de notre sœur Jacqueline, de Bruxelles en Belgique
Un groupe des amies de ma belle-nièce m’a demandé si j’accepterais de rencontrer les enfants qui préparaient leur profession de foi. J’ai accepté disant bien que je ne connaissais plus les enfants aujourd’hui et que j’avais vécu une toute autre jeunesse.
Le jour de la rencontre j’ai commencé par poser aux enfants des questions pour sentir ce qu’ils vivaient sur le plan de la foi comme :
Vous avez fait votre 1ère communion, qu’est-ce que vous avez aimé ? Avez-vous communié depuis ? Aimez-vous communier pourquoi ? Etes-vous heureux de faire votre profession de foi ?
Je me suis vite rendu compte que j’étais à côté de la plaque, ces enfants ne vivent pas dans un milieu catholique ! Par contre, la vie religieuse les intéressait, surtout la vie en Afrique.
Comment je vivais, dans quelles conditions, si tout cela était agréable pour moi et pourquoi.
La vie pauvre des enfants les a beaucoup intéressés, ils avaient du mal de comprendre, mais ils ont été émerveillés par le sens du partage qu’ils avaient. Ils n’en revenaient pas que quand je partais dans les villages éloignés, je revenais toujours avec une poule que je plaçais au guidon de la mobylette.
Je leur ai raconté que tout au début que j’étais là, je me trouvais dans un cercle de personnes dans lequel une calebasse de « dolo » (bière locale) circulait. Quand la calebasse est arrivée à moi, je me suis aperçue que celui qui me la tendait était lépreux – grosse émotion pour moi – je l’ai prise naturellement et j’ai bu.
C’est ici que toutes les questions sont arrivées :
pourquoi avez-vous fait cela ? Vous auriez pu attraper la maladie, nous ne l’aurions jamais fait.
Ce fut une occasion merveilleuse de parler de l’accueil de toute personne quelle qu’elle soit et, si même j’avais contracté la maladie, Dieu m’aurait donné les forces nécessaires pour poursuivre ma vie dans de nouvelles conditions. Je pense que cela a suffi pour qu’ils soient marqués toute leur vie du respect et de l’amour à avoir pour toute personne.
En revenant chez moi, je me suis aperçue que je n’avais pas répondu à toutes leurs questions posées au préalable. J’ai alors pensé que je devais leur écrire une lettre qu’ils garderont ou pas mais qu’ils liront sans doute.
Voici la lettre :
Bonjour à tous,
Je dois vous dire que j’ai été très heureuse avec vous ce dimanche. Vous êtes des jeunes très ouverts qui promettez beaucoup. Je reviens vers vous parce que vous me demandiez principalement ce qu’est la vie religieuse et je crois n’avoir pas répondu directement.
Voici une réponse plus claire peut-être et qui me tient à cœur :
Une religieuse se lève tôt le matin pour lire un passage d’Évangile afin de voir ce que Jésus lui dit et lui demande ce jour-là. Son désir est de vivre comme Lui et avec Lui. Elle sait que Jésus est toujours avec elle et qu’elle peut compter sur Lui à chaque instant comme tout chrétien d’ailleurs qui sait qu’il est aimé de Dieu. Vivre avec Jésus, c’est sa vie et sa force.
Une religieuse missionnaire est appelée à vivre dans un pays étranger, vivre dans une autre culture, apprendre de cette culture qui a beaucoup à donner aussi. Au milieu de cette culture, la missionnaire cherche à vivre à fond son engagement, elle sait que c’est Dieu qui agit par elle si elle Le laisse faire. C’est pourquoi elle est sans cesse en relation avec tous, quels qu’ils soient.
Elle espère ainsi que les personnes qu’elle rencontre se poseront des questions sur sa vie et qu’ainsi elle fait connaître Jésus.
J’espère que ce sera plus clair pour vous.
Je vous aime tous et je ne peux vous oublier.






