Depuis les débuts du christianisme, les hommes ont formé des communautés pour vivre et prier ensemble, afin de suivre les traces de Jésus-Christ.
Les communautés de fidèles se sont organisées en ordres et en congrégations pour promouvoir la Bonne Nouvelle et répondre à un charisme particulier (du mot grec charis, qui signifie « grâce » ou « don gratuit ») qui, à l’instar du Saint-Esprit, a inspiré au fondateur l’identité et la mission de la congrégation.
Certains ordres peuvent perdurer pendant des siècles, d’autres disparaissent, d’autres encore voient le jour. Le renouveau perpétuel du Saint-Esprit à chaque génération nous invite tous à affronter les défis de notre époque avec un cœur ouvert et à y répondre avec courage et compassion.
Le XIXe siècle (les années 1800) fut marqué par une grande incertitude et une grande insécurité, en Europe comme à l’étranger, avec des révolutions et des bouleversements sociaux ; à cette époque, de nombreux chrétiens furent inspirés à créer des communautés pour venir en aide aux victimes de la guerre, de la famine et de l’oppression.
Charles Lavigerie devint archevêque d’Alger en 1867. Après avoir exercé son ministère en France et au Moyen-Orient, il fut poussé à accepter cette nomination à Alger, car il considérait cette ville comme une porte ouverte sur le continent africain. Sa vision de l’évangélisation de l’Afrique était animée par une profonde compassion qui alimentait son combat contre l’esclavage, l’oppression et l’extrême pauvreté.
Pour realiser sa vision, il fonda en 1868, la congrégation des Missionnaires d’Afrique, puis, peu après, celle des Sœurs Missionnaires, convaincu que seules les femmes étaient capables de toucher la vie d’autres femmes et d’apporter des changements au sein des espaces privés dans lesquels les femmes étaient confinées à l’époque : le foyer et la famille.
Fondées le 8 septembre 1869, les Sœurs Missionnaires ont choisi Notre-Dame d’Afrique, dans la basilique d’Alger, comme patronne pour les guider dans leur mission première, à savoir l’Afrique et le peuple africain. Leur charisme particulier se concrétise par un dialogue profond et sincère avec la culture locale, islamique et tribale, qu’elles vivent en adoptant la langue, les habits et les coutumes des populations qu’elles servent.
Aujourd’hui, des sœurs originaires de différents pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique vivent au sein de communautés multiculturelles profondément ancrées dans les Églises locales. Elles peuvent œuvrer dans les écoles et les hôpitaux locaux, dans les services sociaux et les prisons, mais elles mènent également des actions de plaidoyer au plus haut niveau au sein d’organisations internationales contre l’esclavage moderne, l’oppression et la pauvreté. Elles font également entendre leur voix pour la protection et la préservation de notre maison commune, la Terre.
Puissent-elles continuer à marcher sur les traces de Jésus pendant de nombreux siècles encore.
Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique : Naissance d’une Congrégation






