Par Sœur Vickness Muleya – Ouagadougou, Burkina Faso
C’était une belle journée ensoleillée à Ouagadougou, au Burkina Faso. J’ai ressenti un profond désir de participer pour la première fois à la fête de la Tabaski (l’Aïd el-Kébir) depuis mon arrivée ici — un geste symbolique de solidarité interreligieuse et d’humanité partagée avec nos frères et sœurs musulmans.
Quelque part au fond de moi, je sentais l’appel à vivre notre charisme missionnaire à un niveau plus profond — par la présence, la communion et le respect mutuel. Après la messe, avec Sœur Nadine Nana, nous nous sommes rendues au point de rencontre, près de la cathédrale à côté de Radio Maria, où nous avons été chaleureusement accueillies. Très vite, d’autres personnes nous ont rejointes, et nous nous sommes regroupés sous la direction du Père Étienne Kaboré, responsable du dialogue islamo-chrétien. Il nous a répartis en trois groupes. J’ai rejoint un groupe de cinq personnes avec le Cardinal Philippe Ouédraogo.
En entrant sur le lieu de prière, j’ai été touchée par le caractère sacré, la discipline silencieuse, et le profond respect du lieu. Chacun était venu avec son propre tapis de prière. Cette attitude de révérence m’a rappelé qu’en présence de Dieu, nous sommes tous égaux – une vérité exprimée dans le Psaume 8 :
« Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées: qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ?« .
Un profond émerveillement m’a envahie. En cet instant, j’ai entrevu un autre visage de Dieu —présent dans la dévotion des autres, dans le silence, dans la sincérité. J’en avais des frissons. Une crainte profonde de Dieu m’a saisie — non pas une peur négative, mais une révérence humble.
Après la prière, nous avons été gracieusement invitées chez le Cheikh Doukouré, une figure islamique respectée à Ouagadougou. Nous avons été accueillies avec une hospitalité remarquable et une joie partagée. Leur reconnaissance sincère de notre présence m’a profondément touchée. Plus tard, nous avons également rendu visite au Cheikh Moaz, un homme de paix, reconnaissant et ouvert aux autres confessions. Il a dit une phrase qui résonne encore en moi :
« Sans l’Église, nous ne savons pas ce qu’il adviendrait de nous dans ce monde. »
Notre échange fut profond et naturel — comme de vrais frères et sœurs en humanité, partageant réflexions sur la vie, la foi et la cohabitation.
Pendant toute cette expérience, le Psaume 84 me revenait à l’esprit :
« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. »
En ce moment sacré, je me suis sentie enveloppée par l’amour universel de Dieu — un amour sans frontières. Oui, toute personne habitée par l’Esprit Saint est un enfant de Dieu.









