De notre Sr Bernadette Djekoye en mission en Algérie
« Qui suis-je pour que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 43)
Cette parole d’Élisabeth, exprimant à la fois humilité et joie profonde, rejoint ce que j’ai vécu lors de l’accueil du pape Léon XIV en Algérie.
C’est avec une grande joie que je vous partage mon expérience de cette visite à la Notre-Dame d’Afrique, le 13 avril 2026. Depuis plusieurs mois, les préparatifs se sont intensifiés, tant au niveau de l’Église que du gouvernement algérien, dont l’engagement a été admirable. Tout s’est déroulé dans une très belle organisation.
Le matin, du 13 avril, depuis un grand stade, d’importants moyens de transport et un dispositif de sécurité impressionnant ont été mis en place pour nous conduire jusqu’à la basilique, située sur les hauteurs d’Alger. Ce lieu est hautement symbolique : il est à la fois un espace de prière pour les chrétiens et un lieu fréquenté aussi par des musulmans pour le recueillement ou pour visiter.
Il incarne ainsi un véritable signe de dialogue et de coexistence.
Ce qui m’a profondément marqué, c’est de voir chrétiens et musulmans réunis même sous la pluie, pour écouter et accueillir ensemble le message du pape. Les différents témoignages partagés ont été très émouvants.
J’ai été particulièrement touchée par le mot d’accueil du cardinal Jean-Paul Vesco, qui a rappelé que le diocèse d’Alger est fondé par les Pères Blancs et les Sœurs Blanches. Cette reconnaissance est à la fois un honneur et une responsabilité : elle nous appelle à faire vivre aujourd’hui encore l’héritage de foi, de zèle missionnaire et d’engagement laissé par nos aînés Sœurs Blanches et Pères Blancs.
Le pape nous a invités à cultiver une véritable culture de la rencontre, car c’est dans la rencontre que naissent la vie et l’espérance. Il nous a encouragés à être des pèlerins de paix dans nos communautés et dans la société qui nous accueille.
Il a également évoqué la Méditerranée et le Sahara comme un carrefour géographique et spirituel d’une portée considérable, en nous mettant en garde : ils ne doivent pas devenir des lieux où l’espérance meurt. Cet appel nous pousse à être des porteurs d’espérance, capables de reconnaître dans la différence non pas une menace, mais un compagnon de route.
Dans son message, le pape a souligné trois éléments essentiels pour notre mission en Algérie : la prière, la charité vécue dans la joie, et l’engagement pour la paix et l’unité. Il nous a rappelé que la foi ne s’isole pas, mais qu’elle ouvre, unit sans confondre, rapproche sans uniformiser et fait grandir une véritable fraternité.
Pour moi, cette rencontre a été une occasion profonde de renouveler le dialogue avec nos frères et sœurs musulmans. La basilique de Notre-Dame d’Afrique n’est pas seulement une église pour les chrétiens : elle est aussi un lieu où des musulmans viennent prier, allumer des bougies et confier leurs intentions. Cela rejoint cette belle invocation inscrite en ce lieu :
Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans. »
Un autre aspect qui m’a marquée est la réalité de la petite communauté chrétienne en Algérie, qui compte à peine dix mille fidèles. Malgré cela, le pape a tenu à venir nous visiter, pour nous encourager, nous soutenir et nous rassurer de sa prière. Cela me renvoie à la Visitation de Marie à Élisabeth : une présence discrète mais essentielle, porteuse de réconfort et d’espérance.
J’ai ressenti fortement cette proximité dans les échanges et les témoignages. À travers nos engagements, la prière nous fortifie et nous aide à nous unir davantage au Christ, pour vivre notre mission selon son cœur. Pour moi cette visite redonne visibilité et sens à la présence de l’Église catholique en Algérie où parfois les gens nous demandent « Pourquoi êtes-vous ici ? Ou que faites-vous en Algérie ? ». Cette visite ravive aussi l’espérance d’une paix durable entre les religions.
Je rends grâce à Dieu pour la grâce que j’ai eue de rencontrer personnellement le pape et de le saluer. J’ai été touchée par sa simplicité, sa joie et la paix qu’il dégageait. Je lui ai confié notre mission en tant que Sœurs Blanches, en lui demandant de prier pour nous. À la fin de son message, il nous a encouragés en ces termes : « Je vous encourage à poursuivre votre travail en terre algérienne comme communauté de foi soudée et ouverte. »
Que cette visite nous renouvelle dans notre engagement à la suite du Seigneur Jésus Christ et nous fortifie dans notre mission et effort d’être des artisans de paix dans notre monde éprouvé par les guerres et violence.
« Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans. »





