Partagé par Sr Xaverine Mukatabaza, Malindi, Kenya
Mère Marie Salomé disait :
Les petites choses sont un témoignage constant de notre amour pour Dieu. Accomplissons-les avec fidélité, ferveur et générosité. » (N.M.55)
Personnellement, je crois que les petites choses sont un témoignage de notre amour pour Dieu.
Grâce à mon expérience dans la formation de jeunes femmes, lors de l’atelier de développement des compétences, je sais que l’amour y est partagé avec elles. Les compétences acquises, le langage utilisé et la collaboration avec elles les rendent plus indépendantes et plus confiantes dans leur effort de construire un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants.
Elles apprennent non seulement à tricoter des pulls et à coudre en général, mais aussi les valeurs morales et chrétiennes. Ces valeurs nous ont aidées à parvenir à la même compréhension de la collaboration et du soutien mutuel.
A leur contact, j’apprends aussi, lorsqu’elles partagent leurs expériences de vie, leurs joies et leurs difficultés. Elles m’ont appris la patience, l’humilité et la persévérance. Chaque chose en son temps. En travaillant avec elles, nous tâchons de les aider à surmonter certaines habitudes culturelles comme celle-ci : une fille est destinée au mariage ; par conséquent, l’éducation n’est pas une priorité pour elle.
En communauté, notre porte est toujours ouverte à tous, en particulier aux jeunes. Elles se sentent à l’aise pour nous partager leurs expériences. À partir de là, nous, les sœurs, voyons comment les soutenir de différentes manières.
Travailler avec les jeunes m’a profondément transformée : les accueillir pour leur apporter un soutien spirituel, des conseils, ainsi qu’une aide financière et relationnelle, est devenu pour moi tout naturel.
En communauté, nous avons compris que les jeunes ont simplement besoin d’une personne capable de les comprendre et de les remettre en question lorsque cela s’avère nécessaire. Nous avons également appris que le respect de la confidentialité sur les expériences qu’elles partagent favorise la confiance et la guérison.
Je travaille avec le groupe des Wana Maria (les enfants de Marie) dans le diocèse de Malindi.
C’est une joie de partager mes expériences avec eux. Je crois que cela apporte un autre regard sur leur quotidien, car nous abordons divers sujets qui les aident à ouvrir leur esprit et leur cœur. Ces rencontres les aident également à aborder la vie avec espoir et foi. Je les encourage à considérer le passé comme un simple chapitre de leur vie qui ne les définit pas. Vivre, c’est changer ; ils doivent grandir et avoir un impact sur leur société.
En observant les jeunes avec lesquels j’ai cheminé, je perçois la transformation qui s’opère en eux : certains sont devenus plus ouverts, tandis que d’autres sont encore en chemin. Cela m’encourage à rester proche et à les écouter. Grâce à la bonne collaboration avec mes sœurs de la communauté, nous pouvons soutenir spirituellement et financièrement certaines de ces personnes vulnérables par le biais d’un accompagnement. Ce qui compte le plus pour elles, c’est d’être écoutées avec attention, sans être jugées.
Pour moi, le chemin de transformation, à quelque niveau qu’il soit, de la Congrégation au niveau personnel, se résume dans les paroles du cardinal Lavigerie :
Aimez-les comme une mère aime son enfant. »
Seul ce genre d’amour nous poussera à aller même là où nous ne voulons pas aller. C’est ce même amour qui me pousse à faire tout ce que je fais et à me rendre dans des villages reculés pour parler aux jeunes, car je crois que je suis appelée à être le Christ pour les autres et à transmettre tout ce que j’ai reçu de lui.
Un jour, je me suis rendue dans l’une des zones les plus reculées d’une paroisse du diocèse de Malindi. Leurs connaissances en matière de foi et d’éducation sont encore très limitées. Le simple fait d’être à leurs côtés et de discuter avec eux les motive. Ils sont désireux d’apprendre et de transformer leur environnement familial ; beaucoup, dans leurs familles, ne s’intéressent pas aux questions religieuses.
Le défi auquel la plupart de ces jeunes sont confrontés est ceci : ils font de leur mieux pour devenir de meilleures personnes, remplies de l’amour de Dieu, mais la vie semble les traiter injustement. Face à de telles expériences, je me sens impuissante, car je ne peux pas répondre à tous leurs besoins ; ma présence auprès d’eux est source d’espoir.
Dieu continue de se révéler dans la vie de son peuple et dans les événements de la vie.
La prière devient le souffle de mon âme, comme le dit Lavigerie.
C’est dans la prière que je reçois la force et le courage de poursuivre ma mission malgré le sentiment et les expériences de découragement. Dieu est avec nous et il nous précède toujours. Il n’y a rien à craindre en ce monde.
La nécessité d’être altruiste et de sortir de ma zone de confort m’a mise au défi et m’a aidée à devenir une femme convaincue que le changement est possible et qu’il doit commencer par moi-même.
L’humilité, la simplicité et le zèle pour la mission que Mère Marie Salomé et ses sœurs nous ont transmis doivent grandir en moi et en nous, qui croyons que le Christ est présent dans les personnes que nous rencontrons. La transformation est un cheminement et un processus à entreprendre.
Plus je grandis, plus j’apprends que seul Dieu peut satisfaire notre désir et qu’il rend possible l’impossible.
Il nous suffit de vivre l’invitation du cardinal Lavigerie « d’être des femmes de foi et de prière » – « de les aimer comme une mère aime son enfant ».







