« J’ai de l’espérance en tant que chrétienne, disciple du Christ. Et mon espérance repose sur vous, les organisations qui ont entendu le cri des populations : celles et ceux qui sont touchés par la crise climatique et la crise de la dette. »
C’est le message de Sœur Maamalifar Poreku, Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique originaire du Ghana.
Le Ghana est l’un des pays les plus vulnérables à la crise de la dette. Selon les Nations Unies, le gouvernement ghanéen a consacré en 2023 près d’un quart de ses recettes au remboursement de la dette.
Sœur Maamalifar, Co-Secrétaire exécutive de la Commission Justice, Paix et Intégrité de la Création de l’Union des Supérieurs Généraux, a partagé avec la campagne Transformer la dette en espoir (Turn Debt into Hope) les conséquences de la crise de la dette sur les communautés de son pays.
Comment la crise de la dette affecte les populations au Ghana
Sœur Maamalifar témoigne :
J’ai vu la souffrance des populations causée par la crise de la dette.
J’ai grandi dans un village où nous étions autosuffisants. Nous avions suffisamment à manger et nous vendions le surplus pour répondre à d’autres besoins. J’ai travaillé à la ferme toute ma vie jusqu’à mon départ de la maison familiale en 1990. J’y retournais de temps en temps, mais ces dernières années, je n’y étais pas retournée depuis cinq ans. Puis, en août dernier, je suis rentrée au village et, un soir, j’ai eu envie de revoir la ferme que je cultivais avant mon départ.
Je me suis perdue. Je n’arrivais plus à la retrouver. De retour à la maison, j’en ai parlé à ma famille, qui s’est mise à rire. Ils m’ont expliqué que les arbres qui nous servaient de repères avaient tous disparu. La vie était devenue tellement difficile que les habitants les avaient coupés pour survivre. Un endroit qui était autrefois une forêt était devenu une vaste étendue dégagée, simplement parce que les gens avaient besoin de survivre.
J’ai vu des enfants affamés, des enfants souffrant de malnutrition, des enfants malades, des enfants qui ont dû abandonner l’école parce que leurs parents n’avaient plus les moyens de payer les frais scolaires. Et les gens de mon village me disaient : “Nous ne savons plus quoi faire. Que pouvons-nous faire ?” Je n’avais aucune réponse.
Je suis repartie le cœur brisé. Voir des personnes qui vivaient correctement autrefois et qui aujourd’hui luttent pour survivre. Tout cela à cause de la crise climatique, aggravée par la crise de la dette. «
Pourquoi Sœur Maamalifar espère que nous transformerons la dette en espoir?
Pourtant, j’ai de l’espérance en tant que chrétienne, disciple du Christ. Et mon espérance repose sur vous, les organisations qui ont entendu le cri des populations touchées par la crise climatique et la crise de la dette, et qui sont en première ligne. Vous parlez en leur nom et avec elles ; vous menez des campagnes et vous œuvrez pour que des politiques soient mises en place afin de réduire, voire d’éliminer, leurs souffrances.
En tant que personne de foi, j’ai de l’espérance. Comme nous le dit saint Paul, l’espérance ne déçoit pas — et j’y crois profondément.
Et pourquoi l’espérance ne déçoit-elle pas ? Parce que vous êtes là. Parce qu’il existe de nombreuses organisations qui écoutent les populations, partagent leurs souffrances et cherchent des solutions pour améliorer leurs conditions de vie. Merci.
Découvrez ci-dessous le témoignage de Sœur Maamalifar en vidéo.





