la clinique. Elles ont trié les médicaments, pris la tension artérielle des patients et accompli diverses autres tâches nécessaires. La clinique gérait également une cuisine qui préparait chaque jour cent repas pour les personnes dans le besoin. Nous avons participé à l’emballage des denrées alimentaires, à leur distribution dans les quartiers défavorisés de Tamale et à la livraison de repas dans une prison locale. Ce qui nous a le plus marqués, c’est la gratitude exprimée pour chaque geste de solidarité, aussi modeste soit-il.
Nous avons également rencontré des femmes qui apprenaient la couture, ce qui leur permettait d’éviter de devenir victimes de la traite des êtres humains, ainsi que des femmes produisant du beurre de karité pour subvenir aux besoins de leur famille. Le Père James nous a particulièrement impressionnés en nous faisant découvrir l’histoire et la vie quotidienne du Ghana. Grâce à lui, nous avons visité Cape Coast, marquée par la douloureuse histoire de la traite transatlantique des esclaves, Toxic City, où sont traités les déchets électroniques, ainsi que le parc national de Kakum.
Par-dessus tout, le Ghana a été pour nous une rencontre avec des personnes ouvertes, chaleureuses et souriantes. Cette expérience nous a permis de mieux comprendre les réalités et les besoins quotidiens des autres, nous a appris l’attention et la gratitude, et nous a laissés avec un profond sentiment d’accomplissement.








